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En Nouvelle-Aquitaine, la biodiversité étudiée et préservée

Plusieurs projets visent à améliorer le niveau de connaissances des différentes espèces présentes dans la région. Soutenues en partie par les fonds européens, des actions sont menées afin de préserver et de valoriser la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine.

Chêne têtard sur la Réserve naturelle du bocage des Antonins - Crédits : Alexandre Boissinot

Avec ses 84 000 km², la Nouvelle-Aquitaine est la plus grande région administrative française. Un vaste territoire qui abrite des milliers d’espèces d’animaux et de végétaux. Du massif pyrénéen aux bocages du nord et de l’ouest de la région, en passant par la forêt des Landes, la région se décline en de nombreux milieux naturels propices à la reproduction et à la conservation de la diversité de la faune et de la flore. Voici quatre exemples d’actions.

En Charente et Charente-Maritime, sauver le vison d’Europe

Plus petit que la fouine mais plus gros que la belette, le vison d’Europe est un des mammifères les plus menacés en France et sur le reste du continent. Le nombre d’individus aurait diminué d’au moins 90 % au cours du XXe siècle. Afin de protéger ses habitats naturels et d’éviter son extinction, un programme LIFE a été mis en place dès 2017. Financé à plus de 70 % par l’Union européenne, il s’étend sur cinq ans.

Vison d'Europe
Vison d’Europe - Crédits : jgaunion /iStock

Huit sites Natura 2000 sont concernés. Les projets touchent ainsi les habitats associés au bassin de la Charente, des marais de Rochefort jusqu’au sud de la Charente-Maritime. Ce petit animal aime en effet fréquenter les zones humides comme les ruisseaux, les marais ou les prairies. Lors de ses déplacements, il peut se nourrir d’amphibiens comme d’oiseaux ou de petits mammifères. Un des objectifs du programme est justement de mieux connaître les lieux qu’il fréquente afin de cibler les actions de préservation et de gestion. Plusieurs animaux ont donc été équipés d’émetteurs de radiopistage qui permettent de les géolocaliser et de suivre leurs mouvements dans la région. Des analyses génétiques de poils retrouvés sur des capteurs contribuent par ailleurs au recensement des individus présents sur le territoire.

Le vison d’Europe doit aussi faire face à la concurrence d’espèces exotiques envahissantes, comme son cousin d’Amérique ou le raton laveur, qui partagent des habitats similaires. La lutte contre leur prolifération implique une meilleure connaissance de l’état de leur colonisation des sites Natura 2000 : des dispositifs de surveillance, comme des tubes appâtés ou des radeaux à empreintes, ont été dispersés dans la zone pour éradiquer leur présence en cas de détection.

De nombreux projets sont menés en parallèle. Cette action comprend la restauration de boisements, des créations de mares ou encore des aménagements routiers afin d’éviter que les visons ne se fassent écraser. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) coordonne le programme, en partenariat avec le département de la Charente-Maritime et le Groupe de recherche et d’étude pour la gestion de l’environnement (GREGE).

A Saint-Marc la lande, un bocage séculaire

Au nord de la région, la Réserve naturelle régionale (RNR) du bocage des Antonins entend préserver 22,6 hectares de terrain abritant de multiples espèces. Avec ses parcelles irrégulières et ses nombreuses haies, “c’est d’abord un vieux bocage qui n’a quasiment pas bougé depuis deux siècles et qui comporte des habitats de plus en plus rares”, nous explique Alexandre Boissinot, le conservateur de la RNR. “La réserve présente un triple intérêt : naturaliste, paysager et historique”.

Le site est en effet relié à la Commanderie voisine. Reconstruite par l’ordre religieux de Saint-Antoine au XVIIe siècle, l’établissement servait probablement d’hôpital. Les Antonins y soignaient le “mal des ardents” provoqué par l’ergot de seigle. “Ils y confectionnaient un baume à partir de 14 plantes dont certaines sont encore présentes dans la réserve”, renchérit Alexandre Boissinot. Classé Réserve naturelle régionale en 2015, le site accueille de nombreux spécialistes afin de réaliser des inventaires des espèces de champignons, araignées, reptiles et autres amphibiens présents dans les prairies et milieux arborés du bocage.

