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Daniel Leca : "L’économie agricole doit être attractive tout en relevant les défis environnementaux et répondre aux attentes des consommateurs"

Daniel Leca, vice-président des Hauts-de-France, présente le rôle de la Région dans la gestion des fonds européens, ses attentes concernant la nouvelle programmation 2021-2027 et ses priorités en termes d’accompagnement des exploitants agricoles.

Daniel Leca est le vice-président de la Région Hauts-de-France en charge des universités, de la recherche, de l’innovation et de l’Europe
Daniel Leca est le vice-président de la Région Hauts-de-France en charge des universités, de la recherche, de l’innovation et de l’Europe - Crédits : Stéphane Delporte / Conseil régional des Hauts-de-France

Quel est le rôle de la Région Hauts-de-France dans la gestion des fonds européens ?

Les Régions vont démarrer une deuxième génération de programmation européenne comme Autorités de gestion des fonds structurels et d’une partie de la PAC.

La Région Hauts-de-France a d’ailleurs la double particularité pour l’actuelle programmation 2014-2020 :

  • D’avoir en gestion l’enveloppe FEDER FSE IEJ 2014-2020 la plus importante de métropole (plus d’un milliard d’euros)
  • D’être Autorité de gestion de plusieurs programmes de coopération territoriale européenne (Interreg des 2 Mers, Interreg Europe, Interreg Europe du Nord-Ouest) et de l’initiative européenne des Actions Urbaines Innovatrices

Le périmètre d’action de la Région pour la période 2021-2027 est amené à évoluer dans le champ de la coopération en conséquence du Brexit.

Le programme Interreg des 2 Mers qui réunissait la Grande-Bretagne, la Flandre et les Pays-Bas est arrêté. Mais de nouvelles opportunités ont été saisies pour développer de nouveaux partenariats comme avec les pays scandinaves dans le cadre du programme Interreg Mer du Nord (Interreg North Sea) qui s’élargit à 3 régions françaises dont la région des Hauts-de-France.

Pour 2021-2027, la Région des Hauts-de-France restera Autorité de gestion des programmes Interreg Europe du Nord – Ouest et Interreg Europe. 

Quels ont été les thèmes prioritaires de votre Région dans l’octroi de fonds lors de la programmation des fonds européens 2014-2020 ?

La Commission européenne établit un menu d’orientations stratégiques et sollicite que nous concentrions un certain pourcentage de l’enveloppe financière sur quelques thématiques (innovation, compétitivité des PME, numérique et changement climatique pour la majorité de l’enveloppe, un pourcentage de 5% minimum devait également être dédiée aux territoires).

Les programmes opérationnels régionaux ont ainsi été élaborés au regard de ce cadre européen et des besoins du territoire.

On détermine ainsi les types de projets qui par le biais d’un financement européen permettront de créer un changement positif pour plus de compétitivité économique, plus d’emploi et de chances d’accéder à l’emploi, un environnement préservé et adapté aux défis environnementaux par exemple.

Pour la Région, il s’agit de combiner ses efforts et son ambition à ceux de l’Europe pour le devenir des Hauts-de-France : donner les moyens aux secteurs économiques spécifiques à la région d’être compétitifs et innovants, développer le numérique pour tous les types d’usages, donner à un maximum de demandeurs d’emploi la possibilité d’accéder à une formation professionnelle, miser sur l’apprentissage, des solutions pour des jeunes sans emploi ni formations, soutenir les initiatives de type 3ème révolution industrielle, développer les énergies renouvelables (comme la méthanisation par la biomasse, l’hydrogène), la décarbonation de l’électricité, le transport durable, donner aux territoires les moyens d’être plus attractifs et d’offrir des services à leurs habitants adaptés aux nouveaux modes de vie.

De plus, l’Europe soutient la relance de l’économie régionale grâce aux fonds REACT EU, qui permettent par ailleurs de soutenir des secteurs touchés par la crise sanitaire comme les hôpitaux, mais aussi de soutenir le verdissement de notre économie et le développement des usages numériques. 

