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Conférence de Lugano : les partenaires internationaux tracent le chemin pour la reconstruction de l’Ukraine

Mardi 5 juillet, l'Ukraine et plus de 40 Etats et organisations internationales réunis en Suisse se sont accordés sur les grands principes devant guider la reconstruction du pays une fois la guerre terminée. Parmi eux : la lutte contre la corruption endémique qui y sévit.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la Conférence pour la reconstruction de l'Ukraine, à Lugano en Suisse, lundi 4 juillet - Crédits : Ursula von der Leyen / Twitter
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors de la Conférence pour la reconstruction de l’Ukraine à Lugano en Suisse, lundi 4 juillet - Crédits : Ursula von der Leyen / Twitter

Pour la RTS, la “Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine s’est achevée […] sur un bilan positif”. Mardi 5 juillet, à l’issue de deux jours de discussions, “sept principes ont été approuvés dans la déclaration de Lugano par des dizaines d’Etats et organisations internationales”, poursuit le média public suisse. Ceux-ci devront “guider la reconstruction du pays”, ajoute Euronews.

Déjà conditionnées à l’arrêt de la guerre, les futures aides financières ne pourront être versées que si le pays entreprend des efforts importants pour lutter contre la corruption. “La perspective de l’afflux de dizaines de milliards de dollars d’aide a ravivé les inquiétudes sur la corruption, endémique dans le pays malgré des progrès réalisés avant la guerre”, indique la chaîne d’information en continu.

Kiev se classe en effet à une médiocre 122e place (sur 180) du dernier classement de l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International, tout juste quatorze rangs devant Moscou”, note ainsi Le Monde. Face à cette demande, le Premier ministre ukrainien Denys Chmyhal a promis de “non seulement combattre la corruption mais la rendre impossible” [Euronews].

Réformes nécessaires

Plus largement, les Européens “[insistent] sur les réformes nécessaires aux institutions Ukrainiennes” depuis que le pays a obtenu le statut officiel de candidat à l’Union européenne, le 23 juin [TV5 Monde]. “Pour eux, la conférence de Lugano était l’occasion de conduire l’Ukraine sur le chemin de l’adhésion”, explique la chaîne de télévision. “Des investissements massifs devront être réalisés. Mais pour maximiser leur impact et favoriser la confiance des entreprises, ils devront être associés à une nouvelle vague de réformes”, avait ainsi prévenu la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, dans un discours au parlement ukrainien le 1er juillet dernier.

Or la déclaration de Lugano évoque également “la bonne gouvernance, la représentativité démocratique et, sans les nommer, la mise sous surveillance des clans oligarchiques qui se répartissaient jusqu’ici les prébendes”, complète Le Monde. Le texte, poursuit le journal, “n’oublie pas de préciser qu’il reviendra aux Ukrainiens de diriger leur propre reconstruction, peut-être pour mieux prouver à la Russie que l’Occident n’est pas à la manœuvre”.

Car la tâche est “colossale”, selon les mots du président ukrainien Volodymyr Zelensky présent virtuellement lundi 4 juillet [Les Echos]. La reconstruction devra porter non seulement “sur les infrastructures et les institutions, mais [aussi] sur toutes les composantes économiques, sociales et environnementales”, précise le quotidien économique. Parmi les mécanismes envisagés, “l’adoption” par un pays allié “d’une région spécifique pour être plus efficace” : la France pourrait par exemple “[concentrer] ses efforts sur la région de Tchernihiv (nord)” [Les Echos].

Promesses d’aide

A l’occasion de ces deux jours de réunion, plusieurs participants ont également précisé le montant de leur aide. Politico indique notamment que “l’UE a annoncé un nouveau plan d’investissement impliquant la Banque européenne d’investissement qui, selon elle, peut mobiliser jusqu’à 100 milliards d’euros”. Certains pays, à l’instar du Royaume-Uni et de la Suisse, “viennent d’annoncer également de nouvelles aides bilatérales. La Suisse promet ainsi une aide de 100 millions de francs suisses d’ici fin 2023″, détaille TV5 Monde.

Des sommes qui, pour le moment, sont toutefois en deçà des de demandes de Kiev. “Le Premier ministre ukrainien estime déjà le coût de la reconstruction du pays à 750 milliards de dollars” [Le Grand Continent]. Un montant qui augmente “après chaque jour supplémentaire de l’invasion russe, jalonnée de destructions massives de bâtiments et d’infrastructures”, a-t-il précisé [Le Monde].

Or pour en financer la majeure partie, le gouvernement ukrainien veut “faire payer la Russie […] en utilisant jusqu’à 500 milliards de dollars d’actifs russes”, relate Politico. Une option qui “s’est heurtée à une forte résistance de la part des donateurs et de partenaires internationaux” présents à Lugano, note le média.

Car comme l’a rappelé hier l’hôte du sommet, le président suisse Ignazio Cassis, “le droit à la propriété est un droit fondamental” [Les Echos]. Or l’UE “a un passé mouvementé en ce qui concerne l’application et la défense devant les tribunaux de ses sanctions financières à l’encontre de dirigeants d’entreprises, de leaders mondiaux et de sociétés” [Politico]. Surtout, il n’existe pas actuellement “de structure juridique toute faite qui permettrait de saisir les avoirs russes gelés et de les envoyer en Ukraine”, complète le site d’information. Enfin, “les chancelleries occidentales [sont] soucieuses de ne pas couper tous les ponts avec Moscou avec qui il faudra bien reparler un jour”, estime Le Monde.

Prochaines étapes

Avec une guerre qui “en est à son cinquième mois” et des dirigeants qui “mettent en garde contre un conflit prolongé qui pourrait durer des années”, le chemin de la reconstruction s’annonce encore long. Le rendez-vous de Lugano n’avait de toute façon vocation qu’à en poser les “premiers jalons” [Euronews].

Cette conférence n’est qu’une première étape et d’autres sommets doivent permettre de suivre la reconstruction et les réformes en Ukraine. Londres et Berlin se sont déjà portés volontaires pour accueillir les conférences de 2023 et 2024″, annonce TV5Monde.

D’ici là le gouvernement ukrainien “vise à obtenir la ‘bénédiction’ de la communauté mondiale lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre”, note Politico. Le but, explique le média, “est une résolution soutenant un accord qui créerait une commission chargée d’évaluer les demandes de dommages et intérêts et de distribuer des fonds provenant de la Russie”.

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