Un étang, daté d’au moins 5 siècles grâce à des morceaux de bois retrouvés dans la vase, y complète cette diversité paysagère. Il a fait l’objet de travaux présentés dans cette vidéo.

Entre 2015 et 2018, la réserve faisait partie d’un projet à l’échelle du département des Deux-Sèvres, financé à hauteur de 25 000 euros par le Fonds européen de développement régional (FEDER). Visant à mieux connaître les liens entre bocage et agriculture, des inventaires ont par exemple été réalisés dans des fermes du territoire. Aujourd’hui, la Réserve naturelle comporte onze propriétaires et deux agriculteurs. Sous l’autorité de la Région Nouvelle-Aquitaine, elle est gérée par l’association Deux-Sèvres Nature Environnement (DSNE).

A Morcenx-la-Nouvelle, l’envol des grues cendrées

Plus au sud, à Morcenx-la-Nouvelle, un autre lieu intéressant a bénéficié de financements européens pour ses projets. Ancien site minier réhabilité, la réserve d’Arjuzanx constitue un territoire naturel remarquable en raison de la richesse de sa faune et de sa flore.

Mais son espèce emblématique est la grue cendrée. Premier site français d’hivernage, on y trouve près de 25 000 oiseaux chaque saison. Cela ne doit rien au hasard. Les Landes se situent dans un couloir de migration : si elles nichent en Europe du Nord, les grues cendrées se regroupent à l’automne et partent vers la péninsule ibérique. A Arjuzanx, des comptages sont effectués et les curieux peuvent assister à l’envol des grues au petit matin grâce à un observatoire.

Le FEDER a soutenu le Syndicat mixte de gestion des milieux naturels à partir de 2016 afin de renforcer l’acquisition de connaissances sur cette espèce exceptionnelle bien connue en Gascogne.

Dans le bassin Garonne Dordogne, suivre les poissons migrateurs

L’association MIGADO possède un périmètre d’action assez large, de la Charente aux Pyrénées. Rassemblant notamment des fédérations de pêche et des pêcheurs professionnels au sein de son conseil d’administration, elle supervise de nombreux projets en faveur des poissons migrateurs. “Nous avons un centre à Bergerac pour les saumons”, cite Lucie Villiger, directrice de l’association. Alors que presque tous les adultes de cette espèce meurent après la première ponte, “nous parvenons à y allonger de deux ou trois ans la reproduction”. 560 000 œufs y ont été produits en 2020. Pour les saumons comme pour les autres espèces historiquement présentes dans nos cours d’eau, MIGADO vise à mieux gérer et suivre les populations ainsi qu’à valoriser le patrimoine piscicole du territoire. “Nous sommes aussi très sensible à la question de l’éducation à l’environnement”, ajoute Lucie Villiger.

Le Fonds européen de développement régional intervient en soutien aux différents projets de l’association. Le programme général des poissons migrateurs sur la Dordogne et la Garonne Aquitaine 2020 a ainsi été financé à hauteur de 280 000 euros par le FEDER, sur un coût total d’environ 730 000 euros. Des actions pour la restauration et la préservation des lamproies, des aloses et des anguilles ont pu être menées. “Le suivi des populations consiste essentiellement à réaliser des pêches afin d’inventorier les espèces présentes”. Un radiopistage avec des émetteurs ou un marquage permettent d’assurer une surveillance des poissons. Sur la Dordogne, des suivis par vidéo-comptage sont effectués. “Il y a des caméras et des logiciels à chaque barrage concerné”, précise Lucie Villiger.

Des partenariats sont par ailleurs noués avec d’autres acteurs européens. MIGADO a ainsi transporté des larves de grande alose sur un affluent du Rhin depuis le Lot-et-Garonne afin de repeupler le fleuve à la frontière de la France et l’Allemagne.

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