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En Guyane, la production de rhum s'améliore avec les fonds européens

Sur  la commune de Saint-Laurent du Maroni, au nord-ouest de la Guyane, les Rhums Saint-Maurice font tourner la dernière distillerie du département. Afin d’améliorer le site, et avec le soutien des fonds européens, le propriétaire de la société a investi sur toute la chaine de production, de la canne à sucre au traitement des eaux usées.

La canne à sucre est la matière première pour la fabrication de rhum
La canne à sucre est la matière première pour la fabrication de rhum - Crédits : Josemoraes / iStock

Seule collectivité européenne située sur le continent sud-américain, la Guyane fait partie des neufs territoires ayant le statut de région ultrapériphérique (RUP), ce qui a permis à son secteur agricole de recevoir des aides du programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI). Entre 2014 et 2020, outre ces mesures spécifiques, l’Union européenne a investi 662 millions d’euros en Guyane, dont 86 % sont gérés par la collectivité elle-même.

Investir dans l’outil de production

Les Rhums Saint-Maurice sont la dernière distillerie du département. Créé en 1981, le site de Saint-Maurice est repris en 1986 par Ernest Prévot. Il héritedes difficultés techniques et du matériel complètement usagé”. A partir de 2013, tout est reconstruit à neuf, avec de nouveaux équipements pour les trois phases du processus de fabrication : la production d’alcool, la mise en bouteille et le traitement des rejets. Sur ce dernier volet, les crédits du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) aident au financement de la station d’épuration des eaux usées, à hauteur de 500 000 euros.

Les travaux pour remettre au niveau les outils de transformation de la canne à sucre ont de quoi impressionner. Des installations permettent de faciliter l’accès aux cuves, avec la mise en place de nacelles comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous, et la société a également fait l’acquisition de 60 fûts de chêne. Une quinzaine de permanents travaillent sur le site guyanais.

Reportage de la 1ère sur le site Saint-Maurice

En trois ans, l’entreprise est passée de 500 000 litres produits à quasiment 1 million. Une production qui a connu une évolution pour le moins surprenante avec la pandémie de Covid-19 : les Rhums Saint-Maurice ont distillé jusqu’à 90° afin de produire plus de 25 000 litres de gel hydroalcoolique à destination des pharmacies et des professionnels de santé.

Miser sur la qualité

C’est pourtant bien du rhum agricole que produit habituellement la distillerie située sur la commune de Saint-Laurent du Maroni. L’intitulé “agricole” le distingue de l’alcool industriel, qui provient des résidus des sucreries, nommés “mélasse”. Les trois rhums Saint-Maurice (La Belle Cabresse, Le Coeur de Chauffe et La Cayennaise) sont en effet directement produits à partir de la canne à sucre.

Face à la concurrence des autres distilleries, l’entreprise d’Ernest Prévot fait le pari de la qualité. Ces dernières années, ses rhums ont reçu plusieurs médailles au concours général agricole. Déjà en 1948, le rhum du Rorota produit par la distillerie Georges Prévot, de la même famille de l’actuel propriétaire, était classé hors concours à l’exposition agricole et artisanale. L’appellation Indication géographique protégée (IGP) consacre aujourd’hui la réputation et le savoir-faire guyanais. Afin de porter le nom de “Rhum de Guyane”, un cahier des charges doit être respecté. Cela suppose notamment que l’extraction et le stockage des jus de canne, la fermentation du moût puis la distillation, la maturation ou le vieillissement soient réalisés sur le territoire.

Si les bouteilles ne sont pas étiquetées “agriculture biologique”, Ernest Prévot estimait en mars 2020 au micro de Guyane la 1èreque la Guyane fait du rhum bio, puisque les petits agriculteurs travaillent manuellement, ils n’emploient quasiment pas d’herbicides ou de pesticides”. 70 planteurs fournissent ainsi la canne à sucre à la distillerie. La matière première est ensuite coupée et broyée. Le jus sucré est alors récupéré puis fermenté et distillé. Trois ans de conservation dans des fûts de chêne sont enfin nécessaires à l’élaboration du rhum vieux baptisé La Cayennaise. Le site de Saint-Maurice a fait le choix de contenants français, qui étaient auparavant utilisés pour la production de cognac. Les fûts permettent à l’alcool de s’enrichir lentement en tannin et de prendre cette couleur boisée reconnaissable, sans ajout de copeaux de bois ou d’arômes artificiels.

Tandis que près de 50 millions de bouteilles sont consommées chaque année dans toute la France, la priorité de la société est de développer sa présence sur le marché guyanais. Aussi, sur la période 2014-2020, la société des Rhums Saint-Maurice a reçu d’autres financements européens, notamment une aide au fret.

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