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Brexit : Londres repousse encore l'échéance sur la question nord-irlandaise

Lundi 6 septembre, le gouvernement britannique a demandé une prolongation de la période de grâce pour la mise en place de contrôles douaniers entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. Une nouvelle péripétie qui suscite des interrogations à Bruxelles comme à Dublin.

La question nord irlandaise reste l'un des principaux sujets de préoccupation dans les négociations post-Brexit
La question nord irlandaise reste l’un des principaux sujets de préoccupation dans les négociations post-Brexit - Crédits : Eric Jones / CC BY-SA 2.0

Une nouvelle guerre de la saucisse évitée”, titrait lundi 6 septembre The Telegraph. Le quotidien britannique a réagi dans la soirée à l’annonce faite par le ministre en charge du Brexit David Frost plus tôt dans la journée. “Le Royaume-Uni entend prolonger son moratoire sur certaines dispositions relatives à l’Irlande du Nord dans l’accord de divorce avec l’Union européenne”, explique Challenges.

C’est la troisième fois que Londres [demande à] prolonge[r] cette période de grâce” [Courrier international] durant laquelle des contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord, qui continue de suivre certaines règles et réglementations européennes, et la Grande-Bretagne ne sont pas encore mis en place. Des contrôles prévus, à l’issue de cette période, par l’accord de retrait signé en 2019 entre Bruxelles et Londres. Après une première extension en mars, “les autorités britanniques avaient annoncé en juillet un report jusqu’au 1er octobre de certains contrôles douaniers pour les marchandises […] en provenance du reste de la Grande-Bretagne”, relate Sud Ouest. “Les deux parties ont [alors] évité une interdiction d’importation de produits de viande réfrigérée” depuis la Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord [Politico]. Un épisode connu sous le nom de “guerre de la saucisse”.

Derrière cette “guerre”, un enjeu majeur pour Londres : “se donner plus de temps pour d’éventuelles discussions supplémentaires” et garantir “certitude et stabilité aux entreprises”, a expliqué David Frost dans une déclaration écrite, citée par Politico. Le ministre affirme effectivement vouloir poursuivre les discussions techniques avec Bruxelles pour “déterminer si un processus constructif peut être établi” [The Telegraph].

Situation scrutée par Bruxelles et Dublin

La Commission européenne n’a pas tardé à répondre en précisant que le Royaume-Uni était “légalement tenu de remplir ses obligations” [Sud Ouest], “tout en précisant que l’UE n’avait pour l’heure pas l’intention d’engager une nouvelle procédure d’infraction” [Capital]. En juillet dernier, l’exécutif européen avait “suspendu son action en justice à l’encontre du Royaume-Uni pour violation du protocole”, rappelle d’ailleurs Politico. Cette nouvelle péripétie ravive donc les tensions, d’autant qu’elle “intervient alors que la Commission européenne craint que le gouvernement britannique ne mette pas pleinement en œuvre les accords commerciaux post-Brexit convenus dans le cadre du protocole”, poursuit le média européen.

La situation n’a pas manqué de faire réagir la République d’Irlande, pays de l’UE le plus directement concerné par le Brexit. “Dublin s’attend à d’autres changements”, fait savoir Politico. Le vice-Premier ministre irlandais Leo Varadkar “a dit s’attendre à ce que la nouvelle initiative de Londres favorise de nouvelles tentatives visant à parvenir à une solution pérenne”, rapporte L’Opinion. “Il est important que nous profitions de la période d’extension pour nous mettre au travail et tenter de mettre en place des dispositions plus permanentes afin de garantir que le protocole soit plus facile à mettre en œuvre”, a déclaré l’ancien Premier ministre dans une interview à la chaine de télévision publique RTE [Reuters].

Nouvelles pénuries au Royaume-Uni

Dans son communiqué, David Frost “a confirmé que le gouvernement allait suspendre l’imposition de nouveaux contrôles et de nouvelles formalités administratives [en Irlande du Nord], notamment pour les viandes réfrigérées, les colis et les médicaments”, indique The Telegraph. De quoi faciliter l’approvisionnement de la province en produits de consommation, alors que le Royaume-Uni connaît dans son ensemble d’importantes pénuries depuis plusieurs semaines. “Le Coca-Cola Light ou zéro ont quasiment disparu des rayons”, l’enseigne McDonald’s a annoncé que “les boissons gazeuses et les milk-shakes seraient indisponibles dans de nombreux restaurants”, quand la chaine de pubs anglais JD Wetherspoon faisait quant à elle part d’un “problème d’approvisionnement, entraînant une pénurie de bières dans certains bars du groupe” [BFM TV]. Des pénuries “comme le pays n’en a pas connu depuis la fin des années 1970 voire la deuxième guerre mondiale”, explique la chaîne d’information.

Pour le journal La Croix, cette situation résulte d’un “cumul des effets de la pandémie de Covid-19 et du Brexit”. Le Royaume-Uni doit ainsi faire face à “un manque de chauffeurs estimé à plusieurs dizaines de milliers”, selon l’Association britannique du transport routier [La Croix]. Un phénomène ancien mais amplifié par ces deux événements majeurs. Ainsi, les recrutements ont été gelés en raison de la pandémie. “Parallèlement, 20 000 chauffeurs d’origine européenne ont quitté le Royaume-Uni pour se rendre auprès de leurs proches”. Des emplois qui n’ont pu être remplacés “en raison de l’obligation entrée en vigueur le 1er janvier d’obtenir un visa de travail”, analyse le quotidien.

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