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Elections européennes : candidat en Belgique, Charles Michel prévoit un départ anticipé de la présidence du Conseil européen

Charles Michel a annoncé qu’il mènerait la liste du Mouvement réformateur en Belgique aux élections européennes de juin 2024. S’il est élu, il devra démissionner de la présidence du Conseil européen. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán pourrait assurer l’intérim si aucun successeur n’était désigné à temps.

Ancien Premier ministre de Belgique (2017-2019), Charles Michel est président du Conseil européen depuis 2019 - Crédits : European Union
Ancien Premier ministre de Belgique (2017-2019), Charles Michel est président du Conseil européen depuis 2019 - Crédits : European Union

La question courait à Bruxelles depuis plusieurs mois déjà. Qu’allait faire Charles Michel à l’issue de son second mandat de président du Conseil européen, alors que les textes l’empêchent d’en briguer un troisième ?”, relate Libération. Ce samedi 6 janvier 2024, le président belge du Conseil européen a enfin levé le voile sur ses ambitions. “J’ai décidé de me porter candidat aux élections européennes de juin 2024″, a-t-il annoncé dans une interview donnée aux quotidiens belges Le Soir et La Libre.

Charles Michel mènera la liste du Mouvement réformateur (MR), le parti libéral francophone belge dont il est issu, comme son père, l’ex-ministre des Affaires étrangères Louis Michel, et son frère, l’actuel secrétaire d’Etat fédéral à la digitalisation Mathieu Michel”, détaille Le Monde. “C’est de ma responsabilité à la fois de rendre compte du travail assumé ces dernières années, et de porter un projet pour l’avenir de l’Europe”, explique l’homme d’Etat qui vient de fêter ses 48 ans [Le Soir].

Etonnement

C’est la première fois qu’un président du Conseil européen se relance dans la politique alors que son mandat ne sera pas encore achevé”, observe Le Point. “Le terme est, en effet, prévu au 30 novembre”, note l’hebdomadaire. La décision de Charles Michel étonne la presse européenne, en particulier les médias belges. “Avec Charles Michel, la surprise n’a rien de surprenant. Depuis le début de sa carrière politique, il a posé des choix qui font jaser, qui suscitent la controverse, n’hésitant pas à transgresser certains usages pour étancher son ambition”, commente Bertrand Henne, chroniqueur de la RTBF.

Il est accusé de transgresser la pratique installée par [Donald] Tusk et [Herman] Van Rompuy d’aller au bout du mandat et de sacrifier l’intérêt de la fonction à son intérêt personnel”, poursuit le journaliste. “Dans le cas de ces deux derniers, la question de savoir s’ils figureraient sur une liste électorale et comment ils le feraient ne s’est pas posée. M. Van Rompuy a pris sa retraite après ses cinq années européennes, tandis que M. Tusk est devenu président du Parti populaire européen à la fin de son mandat”, rappelle De Standaard.

Cette situation particulière dans laquelle Charles Michel se place pour les mois à venir soulève une interrogation : “Comment concilier les deux, au moins durant la campagne électorale qui précède le scrutin ? Peut-on être à la fois le représentant des 27 chefs d’État et de gouvernement et s’occuper plus spécialement des Belges dans le cadre d’une élection ?” [Le Point]. “Ni les traités ni le code de conduite du président du Conseil européen n’interdisent en effet à Charles Michel de se présenter, en tant que président du Conseil européen, comme candidat aux élections européennes (ou nationales) en cours de mandat”, rappelle La Libre.

Un successeur nommé… Viktor Orbán ?

Cette décision de l’ancien Premier ministre belge (2017-2019) “met les dirigeants européens sous pression”, poursuit Libération. “S’il est élu, il ne pourra pas combiner les deux postes et devra donc quitter ses fonctions le 16 juillet prochain, date de sa prestation de serment, soit six mois avant la fin de son mandat fixé au 30 novembre”, explique L’Opinion. Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept devront “choisir très rapidement un successeur, dès la première réunion du Conseil juste après les élections européennes, s’ils veulent éviter d’offrir le poste par intérim à… Viktor Orbán” [Libération].

Le règlement intérieur du Conseil prévoit qu’en cas de vacance, le poste revienne, temporairement, au dirigeant du pays qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Au deuxième semestre, il s’agira de la Hongrie, dirigée par l’ultranationaliste Viktor Orbán”, précise Le Monde. Une “perspective inquiétante, tant le Premier ministre hongrois met l’Europe sous tension depuis le début de la guerre en Ukraine”, considère Libération.

Les conséquences potentielles du choix de l’actuel président du Conseil européen ont ainsi suscité de vives réactions. “La décision de Charles Michel de quitter prématurément la présidence du Conseil [européen] pour poursuivre sa propre carrière politique en tant que député européen est non seulement égocentrique mais aussi irresponsable”, a par exemple taclé Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris, sur X [Libération]. De son côté, le Belge a rejeté les attaques l’accusant de “quitter le navire”, rapporte L’Opinion. “Ce serait une critique infondée que de dire ça. J’informe les membres du Conseil européen six mois avant la première session du Parlement européen, personne n’est pris par surprise”, s’est-il défendu [L’Opinion].

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