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Biélorussie : l'Union européenne condamne le détournement d'un avion et l'arrestation d'un opposant politique

Le détournement d’un avion de ligne et l’arrestation de l’opposant Roman Protassevitch par le pouvoir biélorusse ont bouleversé le programme du sommet européen des 24 et 25 mai. Les Vingt-Sept ont appelé à sa libération et se sont rapidement accordés pour adopter de nouvelles sanctions.

L'avion qui transportait l'opposant au régime biélorusse et effectuait la liaison Athènes-Vilnius a été contraint de se poser à Minsk
L’avion qui transportait l’opposant au régime biélorusse et effectuait la liaison Athènes-Vilnius a été contraint de se poser à Minsk - Crédits : Arkadiusz Warguła / iStock

Dimanche 23 mai, “un avion de ligne de la compagnie RyanAir qui effectuait la liaison Athènes-Vilnius […] a été contraint de se poser à Minsk”, entame Ouest-France. A bord se trouvait Roman Protassevitch, “figure de l’opposition médiatique au président biélorusse, Alexandre Loukachenko”, qui a donc été interpellé par les autorités locales [Les Echos].

Une arrestation rocambolesque, dont le scénario “avait tout pour provoquer Bruxelles”, analyse Libération. “Un vol opéré par une compagnie européenne, entre deux Etats membres de l’Union, avec des citoyens européens à bord, forcé de se dérouter par un avion de chasse”, détaille le quotidien.

Cet épisode hallucinant aurait été opéré sur ordre personnel du dictateur biélorusse – dont la survie tient au soutien que le maître du Kremlin veut bien encore lui accorder”, indique Philippe Regnier pour Le Soir. “Ce qui donne à penser que rien n’a pu être entrepris à Minsk sans en référer à Moscou”, estime le journaliste du quotidien belge.

Jusqu’à dimanche, [les chefs d’Etat et de gouvernement] avaient prévu d’évoquer seulement – et rapidement – l’état de leur ‘relation stratégique’ avec la Russie, leur futur sommet avec les Etats-Unis et les suites du Brexit”, écrit Le Monde. Mais cet épisode est venu chambouler le programme des leaders européens, réunis à Bruxelles lundi 24 et mardi 25 mai.

De l’indignation aux sanctions

Depuis l’annonce de l’atterrissage forcé du vol Athènes-Vilnius dimanche, un cortège de condamnations et d’indignations s’est fait entendre, un ton au-dessus des habitudes”, précise Libération. Le président du Conseil européen Charles Michel a ainsi qualifié cet épisode de “scandale international”, devant les journalistes réunis pour le premier jour du sommet. “L’Italie parle dedétournement d’Etat’, l’Irlande depiraterie aérienne’ et la Pologne de terrorisme d’Etat’ “, rapporte le journal.

Au terme de leur première demi-journée d’échanges, “les dirigeants européens sont finalement parvenus à s’entendre sur un communiqué très ferme” [Les Echos], exigeant ainsi la “libération immédiate” de Roman Protassevitch et de sa compagne Sofia Sapega, arrêtée en même temps que l’opposant. Ils ont également “adopté des mesures interdisant aux avions biélorusses d’accéder à l’espace aérien de l’UE ainsi qu’aux aéroports de l’UE” [Politico], tout en demandant “à leurs compagnies aériennes d’éviter le survol de la Biélorussie” [Ouest-France].

Les leaders européens se sont également accordés sur de nouvelles sanctions financières à l’encontre de Minsk. “Avant même le début du sommet”, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait ainsi annoncé “le gel d’un programme d’investissement européen de trois milliards d’euros destiné à la Biélorussie”, précisent Les Echos.

Retour “à la case départ” ?

Au-delà de leurs propos très fermes, les Européens se trouvent, en fait, ramenés à la case départ et à l’échec des efforts diplomatiques”, souligne Le Monde, évoquant les récentes tensions entre Bruxelles et Minsk. Le 9 août 2020, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, était réélu pour un cinquième mandat avec 80 % des voix. Une reconduction “contestée par des manifestations et une répression terrible”, rappelle Le Point.

Les Vingt-Sept avaient alors condamné ces atteintes manifestes à la démocratie à travers “plusieurs séries de sanctions le 2 octobre 2020, le 16 novembre et le 17 décembre”, complète l’hebdomadaire. Des mesures de gel des avoirs et d’interdiction d’accès au territoire de l’UE qui touchent actuellement 88 personnes, dont le président Loukachenko. Mais celles-ci “ont prouvé leur efficacité toute relative : le numéro un biélorusse est parvenu à consolider son pouvoir malgré la mobilisation massive de la société civile”, nuancent Les Echos. Le soutien de Vladimir Poutine à son partenaire à Minsk ne facilitant pas la tâche des Européens.

Après le détournement du vol, la Commission devrait donc adopter prochainement un quatrième train de sanctions à l’encontre de personnalités biélorusses, alors même que “depuis quelques semaines, le dossier biélorusse semblait […] à peu près rayé des tablettes” [Le Monde].

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