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Christelle Morançais : "L’industrie agroalimentaire est notre première source de richesse régionale"

Bilan de la programmation 2014-2020, politique agricole commune, plan de relance, projets locaux… la présidente de la région Pays de la Loire Christelle Morançais revient sur les projets réalisés dans sa région grâce aux fonds européens et détaille ses attentes concernant l’avenir de la politique régionale de l’Union européenne.

Christelle Morançais est la présidente de la Région Pays de la Loire - Crédits : extra.studio S.Lagoarde

Quels ont été les thèmes prioritaires de votre Région dans l’octroi de fonds lors de la programmation 2014-2020 ?

Nous avons fait le choix de flécher les fonds européens sur des objectifs politiques très forts, très structurants pour notre région. L’un d’entre eux, c’est l’innovation, la montée en gamme et en compétence de notre économie, en lien étroit avec nos universités et nos centres de recherche. Cet effort significatif a été encore accéléré sous l’effet de la relance européenne. Face à la concurrence des pays émergents, l’Europe doit faire le pari des savoir-faire, des compétences, de la mondialisation par le haut. Les fonds européens nous ont, notamment, permis de soutenir un ensemble de projets qui projettent notre industrie vers le futur, vers les enjeux du numérique, de la robotique. 

Nous avons également dirigé les crédits européens vers les territoires, tous les territoires : métropolitains, périurbains et ruraux. Nous avons notamment mené des politiques très fortes en matière de déploiement du numérique ou de revitalisation économique et sociale des territoires les plus fragiles.

Enfin, des actions fortes ont été conduites en faveur de l’insertion professionnelle, notamment des publics les plus éloignés de l’emploi. Nous avons également été l’une des rares régions françaises à avoir proposé un financement européen, via le Fonds social européen, en faveur des centres de formation des apprentis (CFA) ; qui s’est révélé particulièrement utile et qui a contribué à renforcer les Pays de la Loire comme la première région de l’apprentissage en France. 

Pourriez-vous nous parler d’une réalisation emblématique financée grâce à l’Union européenne dans votre région dont vous êtes particulièrement fier ?

Les régions françaises sont chefs de file pour l’orientation des jeunes et des personnes désireuses de se réorienter. Nous avons déployé, avec l’appui de l’UE, des “Orientibus” – une flotte de bus animés par des professionnels de l’orientation et équipés des dernières technologies pour découvrir les métiers – afin de partir à la rencontre des jeunes et de les sensibiliser à la nécessité de préparer très tôt leur avenir professionnel. Cette mesure très concrète connaît un vrai succès et elle est depuis copiée par plusieurs régions en France.

Je crois également qu’il faut insister sur le rôle des crédits européens dans la protection des habitants et la préservation de leur santé. Des fonds importants ont permis, par exemple, le renforcement des digues du Gois et des Mattes en Vendée et la mise en sécurité de plus de 2 700 personnes. Des montants importants ont également pu être engagés pour l’acquisition d’une IRM par l’Institut régional du Cancer Nantes Atlantique. Un investissement qui n’aurait probablement pas eu lieu sans le soutien de l’UE.

L’agriculture et l’industrie agroalimentaire jouent un rôle important dans la région Pays de la Loire. Avec l’instauration d’une nouvelle politique agricole commune (PAC) en 2023, le “verdissement” de l’agriculture s’annonce comme un défi majeur. Dans quelle mesure votre utilisation des fonds européens tente-t-elle d’y répondre ?

L’industrie agroalimentaire est notre première source de richesse régionale. C’est donc un enjeu capital pour nous, et à plus forte raison dans une période où l’agriculture traverse une période difficile et où la transition écologique – déjà bien engagée par nos agriculteurs – doit encore s’accélérer pour répondre au défi climatique. Les crédits européens nous permettent de travailler, en lien étroit avec le monde agricole, sur ces enjeux de transition autour de la préservation de la ressource en eau, de la transition vers une agriculture encore moins impactante sur le plan environnemental. Nous agissons en cohérence avec le Pacte vert européen, et nous attendons de l’UE qu’elle continue de soutenir les efforts faits par nos agriculteurs, et notamment sur l’enjeu capital du stockage de carbone qui ouvre des perspectives très intéressantes.

Comment l’aide du plan de relance s’est-elle traduite dans votre région ? La crise économique liée au Covid-19 vous a-t-elle amené à soutenir un secteur en particulier ?

L’UE s’est révélée un partenaire essentiel tout au long de la crise. Depuis l’achat de masques et d’équipements de protection jusqu’aux mesures de soutien à nos entreprises, les fonds européens se sont montrés indispensables. Nous avons notamment mis en place un fonds de garantie pour les PME entièrement financé par le Fonds européen de développement régional. Ce dispositif permet de garantir jusqu’à 25 millions de prêts.

La Conférence sur l’avenir de l’Europe a été lancée en mai dernier. En tant que Présidente de Région, comment aimeriez-vous voir évoluer la politique régionale de l’Union européenne ?

L’Europe doit s’incarner et elle ne peut le faire qu’à travers des territoires identifiés et des projets concrets et tangibles. La Région des Pays de la Loire a fait le choix d’utiliser les fonds européens comme de puissants leviers au service de politiques publiques essentielles, en direction de l’emploi, de la croissance ou du développement durable.

Reste un enjeu majeur, celui de la simplification qui est aussi une condition de la visibilité et du crédit des instances européennes. Des efforts sont faits, notamment pour faciliter la gestion des fonds, mais ils doivent être poursuivis pour rapprocher l’UE de ceux pour qui elle a été créée : les Européens.

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