Derniers articles publiés

Mur de Berlin : 20 définitions à connaître

Synthèse 04.11.2019

Ostalgie, perestroika, Stasi… petit dictionnaire des mots-clés liés au mur de Berlin et à la Guerre froide.

Les habitants de Berlin participant à la destruction du Mur, en 1989 - Crédits : Flickr Thiémard horlogerie / CC BY-SA 2.0

Les habitants de Berlin participant à la destruction du Mur, en 1989 - Crédits : Flickr Thiémard horlogerie / CC BY-SA 2.0

Pour en savoir plus sur le mur de Berlin lui-même, voir cet article.

 

Bloc de l'Est

Le bloc de l'Est est, au cours de la guerre froide, composé de l'Union soviétique et de ses Etats satellites  : Albanie, Allemagne de l'Est (ou RDA), Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie et Yougoslavie.

Par opposition au bloc de l'Ouest, libéral et démocratique, le bloc de l'Est se caractérise par des pays où les institutions sont sous contrôle du parti communiste, souvent parti unique, où l'économie est planifiée et centralisée et où la plupart des libertés politiques sont réprimées.

L'URSS exerce, dans la plupart de ces Etats des pressions et une domination importante (exceptés la Yougoslavie à partir de 1948, l'Albanie et dans une moindre mesure la Roumanie à partir des années 1960), à travers des institutions comme le Pacte de Varsovie (alliance militaire du bloc), le Comecon (alliance économique du bloc) ou le Kominform (bureau de contrôle des partis communistes des Etats de l'Est).

[Retour au sommaire de la page]

Blocus de Berlin

Première grande crise de la guerre froide, le blocus de Berlin a lieu du 24 juin 1948 au 12 mai 1949. Durant cette période, le régime soviétique, en tension avec les puissances occidentales, décide de couper les accès des trois autres pays administrant l'Allemagne (les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni) à leurs zones d'occupation de la ville de Berlin, enclavées au sein d'une plus grande région administrée par l'URSS.

Cette décision vise à terme, pour les Soviétiques, à prendre le contrôle du reste de la ville. Elle intervient en représailles du rapprochement des occidentaux à travers le Plan Marshall, les discussions sur la constitution d'un Etat fédéral ouest-allemand et la mise en place d'une monnaie commune aux trois zones d'occupation, détachant de fait la zone d'occupation soviétique du reste du pays.

Durant dix mois, les garnisons en poste à Berlin-Ouest et la population de la ville ont été ravitaillées par un pont aérien mis en place par les Occidentaux de manière à contourner le blocus de l'URSS. Le 12 mai 1949, l'URSS lève le blocus, reconnaissant ainsi son échec.

[Retour au sommaire de la page]

Checkpoint Charlie

Ce lieu est le point de contrôle mis en place entre les "deux Berlin" et devient, avant même la création de la RFA et de la RDA, le point de passage principal des diplomates et officiels des différents pays entre les deux zones.

Au cours de la guerre froide et en particulier avec l'édification du Mur de Berlin, Checkpoint Charlie est l'objet de nombreuses tensions : en 1961, des chars occidentaux et soviétiques s'y font face plusieurs heures durant, mettant en lumière les risques de guerre entre les deux blocs.

Il est aujourd'hui devenu l'un des symboles de la frontière entre les deux Allemagne, de nombreux citoyens est-allemands ayant à l'époque essayé (avec ou sans succès) de franchir la frontière. Il abrite aujourd'hui un musée du Mur de Berlin.

Les chars américains, alignés face aux chars soviétiques à Checkpoint Charlie en 1961 - Crédits : Flickr Wilhelm Rosenkranz CC BY 2.0

Les chars américains, alignés face aux chars soviétiques à Checkpoint Charlie en 1961 - Crédits : Flickr Wilhelm Rosenkranz CC BY 2.0

[Retour au sommaire de la page]

Démocraties populaires

Cette expression désigne les régimes des pays d'Europe de l'Est qui, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, passent sous domination de l'URSS. Ces pays adoptent alors les principes politiques du communisme, en mettant en place des institutions fondées sur l'économie socialiste planifiée, la répression politique et le contrôle de la population par les organes du parti communiste.

