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Discours sur l’état de l’Union : à Paris aussi, on a écouté Ursula von der Leyen

La présidente de la Commission européenne a donné son discours sur l'état de l'Union depuis le Parlement européen à Strasbourg ce mercredi 14 septembre. Réactions à Paris, où une quarantaine de personnes ont suivi Ursula von der Leyen dans les locaux d'Europa Expérience, un lieu d'exposition immersif sur l'UE.

Des représentants de la société civile française étaient réunis à l'invitation de la Commission et du Parlement européen
Des représentants de la société civile française étaient réunis à l’invitation de la Commission et du Parlement européen - Crédits : Toute l’Europe

De Strasbourg à Paris. Retransmis en direct à Europa Expérience, dans le 8e arrondissement de la capitale française, le discours sur l’état de l’Union prononcé par Ursula von der Leyen le 14 septembre a donné lieu à un moment d’échanges entre une quarantaine de personnes. Déjà sensibilisés aux questions européennes, des représentants de l’institut Jacques Delors, du Conseil économique, social et environnemental (CESE), des Restos du coeur, du Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN) ou encore des Jeunes Européens ont réagi à cet événement de la rentrée politique de l’UE.

Un message de “cohésion

Profondeur historique”, “positif”, “chaleureuse”… Les premières impressions partagées par les participants à l’issue du débat laissent un goût d’optimisme pour l’avenir du continent. Car les initiatives lancées par la Commission sont aussi nombreuses que les défis auxquels doivent faire face les Européens. Aide aux écoles ukrainiennes, réforme du marché européen de l’électricité, 2023 proclamée “année européenne des qualifications”… Ursula von der Leyen a multiplié les annonces dans une allocution marquée par les conséquences encore chaudes de la pandémie de Covid-19 et celles de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Le discours de la présidente de l’exécutif européen “a montré ce que l’Union européenne avait réalisé pour faire face à la pandémie”, a pour sa part retenu Elvire Fabry, spécialiste de la politique commerciale à l’institut Jacques Delors. “Elle a porté un message de cohésion au moment où il y a des tiraillements entre les Vingt-Sept et au sein des Etats membres”.

C’est ce qui a frappé Anna Drettakis, déléguée générale de la branche française des Jeunes Européens : “oui, il y a de l’optimisme, mais de nombreuses urgences ont été évoquées par Ursula von der Leyen comme la guerre en Europe ou la crise climatique”. Deux défis qui appellent à développer les “solidarités” entre les pays selon la responsable, qui considère aussi que la lutte contre le changement climatique est un levier de participation des jeunes à la vie politique. “C’est l’urgence numéro 1″, a insisté Anna Drettakis.

Lever les dépendances de l’Europe

Dans un contexte de hausse des prix dans l’UE, la guerre en Ukraine comme le changement climatique appellent les Européens à “lever leurs dépendances” à l’égard du reste du monde, a résumé Valérie Drezet-Humez, cheffe de la Représentation de la Commission en France. Un mouvement déjà amorcé concernant les énergies fossiles, comme l’a souligné Ursula von der Leyen. 40 % des importations de gaz dans l’UE provenaient de Russie avant le début du conflit, contre seulement 9 % aujourd’hui. “Nous avons été capables de le faire et l’Union européenne continuera à avancer”, a martelé Mme Drezet-Humez.

L’hydrogène est un des moyens de parvenir à améliorer l’autonomie énergétique de l’UE, selon la présidente de la Commission. Elle a annoncé ce matin vouloir créer une banque de l’hydrogène pour investir 3 milliards d’euros afin d’aider à construire ce futur marché encore de niche. Florian Hugonnet, représentant le bureau de Paris de la Banque européenne d’investissement (BEI) a rappelé de son côté que l’institution financière détenue par les Etats membres finançait déjà des projets liés à cette énergie d’avenir et a appelé à ce que la BEI soit associée au nouveau projet de l’exécutif européen.

Plusieurs personnes ont toutefois regretté que le discours d’Ursula von der Leyen souligne en particulier les conséquences de l’inflation et de la crise énergétique sur les entreprises plutôt que sur les ménages. Concernant le soutien aux consommateurs, “la déclaration d’intention est là, mais il n’y a pas de nouvelles mesures précises pour une transition écologique socialement juste”, a soufflé une représentante du Conseil économique, social et environnemental.

Quel avenir pour l’Union européenne ?

D’aucuns craignaient par ailleurs que les résultats de la Conférence sur l’avenir de l’Europe restent lettre morte. La convocation d’une Convention pour éventuellement modifier les traités européens, une des annonces d’Ursula von der Leyen dans la matinée, a pu rassurer les plus pessimistes. “Nous serons attentifs sur la manière avec laquelle les propositions citoyennes sont mises en œuvre”, a prévenu Anna Drettakis.

Nombre de participants ont aussi salué deux éléments importants du discours de rentrée de la cheffe de l’exécutif européen : une initiative pour la santé mentale – proposition issue de la Conférence sur l’avenir de l’Europe – et la vocation européenne des pays candidats à l’adhésion.

Des questions restent encore sans réponses. Quelle réforme à long terme du marché européen de l’électricité ? Quelles modifications des règles budgétaires du Pacte de stabilité ? Quelles perspectives pour un changement des traités ? Autant de chantiers ouverts – au moins en partie – par la Commission von der Leyen et dont les prochains développements seront scrutés de près, à Paris comme à Strasbourg et partout ailleurs en Europe.

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