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Au Royaume-Uni, la cohésion à l'épreuve des élections écossaises et galloises

Le Brexit n’a pas fini de montrer ses effets. Les élections législatives galloises et surtout écossaises qui se tiennent ce jeudi 6 mai pourraient réveiller les velléités indépendantistes des deux territoires.

Les élections du Parlement écossais pourraient raviver les ambitions indépendantistes du SNP et donc être déterminantes pour l'avenir du Royaume-Uni - Crédits : K. Neville / Istock
Les élections du Parlement écossais pourraient raviver les ambitions indépendantistes du SNP et donc être déterminantes pour l’avenir du Royaume-Uni - Crédits : K. Neville / Istock

Ce jeudi sera décisif pour l’ancien empire [britannique] et son Premier ministre” Boris Johnson, prophétise Libération. Pour mieux comprendre pourquoi ce 6 mai revêt une telle importance pour l’actuel locataire du 10 Downing Street, il faut quitter Londres pour regarder du côté de deux autres capitales du Royaume-Uni : Cardiff et surtout Édimbourg. Et pour cause, ce jeudi, “les Britanniques votent pour des élections locales” permettant notamment “de désigner de nouveaux Parlements régionaux aux pays de Galles et en Écosse” [France 24].

The end ?

Avec un enjeu de taille, rappelé par France info : “Si les indépendantistes écossais obtiennent la majorité absolue au Parlement […], la tenue d’un référendum sur la sortie du Royaume-Uni sera de plus en plus probable.” Et tandis que “tous les yeux sont […] rivés sur l’Ecosse”, un peu plus au sud-ouest, “le parti pro-indépendance gallois, qui prend de plus en plus d’ampleur”, mise sur ce scrutin “pour confirmer son propre essor”, analyse Libération. “Pendant des décennies, l’indépendance galloise est restée une aspiration marginale, pour ne pas dire excentrique. Plus maintenant”, prolonge The Observer, cité par Courrier International.

Les velléités indépendantistes n’y sont néanmoins pas au même stade : côté écossais, un référendum a déjà été organisé sur la question en 2014. Elles posent néanmoins une même question, résumée par la une du magazine : “Royaume-Uni, The end ?”. A laquelle l’éditorialiste du Guardian George Monbiot répond par la positive : “Entendez-vous ce craquèlement ? Le vaisseau-amiral de l’Etat britannique est bien en train de se fissurer”. Parmi les trous dans la coque énumérés par le journaliste : les tensions post-Brexit en Irlande du Nord, la victoire annoncée des “trois partis en faveur de l’indépendance” écossaise ou encore les 39% d’électeurs gallois “favorables à un départ du Royaume-Uni”, selon un sondage publié en mars.

Sondages incertains

La plus grande menace pour l’unité du Royaume se situe cependant du côté écossais : “une majorité d’indépendantistes au Parlement local serait un camouflet pour le Premier ministre britannique Boris Johnson”, martèle la Première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon (SNP), citée par France info. Dans le même article, le journaliste Richard Place explique que si les partisans de l’indépendance remportaient la majorité absolue, le chef du gouvernement “n’aurait plus aucune raison de s’opposer à un référendum” - même s’il faut l’aval du Parlement britannique pour l’organiser.

Le référendum aurait alors de bonnes chances de tourner en faveur d’une sortie du Royaume-Uni, “contrairement à celui de 2014, où les Ecossais avaient voté à 55 % contre l’indépendance”, rappelle Libération. Et pour cause, “le vote pour le ‘Yes’ a basculé l’année dernière, avec en moyenne 51 % d’Ecossais qui se disent désormais prêts à quitter le royaume”, observe le quotidien. Principale raison de ce basculement : “le vote sur le Brexit, auquel les Écossais étaient opposés à 62 %”, avance RFI. “Ce scrutin a été vécu comme un nouvel exemple de déficit démocratique pour les Ecossais qui, depuis 1979, n’ont voté qu’à trois reprises pour le parti qui a finalement pris le pouvoir au Royaume-Uni”, prolonge la BBC.

Le Journal du Dimanche tempère pour sa part cette analyse : “l’enthousiasme des électeurs pour une rupture de l’Union tricentenaire avec Londres est retombé” ces dernières semaines, tandis que “le soutien dont bénéficie le SNP [et ses alliés Verts et du parti Alba] s’est émoussé.” “En dépit de sa popularité, la Première ministre écossaise n’est pas certaine de remporter ce jeudi une majorité absolue de sièges au Parlement d’Édimbourg”, ajoute l’hebdomadaire.

Les raisons de ce revirement sont résumées par Les Echos : “les électeurs prennent de plus en plus conscience des problèmes pratiques que poserait l’indépendance du pays”. “Quelle monnaie […] choisir, […] et surtout comment gérer le problème de la frontière avec le Royaume-Uni si l’Ecosse réintégrait l’UE ?”, s’interroge James Mitchell, professeur à l’université d’Edimbourg, dans les colonnes du quotidien économique. Autant d’inquiétudes auxquelles “le SNP n’a pour l’instant pas vraiment répondu”, juge-t-il.

Ces considérations font donc planer une grande incertitude sur l’issue des élections législatives écossaises de ce jeudi. Les résultats n’en seront que plus suivis, même s’ils tarderont à être connus, précise France info : “La pandémie va […] ralentir le dépouillement et les résultats définitifs de ce vote crucial ne sont pas attendus avant samedi après-midi.

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