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Erasmus+ a la cote auprès des élèves et professeurs de l’enseignement scolaire

Les demandes de mobilité financées par le programme pour l’enseignement scolaire ont augmenté de 139 % en un an en France. En 2022, le pays se classe ainsi au premier rang des départs en mobilité dans ce secteur de l’éducation.

En 2022, 25 366 élèves ont pu effectuer une mobilité financée par Erasmus+, tout comme 9 992 professeurs et personnels de l’enseignement scolaire
En 2022, 25 366 élèves ont pu effectuer une mobilité financée par Erasmus+, tout comme 9 992 professeurs et personnels de l’enseignement scolaire - Crédits : skynesher / iStock

L’intérêt des Français pour Erasmus+ ne faiblit pas. En 2022, la France reste le premier pays d’envoi en mobilité grâce au programme de l’Union européenne. Les chiffres sont en effet au vert : l’agence Erasmus+ France / Education formation affirme ainsi avoir financé 136 135 bourses de mobilité en 2022. Une demande en hausse de 30 % par rapport à l’année précédente.

Parmi tous ces chiffres, il y en a un qui ressort tout particulièrement : le nombre de mobilités Erasmus+ financées pour l’enseignement scolaire, de la maternelle au lycée, en hausse de 139 % par rapport à 2021. En 2022, 25 366 élèves ont pu effectuer une mobilité financée par Erasmus+, tout comme 9 992 professeurs et personnels de l’enseignement scolaire.

Bastien, scolarisé au lycée Félix Faure à Beauvais est l’un de ces bénéficiaires. En novembre dernier, il est parti pendant un mois suivre des cours en Italie. Le jeune homme de 17 ans explique avoir “changé de quotidien et découvert de nouvelles méthodes de travail”. “Progresser en langue étrangère” et “prendre confiance en soi” sont les autres bénéfices qui reviennent dans la bouche des lycéens lorsqu’ils évoquent leur expérience de mobilité.

Des facilités pour les scolaires

Cet attrait des publics scolaires pour Erasmus+ s’explique en partie par l’accès au programme facilité par les accréditations Erasmus+, une nouveauté pour ce secteur depuis 2021. 2 669 établissements scolaires en bénéficient actuellement. Avant, monter un dossier Erasmus+pouvait faire peur”, reconnaît Olivier Catoire, proviseur au lycée Félix Faure à Beauvais (Oise). “C’est désormais une vraie simplification qui s’offre à nous”, souligne-t-il.

2 669 établissements bénéficient de l’accréditation Erasmus+. A première vue, le nombre peut paraître peu élevé. Mais nombre d’entre eux sont désormais membres d’un consortium piloté par exemple par les rectorats, permettant aux établissements de faciliter les démarches.

De nombreuses opportunités sont désormais à portée des élèves et personnels de l’enseignement scolaire : des séjours courts en groupe sur plusieurs jours voire semaines, des stages d’observation, mais aussi des séjours d’un ou plusieurs mois pour suivre des cours dans un autre établissement scolaire en Europe.

Depuis 2023, cet élan s’accompagne d’une reconnaissance de la mobilité dans les parcours des élèves. Autrement dit, les notes et les appréciations obtenues dans un autre pays peuvent être transcrites dans le livret scolaire français et être valorisées par l’élève lors du baccalauréat.

Des professeurs et lycéens conquis

Côté enseignants, le retour d’expérience est positif. Laure Bazire met en place des projets Erasmus+ depuis maintenant quatre ans, motivée au départ par un autre professeur. “C’est le fait de connaître des collègues” qui ont déjà bénéficié du programme qui permet de se lancer, reconnait cette professeure de lettres au lycée de la Plaine de Neauphle à Trappes (Yvelines). En 2019, elle monte ainsi avec des partenaires italiens et espagnols un projet de pièce de théâtre autour de Don Juan. L’enseignante évoque sa fierté lorsqu’elle observe “les élèves différents à leur retour”. Autre satisfaction à mettre selon elle au crédit de ces expériences avec Erasmus+ : alors que la ville de Trappes est parfois pointée du doigt pour des faits de délinquance, “on fait parler de notre lycée pour de bonnes raisons”.

Plusieurs élèves de ce lycée sont partis en mobilité. En février 2022, c’est Fatou qui a suivi une semaine de cours dans un lycée de Prague dans le cadre d’un enseignement de spécialité sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. En dehors des cours, elle a également eu l’occasion de faire quelques activités avec des jeunes Tchèques de son âge. Pas d’appréhension sur l’usage de la langue, “ ‘l’important est de se faire comprendre”, souligne-t-elle. Ritej a également pu découvrir la République tchèque “et de nouvelles méthodes de travail comme les cours inversés. Contrairement à la France, on prépare les cours à la maison”. Point commun entre tous ces témoignages : l’expérience leur a donné l’envie de voyager et de repartir dès que possible.

2023, année des records pour Erasmus+ en France

Le 17 mars dernier, l’agence Erasmus+ France / Education Formation dressait le bilan de l’année 2022. A Paris, sa directrice Nelly Fesseau a souligné l’augmentation importante de la demande de mobilité (+30 % par rapport à 2021). Avec un budget de 288 millions d’euros (contre 220 millions en 2021), l’agence a financé 136 135 mobilités, un record.

Depuis 1987, le programme n’a cessé de grandir. […] Erasmus+, c’est la croissance permanente”, a ainsi souligné Nelly Fesseau. Pour elle, l’ouverture à de nouveaux publics est “la raison du succès” du programme. La France est désormais le premier pays d’envoi des étudiants de l’enseignement supérieur, du scolaire mais également de l’enseignement et de la formation professionnels.

Pour 2023, la tendance ne devrait pas s’inverser. Le volet mobilité de l’appel à projet s’est clôturé le 23 février dernier, celui consacré aux partenariats se poursuit lui jusqu’au 23 mars. L’agence estime que le nombre de mobilités demandées devrait dépasser les 200 000. Là encore, il s’agirait d’un record.

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