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Après les prix de l'énergie, la question polonaise s'invite au menu du Conseil européen

Réunis les 21 et 22 octobre à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept doivent se pencher sur la remise en cause par la Pologne de la primauté du droit européen, la flambée des prix du gaz et de l’électricité ainsi que les tensions migratoires à la frontière biélorusse.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki va se défendre auprès de ses homologues du Conseil
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki va se défendre auprès de ses homologues du Conseil - Crédits : Union européenne

Un sommet européen sous haute tension s’annonce ce jeudi”, commence L’Echo. “Les débats entre les dirigeants européens devraient être monopolisés par la crise provoquée par un arrêt de la Cour constitutionnelle polonaise” : celui-ci remet en cause “la primauté absolue du droit européen sur le droit national”, poursuit le journal belge.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki s’attend en effet à être quelque peu bousculé par ses homologues. “Dans une lettre envoyée aux 26 autres chefs d’Etat et de gouvernement lundi 18 octobre, il a tenu ferme sa position en défendant l’arrêt de la Cour constitutionnelle polonaise” [La Croix]. Et devant les eurodéputés mardi, il a adopté une attitude similaire en dénonçant un “chantage” de l’UE envers son pays [Les Echos].

L’état de droit a été inscrit de force à l’ordre du jour du Conseil par la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas”, fait savoir The Irish Times. “Mais les responsables de la France, de l’Espagne et de plusieurs autres pays ont déclaré mercredi que l’objectif était toujours de garder la discussion limitée, afin d’éviter qu’elle n’éclipse l’ensemble du sommet”, complète Politico.

Dialogue et confrontation

De son côté, “Berlin veut laisser sa chance au dialogue”, indique La Croix. “Il ne s’agit pas de faire de ce sommet une confrontation […]. Nous n’attendons pas une discussion sur des sanctions à l’égard de la Pologne”, a indiqué une source gouvernementale allemande [L’Express].

Dans ce contexte, la Commission ne risque pas de valider les 36 milliards d’euros de son plan de relance”, commente La Croix. “Elle évoque trois moyens pour défendre le droit de l’UE, à commencer par une procédure d’infraction devant la Cour de Justice de l’UE”, poursuit le quotidien. Un recours à l’article 7, qui permet de suspendre le droit de vote d’un Etat membre si tous les autres sont d’accord, est également cité. Enfin, “les pays du Benelux sont en pointe dans ce dossier pour réclamer des sanctions financières, et notamment l’activation ‘le plus tôt possible’ d’un nouvel outil” conditionnant le versement des fonds européens au respect des valeurs de l’UE [Les Echos].

Pour autant, “même les Etats membres de l’UE qui souhaitent s’attaquer de front au Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki […] ne le feront pas directement au sujet de l’arrêt du tribunal constitutionnel de Varsovie”, avance The Irish Times. Selon le média irlandais, les chefs d’Etat et de gouvernement devraient “concentrer” leurs critiques sur la réforme de la justice polonaise, qui n’assurerait plus l’indépendance de sa Cour suprême.

L’option n°1 retenue au sommet européen pour traiter du ‘cas’ polonais serait donc une approche ‘en finesse’, comme le résume un diplomate européen” cité par Le Soir. “C’est qu’une sortie de cette crise ‘existentielle’ sans trop de casse est de l’intérêt de tout le monde : sans tergiverser sur les principes, il faut éviter que Varsovie se cabre au point de bloquer d’autres décisions”, poursuit le quotidien belge.

Hausse des prix

D’autant qu’un autre sujet épineux attend les Vingt-Sept. “A l’origine, c’est la question énergétique qui devait occuper l’essentiel des débats”, indiquent en effet Les Echos. Lors de cette rencontre, “les dirigeants discuteront de la boîte à outils présentée le 13 octobre par la Commission, qui suggère une série de mesures temporaires et ciblées” afin de contrer la hausse des prix du gaz et de l’électricité, comme une baisse des taxes ou un report des factures [L’Express].

D’aucuns souhaitent cependant des changements de plus long terme. “Certaines capitales [comme Paris ou Madrid] envisagent de réformer le marché européen de l’énergie pour parvenir à un découplage entre le prix de gros de l’électricité et celui du gaz naturel” [Les Echos]. La France “vit mal de voir les factures des particuliers s’envoler”, alors que le pays produit actuellement une électricité moins chère que celle de ses voisins, le nucléaire n’étant pas affecté par la hausse des prix du gaz.

Ursula von der Leyen a rappelé pour sa part que la transition vers les énergies renouvelables était la solution, et non le problème. Une position que remet d’ailleurs en cause la Pologne. “Dans un document diffusé à la veille du sommet, Varsovie, constatant cette hausse pharamineuse des prix, propose la ‘révision ou le report’ du plan [Fit for 55]”, proposé par l’exécutif européen afin que l’UE atteigne ses objectifs en matière de climat [Le Soir]. “Il n’est pas exclu que quelques autres délégations, inquiètes des efforts colossaux nécessaires pour mener à bien cette transformation verte radicale, emboîtent le pas à Varsovie”, estime le journal belge.

Vendredi enfin, “les dirigeants européens discuteront de la situation à la frontière orientale de l’Union, où la Biélorussie incite les migrants à entrer en Pologne, en Lituanie et en Lettonie” [Politico]. Douze pays, dont ces trois derniers, “ont demandé que les règles de l’UE soient modifiées afin de permettre une défense plus musclée des frontières”, incluant la construction d’une “barrière physique” face à la Biélorussie, relève le média.

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