Pourriez-vous nous parler d’une réalisation emblématique financée grâce à l’Union européenne dans votre Région dont vous êtes particulièrement fier ?

PREDICE est un projet majeur de la programmation. Il s’agit d’utiliser le numérique pour faciliter l’accès aux soins (consultations en ligne) et le suivi patient (dossier médical numérisé). Le projet est mis en place au sein des hôpitaux des Hauts-de-France qui se sont groupés, le CHU de Calais coordonne le déploiement du projet. Il est majeur pour plusieurs raisons : son ampleur géographique, le changement de pratique induit par le projet et la pertinence de son utilisation.

Pendant le confinement et les restrictions de déplacements et d’accueil liés à la crise COVID, le projet a connu un vrai succès, et l’utilisation de ce nouvel outil devenant nécessaire a fini par conquérir les utilisateurs (praticiens et patients) de plus en plus nombreux.

Quelles sont vos attentes de la nouvelle programmation 2021-2027 ?

Que les porteurs de projet de notre territoire trouvent des opportunités européennes pour réaliser leurs projets. Pouvoir accompagner nos porteurs de projets, avoir de bons résultats tant en matière de gestion qu’en termes de réalisation.

Les programmes européens, nombreux, offrent des possibilités de financements intéressantes. Tout, bien sûr, ne peut être soutenu mais c’est une opportunité de rendre visible ses atouts, d’aller vers des projets plus ambitieux.

Il y a également les programmes de niveau européen portés directement par la Commission européenne (les programmes dits sectoriels comme Horizon Europe) dont les porteurs de projets en Hauts-de-France pourraient encore d’avantage se saisir. Ils constituent une opportunité via la coopération avec d’autres pays de développer des solutions innovantes, de gagner en visibilité à l’échelle européenne. La Région Hauts-de-France met à disposition, en complément de l’ingénierie propre à chaque programme sectoriel, une ingénierie dédiée et des outils pour aider les porteurs à aller sur ces programmes, le dispositif FRAPPE (Fonds d’Aide aux Porteurs de Projets Européens).

En tant que première région agricole de France et dans le cadre de la réforme de la PAC, quelles sont vos priorités pour accompagner les exploitants ?

La future PAC qui démarrera un peu plus tardivement que les autres programmes, c’est-à-dire en 2023 après une période de transition, fait encore l’objet de discussion à l’heure actuelle. La PAC connaît un changement majeur avec un cadre global à définir dans un plan stratégique national, une ambition environnementale plus forte, et la répartition des rôles entre l’Etat et les Régions qui évolue sensiblement sur la mise en œuvre du pilier 2.

L’agriculture est en effet une caractéristique et un atout de la Région, tout l’intérêt de la Région sera de poursuivre l’accompagnement des agriculteurs pour que leurs exploitations soient à la fois compétitives, pérennes et durables. L’économie agricole doit être attractive tout en relevant les défis environnementaux et répondre aux attentes des consommateurs.

L’Etat et les Régions travaillent de concert pour aboutir à une proposition de plan stratégique national en fin d’année.

La Conférence sur l’avenir de l’Europe a été lancée en mai dernier. En tant que vice-président de Région, comment aimeriez-vous voir évoluer la politique régionale de l’Union européenne ?

La politique de cohésion est un outil formidable pour les territoires et leur rapprochement avec l’Europe.

Il y a des pistes d’amélioration même si de gros efforts sont faits pour simplifier les procédures pour les porteurs de projets (paiement sur la base de coût forfaitaire par exemple). Il s’agirait par exemple de privilégier l’utilisation étendue des options de coûts simplifiés pour réduire la bureaucratie liée aux vérifications. Il faut tout faire pour mettre en œuvre une simplification que tout le monde appelle de ses vœux.

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