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Avec les fonds européens, l'Ile-de-France soutient une technologie médicale de rupture pour faciliter le traitement des AVC

Grâce à un dispositif innovant, la start-up Basecamp Vascular veut améliorer la prise en charge des personnes victimes d’accidents vasculaires cérébraux. Financé en partie par des fonds européens gérés par la Région Ile-de-France, le dispositif devrait être commercialisé en 2023.

Un praticien manipule le dispositif Multicurve - Crédits : Docteur Simon Escalard (Hôpital Fondation Rothschild)

Chaque année, 150 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en France. Selon le ministère des Solidarités et de la Santé, l’AVC est la première cause de handicap et représente la deuxième cause de mortalité chez la femme entre 30 et 45 ans et la troisième chez l’homme. Dans 80 % des cas, l’AVC est causé par un caillot faisant obstacle à l’intérieur d’une artère cérébrale. On parle alors d’accidents ischémiques. Le temps utilisé pour libérer l’artère est crucial, chaque minute perdue représentant en effet la destruction de 2 millions de neurones. 

Créée en 2016, Basecamp Vascular a conçu un système permettant d’optimiser la prise en charge des patients afin d’accéder à l’artère à traiter dans les meilleurs délais, quelle que soit la complexité des sinuosités artérielles de ce dernier. “Pour traiter l’AVC, dans un premier temps, le praticien insère un cathéter dans le pli de l’aine afin d’atteindre le cerveau, pour pouvoir ensuite y insérer du matériel. Cette liaison aujourd’hui est compliquée et prend environ 45 minutes”, explique-t-on chez Basecamp Vascular.

Une innovation de rupture en technologie médicale

Avec son projet Multicurve, l’entreprise propose de simplifier le passage du cathéter jusqu’au cerveau. “Avec la technologie de Basecamp Vascular, l’accès ne prend plus que quelques minutes, raccourcissant considérablement l’étape préparatoire à l’intervention, explique la start-up.

Basecamp Vascular s’est associée à l’Hôpital Fondation Rothschild pour la validation clinique de son dispositif. La start-up s’est principalement occupée de la partie ingénierie, alors que l’Hôpital Fondation Rothschild a géré l’organisation et la structuration des données cliniques, notamment l’imagerie.

La mise en place du dispositif s’est faite en deux temps. Tout d’abord, les ingénieurs ont dû faire en sorte de pouvoir obtenir des flexions de l’extrémité du cathéter. Contrôlées de manière robotique et électronique, l’objectif était de pouvoir se conformer à toutes les courbures des artères. L’étape de recherche et développement a permis d’obtenir un guide à mémoire de forme de plus en plus petit qui permet de naviguer facilement à l’intérieur des vaisseaux. “Une des innovations majeures se situe dans la mobilité supplémentaire obtenue au bout du guide, qui permet au praticien de gagner en agilité dans son geste”, précise le docteur Raphaël Blanc, co-fondateur et président de la start-up.

Dans un second temps, les membres de Basecamp Vascular dont Jean-Baptiste Cazeneuve, co-fondateur et CTO, ingénieur spécialisé en mécatronique, ont cherché à améliorer l’ergonomie et la maniabilité du dispositif grâce à une poignée de guidage autonome, fonctionnant avec une batterie. Celle-ci permet au fil à mémoire de forme implanté dans le dispositif d’agir à la manière d’un muscle, en se contractant et en revenant à sa forme initiale suivant la volonté du praticien, une impulsion électrique provoquant la flexion du dispositif lorsque le praticien appuie sur un bouton.

La poignée proposée au praticien permet d’actionner le dispositif visant à améliorer la navigation vasculaire et accéder à l’artère à traiter - Crédits : Dr Simon Escalard (Hôpital Fondation Rothschild)

Favoriser la recherche et l’innovation grâce aux fonds européens

Les étapes de recherche et développement sont actuellement finalisées, et les expérimentations animales ont été réalisées avec succès. “Nous espérons réaliser la première étude clinique sur l’homme en début d’année prochaine”, explique le docteur Raphaël Blanc. L’entreprise souhaite obtenir la norme CE, indiquant que le dispositif respecte le cadre réglementaire européen. Ce marquage permettra la commercialisation du produit tout en facilitant la communication autour du dispositif et de ses améliorations majeures apportées au traitement de l’AVC : sécurisation, gain de temps, ergonomie et progressivement introduction de robotique et d’intelligence artificielle.

D’un cout total de 600 000 euros, le projet a été financé à hauteur de 42 % par le Fonds européen de développement régional (FEDER), géré par la Région Ile-de-France. Les porteurs ont également souscrit un emprunt bancaire, garanti par BPI France. “Il s’agit typiquement du genre de projets sur lesquels on est heureux de contribuer”, souligne un responsable du FEDER à la Commission européenne. “C’est un moyen de contribuer à un écosystème régional et national de compétences et in fine d’améliorer la compétitivité de la région”, poursuit-il.

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