Sous forte influence de l'URSS pendant quarante ans, ces pays ne disposent alors que d'une marge de manœuvre limitée dans leurs réformes. Leurs régimes sont alors officiellement appelés "démocraties populaires", bien que le caractère démocratique de leurs institutions ne soit souvent qu'une façade. Les démocraties populaires s'opposent au démocraties libérales de l'Ouest, en ce qu'elles fondent leur doctrine sur l'idéologie communiste de révolution populaire et prolétaire, par opposition aux démocraties libérales qui fondent leur raison d'être sur la garantie des libertés politiques et économiques.

[Retour au sommaire de la page]

Doctrine Brejnev

Leonid Brejnev dirige l'URSS de 1964 à 1982. Pendant ses années au pouvoir, il renforce l'idéologie communiste au sein de l'URSS, par opposition à la relative libéralisation du régime sous son prédécesseur Krouchtchev.

Cherchant à renforcer les liens avec les Etats socialistes d'Europe de l'Est, afin de structurer un bloc de l'Est idéologiquement uni et résilient face au bloc occidental, il formule une doctrine prônant une souveraineté limitée pour les États satellites de l'URSS. Il exige une conformité des politiques de ces Etats au communisme et aux décisions prises à Moscou. En politique étrangère, la doctrine Brejnev permet de justifier a posteriori l'intervention de 1968 à Prague, dont l'objectif est de recentrer le régime tchécoslovaque sur la ligne politique orthodoxe soviétique.

Elle est abandonnée par Mikhaïl Gorbatchev qui, dès son accession au pouvoir en 1985, mène une politique de non-intervention envers ces Etats, consentant à leurs ouvertures politiques progressives.

[Retour au sommaire de la page]

Frontière austro-hongroise

L'Autriche ayant proclamé sa neutralité en 1955, le pays constitue de facto un potentiel point de fuite pour les citoyens du bloc de l'Est au cours de la guerre froide. Une frontière "dure" est ainsi mise en place entre l'Autriche et ses voisins, dont la Hongrie, à l'identique du reste du rideau de fer ailleurs en Europe.

En mars 1989, le nouveau Premier ministre hongrois Miklós Németh, réformateur, prend acte du retrait progressif du contrôle soviétique sur les Etats du bloc de l'Est. Il organise alors le démantèlement d'une portion de la frontière avec l'Autriche, dans le but de "tester" la réaction de l'URSS.

Constatant l'absence de sanctions de Moscou, il donne l'autorisation aux citoyens de circuler, impulsant un exode massif des citoyens est-allemands par la Hongrie et l'Autriche pour rejoindre l'Ouest.

[Retour au sommaire de la page]

Glasnost

La Glasnost est le nom donné à la politique de libéralisation politique introduite par le dirigeant de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev en 1985. Cette nouvelle politique permet une liberté d'association et d'expression accrue, et réduit considérablement la répression politique avec la fermeture de goulags.

Gorbatchev abandonne également une part importante du roman national, en dénonçant publiquement les crimes de l'ère stalinienne ou en permettant l'émergence de mouvements nationalistes non russes au sein de l'URSS.

[Retour au sommaire de la page]

Ostalgie

L'Ostalgie correspond au phénomène particulier ayant gagné l’ancienne RDA, et plusieurs pays de l'ancien bloc de l'Est. De l'allemand Osten signifiant "Est", ce terme définit depuis la chute du Mur la nostalgie du temps de l’ère soviétique.

Il apparaît chez les personnes ayant vécu la transition au libéralisme comme une perte de repères, notamment due à la fin du paternalisme d'Etat, du nationalisme socialiste propre aux démocraties populaires, et au changement de modèle économique vers un modèle capitaliste, internationalisé. Parmi les symboles de l'Ostalgie, on trouve la nostalgie de produits de consommation de l'ex-RDA, comme l'iconique voiture Trabant.

