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Vaccins contre le Covid-19 : les Vingt-Sept approuvent un contrôle plus étroit des exportations

Réunis par visioconférence, les dirigeants européens ont entériné la proposition de la Commission d’encadrer plus durement les exportations de vaccins depuis le territoire de l’Union. Ils ont en revanche affiché leurs divergences sur le mode de répartition des doses livrées par Pfizer/BioNtech.

Le président du Conseil, Charles Michel, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ont donné une conférence de presse jeudi 25 mars au soir - Crédits : Conseil européen
Le président du Conseil, Charles Michel, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ont donné une conférence de presse jeudi 25 mars au soir - Crédits : Conseil européen

L’expression “guerre des vaccins” [Euronews] est désormais installée dans le lexique de la presse européenne. Lors d’un Conseil européen notamment consacré à la vaccination sur le continent, c’est “du bout des lèvres” [Le Monde] que les Vingt-Sept “ont dit oui” à un renforcement du mécanisme de contrôle des exportations de vaccins hors de l’Union européenne.

Pour améliorer l’accès aux précieux flacons” [France 24], la Commission avait proposé mercredi de compléter le dispositif en place depuis le 29 janvier. Celui-ci permet à un Etat membre de bloquer une exportation de doses de vaccins, sous certaines conditions. Si le mécanisme pouvait déjà être utilisé lorsque qu’un laboratoire ne respectait pas ses engagements vis-à-vis de l’UE, comme le rappelle Le Monde, des critères de “réciprocité” et de “proportionnalité” viennent s’y ajouter. En ce qui concerne le premier, quand “un gouvernement n’autorise pas l’exportation de vaccins à l’étranger, il ne pourra pas recevoir de vaccins fabriqués dans les installations de l’UE”, résume le quotidien espagnol El Mundo. “S’il a plus vacciné que les Européens (auquel cas, il y a un sujet de ‘proportionnalité’), alors la transaction peut aussi être interdite” [Le Monde]. L’idée est aussi de “restreindre drastiquement [les exportations de vaccins] vers les pays qui en produisent eux-mêmes”, complète France 24.

Ces nouvelles mesures visent “bien sûr, à mettre la pression sur AstraZeneca qui n’a pas honoré son contrat, contrairement à Pfizer et Moderna” [Le Figaro]. Après la réunion, la présidente de la Commission européenne a directement ciblé le Royaume-Uni, “où sont installées deux usines [du laboratoire britannico-suédois] censées produire aussi pour l’Europe”, mais qui n’ont pas fourni de doses à l’UE, fait savoir le journal.

Une volonté de jouer l’apaisement

Plus tôt dans la journée, Ursula von der Leyen avait présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement des données chiffrées concernant les exportations. Alors qu’à “ce stade, 62 millions de doses ont été injectées” [Les Echos] sur le continent, l’UE représente “le plus grand exportateur de vaccins au monde, ayant expédié un total de 77 millions de doses à l’étranger depuis le début du mois de décembre” [Courrier international]. Citant le Financial Times, le média rapporte que sur ces 77 millions, “environ 21 millions de doses ont été destinées au Royaume-Uni, dont près de 1 million de doses du vaccin AstraZeneca”, avant la mise en place dudit mécanisme de contrôle européen.

Le voisin d’outre-Manche est “accusé de garder les vaccins produits sur son sol tout en recevant des livraisons depuis le continent”, indique France 24. Le correspondant à Bruxelles des Echos Gabriel Grésillon a toutefois senti jeudi soir “une volonté de jouer l’apaisement chez les dirigeants” européens vis-à-vis du Royaume-Uni au sujet d’AstraZeneca. A l’issue de la rencontre entre les Vingt-Sept, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a d’ailleurs déclaré que Bruxelles et “Londres pourraient parvenir à un accord dès samedi sur l’approvisionnement en vaccins” [Le Figaro].

Côté européen, “un certain nombre d’Etats membres étaient réticents à renforcer les contrôles à l’exportation”, relate El Confidencial. “Ils craignaient que cela ne perturbe les chaînes d’approvisionnement complexes nécessaires à la production des vaccins”, ajoute le média en ligne espagnol. Ainsi, “les Pays-Bas et la Belgique, où sont implantés beaucoup d’entreprises du secteur de la pharmacie” [Le Figaro] ont exprimé des réserves. Tout comme la Suède et l’Irlande. Même si dans les conclusions publiées après leur visioconférence, les Vingt-Sept “sont restés allusifs et n’ont, à aucun moment, évoqué les conditions de ce durcissement” [Le Monde] des contrôles, ils ont finalement validé “l’importance (…) du recours à des autorisations d’exportation”.

Aux ambassadeurs de trancher

Cette question des exportations de vaccins n’était pas le seul sujet épineux sur lequel les chefs d’Etat ont négocié lors de cette première journée. “En plus des problèmes externes, les dirigeants ont dû faire face à la rébellion interne menée par l’Autrichien Sebastian Kurz, plus ou moins soutenu par les Tchèques et les Slovènes”, note El Mundo. En cause, les “10 millions de doses supplémentaires, qui étaient prévues pour le second semestre” et que le laboratoire Pfizer va livrer à l’Union européenne dans les prochains mois [El Mundo]. C’est la répartition de ces vaccins qui divise les Vingt-Sept, précise le journal belge La Libre.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a pratiquement saboté la réunion en insistant pour que son pays reçoive des doses supplémentaires”, commente Politico. Or les dirigeants européens sont disposés “à chercher une solution pour aider les pays les plus en difficulté comme la Bulgarie, la Lettonie et la Croatie, mais cela ne concerne pas l’Autriche” [France 24], qui “s’en sort relativement bien […] en termes d’approvisionnement en vaccins” [Politico].

La discussion en a agacé plus d’un “dont la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte”, poursuit l’antenne bruxelloise du média. Une répartition des vaccins au prorata de la population avait été décidée auparavant. Finalement, les détails de la distribution de ces 10 millions de doses supplémentaires devront être réglés au sein du Coreper, lequel rassemble les représentants permanents (les “ambassadeurs”) des Etats membres auprès de l’UE, explique Politico.

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