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Discours sur l’état de l’Union : les réactions des groupes politiques du Parlement européen

Mercredi 14 septembre, Ursula von der Leyen a dressé le bilan de l'année écoulée et dessiné les perspectives de celle à venir. La présidente de la Commission européenne a ensuite laissé les eurodéputés présents dans l'hémicycle exprimer leurs remarques et critiques pendant plus de deux heures.

Les chefs des différents groupes politiques au Parlement européen, comme ici Manfred Weber (PPE), ont réagi au discours de la présidente de la Commission européenne
Les chefs des différents groupes politiques au Parlement européen, comme ici Manfred Weber (PPE), ont réagi au discours de la présidente de la Commission européenne - Crédits : Philippe Stirnweiss / Parlement européen

Avant même qu’Ursula von der Leyen prononce son troisième discours sur l’état de l’Union depuis sa prise de fonction en décembre 2019, de nombreux eurodéputés s’accordaient à dire qu’il s’agirait probablement du plus important de son mandat, compte tenu du contexte actuel.

Pendant une heure, la présidente de la Commission européenne est ainsi revenue sur l’année écoulée, notamment sur le conflit ukrainien qui a bouleversé le continent depuis six mois. Elle a ensuite détaillé ses propositions pour remédier à la crise énergétique, avant de laisser la tribune de l’hémicycle aux députés européens, en commençant par les leaders des sept groupes politiques du Parlement. Devant la première dame ukrainienne Olena Zelenska, ces derniers ont majoritairement condamné l’invasion russe et exprimé leur soutien à l’Ukraine.

Soutien aux mesures contre l’inflation

Ils sont ensuite revenus sur les annonces formulées par Ursula von der Leyen. Une majorité d’entre eux a affiché un message d’unité et s’est dit favorable aux mesures avancées pour contrer l’envolée des prix de l’énergie.

L’eurodéputée allemand Manfred Weber (PPE, centre droit) a indiqué que son groupe “soutenait la proposition de la Commission présentée aujourd’hui, sur le soutien à l’Ukraine, mais aussi pour donner une réponse sur la flambée des prix de l’énergie”. “Un soutien total sur le contenu, mais pas sur la procédure”, a-t-il ajouté, insistant sur le fait que le Parlement européen devait pleinement jouer son rôle dans ces décisions importantes.

Réaction similaire pour Iratxe García Pérez (S&D, sociaux-démocrates) : “Je suis très heureuse de constater qu’il y a enfin une réaction et que vous avez écouté les propositions qui ont été faites en ce sens par les socialistes et les démocrates depuis longtemps maintenant. Nous devons plafonner les prix de l’essence et aider les familles et les entreprises à s’assurer qu’elles peuvent payer leurs factures”, a déclaré l’Espagnole. Avant de préciser qu’il fallait agir vite “afin de réduire les effets sociaux et économiques de cette guerre”.

Stéphane Séjourné (Renew, libéraux) a pour sa part affirmé que son groupe était “favorable à un bouclier énergétique européen pour la baisse des factures”. Le Français a ensuite appelé les Etats membres à plus de solidarité à travers des achats conjoints d’énergie, ainsi qu’à des investissements plus importants dans les renouvelables.

Co-présidente de son groupe (poste qu’elle a quitté le lendemain), Ska Keller (Verts, écologistes) a également bien accueilli la proposition d’Ursula von der Leyen concernant la taxation des “superprofits” réalisés par les entreprises du secteur énergétique. Elle a toutefois appelé à veiller que les plus vulnérables ne soient pas laissés de côté et a insisté sur l’importance de développer les énergies renouvelables. La crise climatique est le plus grand “test politique pour notre génération. […] Je suis convaincue que l’UE a la force de [le] relever”, a-t-elle ajouté.

Besoin d’une réponse plus claire et plus ambitieuse

Nous avons besoin d’une véritable unité et pas seulement d’une unité de façade. Nous devons intervenir pour soutenir les ménages et les entreprises. C’est essentiel pour faire face à la crise que nous avons devant nous”, a de son côté insisté Rafaelle Fitto (ECR, conservateurs). Pour l’Italien, “le message envoyé par l’UE au marché n’est pas assez fort” : une réponse “plus forte” est attendue.

Message comparable quoique plus virulent du côté de Marco Zanni (ID, extrême droite). “Ces mesures, si je puis me permettre, sont loin d’être suffisantes pour apporter un véritable soutien aux personnes irréprochables qui souffrent de cette situation tragique. On peut reprocher à l’Europe de ne pas avoir agi assez vite”, a-t-il insisté.

Si Manon Aubry (GUE/NGL, gauche radicale) soutient l’introduction d’un plafonnement des profits des entreprises du secteur de l’énergie, elle la juge trop peu ambitieuse. Selon elle, celle-ci “doit concerner l’ensemble des entreprises qui ont profité de la crise”. La Française a accusé Ursula von der Leyen, en brandissant des factures d’énergie, de ne pas suffisamment tenir compte de la réalité de la situation pour les citoyens.

Renforcer les partenariats internationaux

Certains leaders politiques ont également émis des recommandations sur le rôle de l’Union européenne dans le monde dans un contexte géopolitique tendu.

Pour Manfred Weber, la Commission européenne doit ainsi accélérer le processus de négociations des accords de libre-échange avec les pays partageant les mêmes valeurs. “L’Europe est un continent commercial”, a-t-il justifié.

Iratxe García Pérez a quant à elle salué la référence faite par Ursula von der Leyen dans son discours à l’Amérique Latine. Selon l’eurodéputée, celle-ci est “un allié naturel dans l’ordre mondial”.

Coup de boost pour RepowerEU

Ursula von der Leyen s’est ensuite exprimée pour répondre aux différents commentaires. Elle a tout d’abord tenu à “remercier tous les présidents de groupe pour la large coalition qui soutient les propositions de solidarité pour les ménages et les entreprises vulnérables”. Avant de revenir sur les critiques relatives au détail des mesures.

Sur la supposée lenteur de la réponse européenne, elle a ainsi appelé le Parlement européen à prendre ses responsabilités : “Vous avez fait des choses phénoménales avec le certificat numérique Covid. Faites-le à nouveau avec RepowerEU, car vous appelez à juste titre à investir dans les énergies renouvelables et dans des projets transfrontaliers. Voici plus de 300 milliards d’euros qui pourraient être investis dans des projets transfrontaliers”.

La stratégie européenne consiste à : économiser de l’énergie, remplacer le gaz russe par d’autres hydrocarbures, promouvoir les énergies renouvelables et investir dans de nouvelles infrastructures comme des terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Pour la présidente de la Commission européenne, RepowerEU répond ainsi à la plupart des attentes formulées par les groupes politiques.

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