Musée de la Trabant à Berlin, marque de l'Ostalgie - Crédits : Flickr S Kaya CC BY-NC-ND 2.0

Musée de la Trabant à Berlin, marque de l'Ostalgie - Crédits : Flickr S Kaya CC BY-NC-ND 2.0

[Retour au sommaire de la page]

Ostpolitik

L'Ostpolitik (qui signifie en allemand "politique de/vers l'Est") est un terme désignant la nouvelle politique étrangère de Willy Brandt, chancelier de l'Allemagne de l'Ouest, décidée le 28 octobre 1969 afin de mettre en place le rapprochement et la détente entre l'Allemagne de l'Ouest, l'Union Soviétique et ses alliés du Pacte de Varsovie.

[Retour au sommaire de la page]

Pacte de Varsovie

Etabli en 1955 en réponse à la création de l'OTAN du côté occidental six ans plus tôt, le Pacte de Varsovie est censé garantir une protection et une assistance mutuelle des Etats du bloc de l'Est en cas d'agression extérieure. A compter de la Révolution hongroise de 1956 et de la répression du Printemps de Prague en 1968, il apparaît de plus en plus clair que l'alliance militaire, dominée par l'URSS, est également un outil de maintien de l'ordre communiste établi à l'intérieur même du Bloc.

[Retour au sommaire de la page]

Perestroïka

La perestroïka correspond à la restructuration en URSS de la vie économique et politique, préconisée et mise en œuvre d'avril 1985 à décembre 1991 par Mikhaïl Gorbatchev. Elle consiste en une autorisation modérée de l'entrepreneuriat, une rationalisation économique des entreprises d'Etat et une décentralisation de la politique économique. Elle s'accompagne en outre du développement de la communication et de la transparence (glasnost).

[Retour au sommaire de la page]

Printemps de Prague

Le Printemps de Prague est une période de l’histoire de la Tchécoslovaquie durant laquelle le parti communiste tchécoslovaque cherche à mettre en place un "Socialisme à visage humain", avec une relative libéralisation : liberté de la presse, d’expression et de circulation dans la vie politique, décentralisation de l’économie...

Il débute en janvier 1968 avec l'arrivée au pouvoir du réformateur Alexander Dubček et s’achève le 21 août avec l’invasion du pays par les troupes du Pacte de Varsovie. Seule la nouvelle constitution, qui reconnait l'égalité des nations tchèque et slovaque au sein d'une république désormais fédérale, survivra à l’intervention soviétique.

[Retour au sommaire de la page]

RDA

La République démocratique allemande, aussi connue sous le nom d'Allemagne de l'Est, est l'Etat formé en 1949 sur la base des frontières de la zone d'occupation soviétique en Allemagne d'après-guerre.

Le pays est une démocratie populaire et possède un fonctionnement basé sur la domination du Parti socialiste unifié (SED) au sein des institutions. Il possède une police politique qui réprime la dissidence politique, et met en place une économie socialiste étatisée et planifiée.

En son cœur, l'enclave de Berlin-Ouest est administrée par le gouvernement de la RFA. Redoutant une potentielle fuite de ses citoyens vers l'Ouest, le gouvernement de RDA y met en place une frontière dure dès 1961, le Mur.

[Retour au sommaire de la page]

RFA

La République fédérale d'Allemagne, aussi connue sous le nom d'Allemagne de l'Ouest, résulte de la fusion au sein d'un seul Etat des trois zones d'occupations occidentales (française, américaine et britannique), à l'Ouest de l'Allemagne, en 1949. Construite sur un modèle fédéral, la RFA est intégrée au bloc occidental, rejoint l'OTAN en 1955 et met en place un régime démocratique et une économie de marché.

[Retour au sommaire de la page]

Réunification

Après la chute du Mur de Berlin, l'ouverture démocratique de la RDA et le rétablissement de la libre circulation des citoyens allemands, le chancelier Helmut Kohl négocie avec son homologue est-allemand Lothar de Maizière un traité de réunification.

Ce traité, signé en septembre 1990, met fin à l'existence de la RDA et intègre ses territoires à l'appareil institutionnel de la RFA. En vigueur le 3 octobre 1990, depuis jour de la fête nationale allemande, il permet à l'Allemagne de redevenir un Etat unique.

