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[Revue de presse] Budget et plan de relance, climat, relations extérieures : une nuit agitée au Conseil européen

Le sommet entre les dirigeants européens s’est ouvert jeudi après-midi pour s’achever ce vendredi matin par un point de situation sur le Brexit et un sommet express des pays de la zone euro. Qu’il s’agisse du climat ou de l’état de droit, les chef d’Etat et de gouvernement ont avancé sur des dossiers majeurs durant ces 24 heures.

Au Conseil européen, les Vingt-Sept ont pris un certain nombre d'engagements sur plusieurs sujets clés dont le budget et la relance, les relations avec la Turquie ou encore le climat
Au Conseil européen, les Vingt-Sept ont pris un certain nombre d’engagements sur plusieurs sujets clés dont le budget et la relance, les relations avec la Turquie ou encore le climat - Crédits : Conseil européen

“ ‘Deal’. C’est par ce tweet que Charles Michel a salué, vers 19 heures, jeudi 10 décembre, l’accord qui a été trouvé entre les chefs d’Etat et de gouvernement européens, réunis à Bruxelles, pour que la Pologne et la Hongrie lèvent leur veto” , écrit Virginie Malingre dans Le Monde. “Le président du Conseil [européen] avait utilisé la même formule, au petit matin du 21 juillet, quand, après quatre jours et quatre nuits d’âpres négociations, les Européens étaient parvenus à s’entendre sur ce paquet financier que Varsovie et Budapest menaçaient de faire capoter” , rappelle la journaliste. L’accord préserve “ce paquet vertigineux de 1 800 milliards d’euros sans remettre en cause le nouveau mécanisme permettant de suspendre les versements des fonds européens aux États membres violant l’état de droit” , complète Anne Rovan [Le Figaro].

Pourtant ce texte ne vise pas à protéger les ‘valeurs de l’Union’ en général, mais plus concrètement à sauvegarder ses intérêts financiers” , précise Jean Quatremer pour Libération. “En clair, si l’état de droit n’est pas garanti […] au point de compromettre la bonne utilisation des subventions communautaires, la Commission pourra proposer au Conseil des ministres de suspendre tout ou partie des versements” , poursuit-il. Une telle décision devra être prise à la majorité qualifiée, empêchant Hongrois et Polonais de la bloquer. “Une bombe atomique, puisque chaque année ces pays reçoivent l’équivalent de plus de 4 % de leur PIB de l’UE” , résume le correspondant du quotidien à Bruxelles.

Sanctions contre la Turquie

Quelques heures plus tard, les dirigeants européens ont pris une autre décision forte : celle “de sanctionner les actions ‘illégales et agressives’ de la Turquie en Méditerranée contre Athènes et Nicosie” , rapporte RFI. “La menace de sanctions contre Ankara a été brandie au mois d’octobre, du fait de ses travaux d’exploration gazière dans des zones maritimes revendiquées par la Grèce et Chypre” , rappelait France Info en amont du sommet.

Les Vingt-Sept ont mandaté le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell pour présenter d’ici le mois de mars 2021 “un rapport ‘sur l’état des relations politiques, économiques et commerciales entre l’UE et la Turquie ainsi que sur les instruments et les options concernant la manière de procéder, y compris l’extension et la portée’ des sanctions” [Politico]. Des décisions qui pourraient frapper des entreprises et navires turcs responsables des activités de forage. Une liste de noms devrait être établie “dans les prochaines semaines” puis “soumise à l’approbation des États membres” . Elle viendra rallonger “la liste noire établie en novembre 2019 pour sanctionner les activités de forage de la Turquie dans les eaux de Chypre” [RFI]. Pour le rédacteur en chef du blog spécialisé en politique étrangère et défense européenne Bruxelles 2, “il ne faut pas minorer ce geste, ni non plus le sous-estimer. Un tel processus vis-à-vis d’un pays théoriquement toujours candidat à l’Union européenne équivaut à lui fermer la porte” .

Fumée blanche pour le climat

Malgré ces avancées importantes, les chefs d’Etat et de gouvernement n’ont pas levé le pied, et après une nuit d’intenses négociations, sont également parvenus au petit matin à un accord sur l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. “La barre, jusqu’ici fixée à une réduction de 40 % par rapport aux niveaux de 1990, a été portée à ‘au moins 55 %’, comme l’avait proposé la Commission européenne en septembre. Le Parlement européen avait préconisé de viser 60 %, mais il n’a ici qu’un rôle consultatif” , écrivent Les Echos.

Si un accord sur le chiffre de 55 % était déjà entendu depuis des semaines, les modalités concrètes de cet engagement ont, elles, été bien discutées” alors que “certains pays de l’Est, Pologne en tête, ont âprement négocié leur feu vert. Encore très dépendante au charbon, la Pologne […] redoute les conséquences économiques d’une transformation expresse de son mix énergétique qui lui serait imposée” , détaille le quotidien économique. Pour Varsovie, “cette évolution ne pouvait se faire sans contreparties financières” . Mais “ses partenaires jugeaient que la Pologne et ses alliés avaient déjà été bien servis suite à l’accord de décembre 2019 […] et qu’il n’y avait pas lieu d’en faire plus” , relate Le Monde. Malgré tout, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki “a obtenu gain de cause, avec un mécanisme d’attribution de quotas carbone qui lui est plus favorable que ce qui était prévu” , précise le journal.

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