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Affaire des sous-marins : les Etats-Unis privilégient leur alliance avec le Royaume-Uni et l'Australie plutôt qu'avec l'Europe

Le président américain Joe Biden a officialisé mercredi 15 septembre un nouveau partenariat entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Une alliance comprenant notamment la vente de sous-marins militaires à l’Australie, au détriment du contrat initial prévu entre Paris et Canberra. Les Américains fâchent ainsi les Européens et renouvellent leur relation avec le Royaume-Uni post-Brexit.

Boris Johnson s'est félicité du nouvel accord conclut avec les Etats-Unis, privilégiant la relation trans-atlantiques aux liens entretenus avec le continent européen
Boris Johnson s’est félicité du nouvel accord conclu avec les Etats-Unis, privilégiant la relation transatlantique aux liens entretenus avec le continent européen - Credits : Andrew Parsons / No 10 Downing Street CC BY-NC-ND 2.0

Biden ignore l’Europe en jouant la carte Asie-Pacifique”, titre Politico. Le président américain a en effet annoncé mercredi 15 septembre au soir une alliance en matière de défense avec le Royaume-Uni et l’Australie, intitulée Aukus. “La première grande initiative de [ce nouveau pacte] sera de livrer une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie”, indique France 24, rompant ainsi un contrat de 56 milliards d’euros initialement conclu avec la France.

La Chine n’a été citée expressément ni par Joe Biden, ni par Boris Johnson et Scott Morrison”, le Premier ministre australien [Les Echos]. Pourtant, l’opposition à Pékin, que le quotidien qualifie de “colonne vertébrale de la politique internationale américaine” est bien la raison principale de ce revirement. Par sa décision, “la Maison-Blanche signale clairement où se trouvent ses priorités : en Asie et pas sur le Vieux continent”, note Philippe Le Corre, expert des relations sino-européennes à la Fondation pour la recherche stratégique [L’Express].

Un coup dans le dos

La classe politique américaine a majoritairement salué cet accord, Les Echos rappelant que Joe Biden “a [sur cette question] le soutien des démocrates et des républicains”. “Ce nouveau partenariat contribuera à dissuader ses ambitions belliqueuses, y compris contre Taïwan, s’est félicité le leader républicain de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Michael McCaul”, cité par le journal économique.

Cependant, ce faisant, les Etats-Unis semblent s’être “aliénés un allié européen important”, à savoir la France, note le New York Times. Après la crise afghane, au cours de laquelle les Américains avaient décidé unilatéralement du calendrier du retrait de leurs troupes de Kaboul en dépit des demandes européennes, il s’agit pour Les Echosd’une nouvelle preuve de l’absence d’intérêt des Etats-Unis pour leurs alliés européens”.

La France avait signé le “contrat du siècle”, d’une valeur de 56 milliards d’euros, dans lequel l’Australie s’était engagée en 2016 à acquérir 12 sous-marins au constructeur hexagonal Naval Group, précise The Guardian. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a dénoncé sur France Info un “coup dans le dos” des Australiens et une “décision unilatérale, brutale, imprévisible [qui] ressemble beaucoup à ce que faisait M. Trump” de la part des Etats-Unis.

De son côté, l’Union européenne “déplore” ne pas avoir été mise au courant : “Un accord de cette nature n’a pas été cuisiné avant hier. Cela prend du temps. Mais nous n’avons pas été informés, nous n’avons pas été consultés”, a déclaré Josep Borell, le chef de la diplomatie européenne, cité par France 24.

Alliance anglo-saxonne dans le pacifique

“C’est une alliance anglo-saxonne, qui favorise une approche transrégionale”, constate Alexandra de Hoop Scheffer, directrice du German Marshall Fund à Paris, interrogée par L’Express. Ainsi, “le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis vont être liés encore plus étroitement, ce qui reflète le degré de confiance entre nous et la profondeur de notre amitié”, a commenté Boris Johnson [France 24].

Le porte-parole de Downing Street, qui avait fait campagne pour le Brexit en 2016, n’a ainsi pas hésité à saluer cette annonce spectaculaire, vantant les bienfaits du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne : “Je ne nierai pas le fait que nous avons été en mesure d’agir de cette manière, parce que nous ne sommes plus membres de l’Union européenne et que cela est dans l’intérêt du Royaume-Uni” a-t-il déclaré [Libération].

Pour le Premier ministre britannique Boris Johnson, ce retour en grâce est un succès diplomatique considérable, dont les Européens n’ont pas fini d’entendre parler”, considère L’Express. Le Royaume-Uni post-brexit est en effet “bien isolé sur la scène internationale depuis un an”, rappelle Libération, pour qui il s’agit dune “première amorce vers cet Etat tant vanté par Boris Johnson, le ‘Global Britain’, un Royaume-Uni ouvert vers le reste du monde, notamment ses anciennes colonies, les pays du Commonwealth, comme l’Australie, et les Etats-Unis”. Mais à quel prix ?”, se demande toutefois le quotidien. “Le fossé se creuse encore un peu plus avec les Européens, et surtout avec la France, pourtant un allié militaire stratégique très précieux. Les liens se tendent encore un peu”, relève Libération.

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