Rassemblement populaire devant le Bundestag, le 3 octobre 1990, jour de la réunification - Crédits : Peer Grimm / Wikimedia Commons CC-BY-SA 3.0

Rassemblement populaire devant le Bundestag, le 3 octobre 1990, jour de la réunification - Crédits : Peer Grimm / Wikimedia Commons CC-BY-SA 3.0

[Retour au sommaire de la page]

Rideau de fer

Cette expression, utilisée en 1918 par l'écrivain russe Vassili Rozanov pour décrire l'isolement de la Russie après la Révolution d'Octobre, est reprise en 1946 dans un discours du Premier ministre britannique Winston Churchill.

Métaphore de la barrière idéologique s'installant en Europe aux débuts de la guerre froide entre régimes "populaires" sous influence soviétique et Etats libéraux occidentaux, le terme s'est matérialisé sous la forme de frontières physiques entre les pays des deux blocs.

Sur plusieurs milliers de kilomètres, des clôtures électrifiées, champs de mines, murs en béton et miradors, furent élevés par les régimes socialistes afin de contenir leur population et d'éviter leur fuite vers l'Ouest. Le Mur de Berlin constitue sans doute la portion la plus célèbre de ce dispositif.

[Retour au sommaire de la page]

SED

Le Parti socialiste unifié d’Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED) est le principal parti politique de la République démocratique allemande (RDA). Il était parfois désigné dans le langage courant sous les termes de Parti communiste est-allemand ou Parti communiste d'Allemagne de l'Est. Issu de la fusion forcée du Parti social-démocrate (SPD) et du Parti communiste (KPD) en avril 1946, sa domination est inscrite dans la constitution de 1968.

Dénommé Parti du socialisme démocratique (PDS) après la chute du Mur, il entame une nouvelle ère en se positionnant à gauche du SPD. Il fusionne en 2007 avec un autre parti de gauche pour former Die Linke.

[Retour au sommaire de la page]

Solidarność

Solidarność ("Solidarité" en polonais) est une fédération de syndicats polonais fondée le 31 août 1980, dirigée à l'origine par Lech Wałęsa. Dans les années 1980, ce mouvement joue un rôle clé dans l'opposition au régime de la République populaire de Pologne.

En 1989, Tadeusz Mazowiecki, membre de Solidarność, devient Premier ministre de la Pologne et premier chef de gouvernement non-communiste de la nouvelle République polonaise.

Lech Wałęsa, leader de Solidarność, en 1980 - Crédits : Giedymin Jabłoński / Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

Lech Wałęsa, leader de Solidarność, en 1980 - Crédits : Giedymin Jabłoński / Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

[Retour au sommaire de la page]

Stasi

La Stasi est le nom du ministère de la Sécurité d’État (Ministerium für Staatssicherheit, MfS). Elle incarne le service de police politique, de renseignements, d'espionnage et de contre-espionnage du régime communiste de la République démocratique allemande (RDA).

Créée le 8 février 1950, la Stasi est souvent désignée comme "bouclier et épée du parti" (Schild und Schwert der Partei) par la propagande du régime.

[Retour au sommaire de la page]

Union soviétique

Fondée en 1922 à la suite de la prise de pouvoir des communistes lors de la Révolution d'octobre de 1917, l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS, Union Soviétique en forme courte) constitue l'une des deux superpuissances de la seconde moitié du vingtième siècle.

Basée sur un modèle communiste, où le parti unique contrôle tous les aspects de la vie politique, l'URSS est un Etat totalitaire mettant en œuvre une intense répression politique, par l'intermédiaire du KGB, son service d'espionnage.

Au cours de la guerre froide, elle s'oppose au bloc occidental dominé par les Etats-Unis, et étend son influence au sein du bloc de l'Est à travers la mise en place de régimes communistes dans la plupart des Etats d'Europe de l'Est, qu'elle domine.

Au cours des années 1980, le pays connaît un fort déclin économique, met en place des réformes démocratiques et met fin à la politique d'intervention dans les pays membres du Pacte de Varsovie (doctrine Brejnev).

Qu'est-ce que le mur de Berlin ?