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Appel de Tartu pour un "mode de vie sain" : quel bilan deux ans après ?

Actualité 06.11.2019 En partenariat avec Edenred

En 2017, trois commissaires européens ont proposé, en ouverture de la Semaine européenne du sport à Tartu (Estonie), 15 mesures pour lutter contre les mauvaises habitudes alimentaires et l'inactivité physique. Deux ans après, ils dressent le bilan de leurs actions et enjoignent la prochaine Commission à poursuivre les travaux engagés.

Santé : quel bilan deux ans après l'appel de Tartu ?

Tibor Navracsics, commissaire européen chargé de l'éducation, de la culture, de la jeunesse et du sport, lors de l'événement "Appel de Tartu pour un mode de vie sain : Où en sommes-nous deux ans plus tard ?" le 19 juin 2019 à Bruxelles. Crédits : Commission européenne

"Un problème de société majeur"

Augmenter le budget pour les projets encourageant l'activité physique, promouvoir des habitudes de vie saine auprès des enfants et des jeunes ou encore améliorer la collecte de données sur les indicateurs de santé… voici quelques-unes des 15 pistes formulées par les commissaires européens Tibor Navracsics (éducation, culture, jeunesse et sport), Vytenis Andriukaitis (santé et sécurité alimentaire) et Phil Hogan (agriculture et développement rural) en septembre 2017, lors du lancement de la Semaine européenne du sport dans la ville estonienne de Tartu.

"L'inactivité physique, un mode de vie sédentaire et une alimentation malsaine représentent un problème de société majeur en Europe"

L'appel part du constat que "l'inactivité physique, un mode de vie sédentaire et une alimentation malsaine représentent un problème de société majeur en Europe". Et souligne leurs "conséquences négatives sur la santé et le bien-être des individus, ainsi que sur l'économie et les systèmes de santé". A l'inverse, notent alors les trois commissaires, une alimentation saine et la pratique régulière d'une activité physique contribuent à un "mode de vie sain" qu'ils souhaitent encourager. 

En matière de santé et de sport, les compétences de l'Union européenne sont limitées (compétences d'appui). La Commission européenne ne peut pas, par exemple, proposer d'harmoniser la législation des Etats membres dans ces domaines. Mais elle a la capacité d'appuyer, de coordonner ou de compléter leur action. C'est donc à travers le financement de projets, la sensibilisation du public et l'amélioration des connaissances qu'elle préfère aborder ces sujets.

Conférence : Développer une approche globale de la politique de santé

Le programme FOOD certifié "meilleure pratique" par la Commission européenne

Le 19 juin, la Commission européenne a de nouveau reconnu le programme FOOD comme l'une des meilleures pratiques de promotion de la santé en Europe. Lancée en 2008 par le groupe Edenred, cette initiative propose de lutter contre les conséquences d'une mauvaise alimentation en agissant sur les canaux complémentaires de l’offre et la demande. A travers des axes de communication novateurs, elle promeut l'équilibre alimentaire dans les restaurants et auprès des salariés.

Le programme FOOD regroupe un consortium de partenaires publics-privés composé d'experts en santé publique, nutrition et communication de dix pays européens, dont la France.

 

Quels progrès ?

La feuille de route de l'appel de Tartu prévoyait l'organisation d'un séminaire, au cours du deuxième semestre de l'année 2019, pour évaluer les progrès accomplis. Un rendez-vous honoré avec une légère avance en juin dernier lors d'un séminaire à Bruxelles sur le "mode de vie sain", au cours duquel la Commission a dressé le bilan des actions menées en deux ans.

"Les fonds de l'Union destinés à promouvoir des modes de vie sains ont régulièrement augmenté dans tous les secteurs"

Tout d'abord, "les fonds de l'Union destinés à promouvoir des modes de vie sains ont régulièrement augmenté dans tous les secteurs", se félicite-t-elle. Et notamment dans le cadre du volet "Sport" du programme Erasmus+, principal outil européen de financement des activités sportives : 10,7 millions d'euros ont ainsi été prévus pour les projets encourageant l'activité physique en 2019, contre 6 millions d'euros en 2017. Une augmentation conséquente, supérieure à celle du budget pour l'ensemble du programme européen de mobilité (+50% entre 2017 et 2019). L'exécutif européen propose d'ailleurs de doubler le budget alloué au sport dans le futur cadre financier pluriannuel, actuellement en négociations pour la période 2021-2027. Dans un autre registre, il se réjouit que l'Institut européen d'innovation et de technologie, organe européen indépendant, ait consacré des fonds plus importants à la thématique des modes de vie sains en 2019.

L'appel de Tartu vise également à améliorer la sensibilisation du public et la promotion d'actions. Entre autres exemples : la Semaine européenne du sport, qui a lieu chaque année du 23 au 30 septembre, le programme européen de distribution de fruits et légumes et de lait dans les écoles, renouvelé en 2017, ou encore le Salon International de l'Agriculture… Opération de nouveau réussie selon la Commission européenne, qui indique que la Semaine européenne du sport inclut désormais la promotion des modes de vie sains. Que certains États membres ont fait le choix de fournir aux écoles des produits laitiers uniquement sans sucre ajouté. Ou encore qu'une "boîte à outils à l'usage des enseignants" a été créée pour améliorer la sensibilisation des jeunes Européens.

Enfin, l'exécutif se félicite de l'amélioration en cours des connaissances sur le sujet. En collaboration avec l'organisation mondiale de la santé (OMS), des fiches ont été publiées avec, pour chaque pays de l'Union européenne, des informations sur les niveaux d'activité physique et les politiques de promotion. La Commission européenne invite ainsi les décideurs politiques à "s'appuyer sur [c]es preuves solides pour encourager un plus grand nombre de personnes à être actives"

Quel commissaire pour le sport ?

L'entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen est prévue le 1er décembre 2019. Les questions relatives au sport devraient revenir à la Bulgare Mariya Gabriel, future commissaire responsable de l'Innovation et de la Jeunesse.

Si le programme en la matière reste à préciser, la présidente souhaite que Mme Gabriel fasse "la promotion du sport comme outil d'inclusion et de bien-être". "Dans ce cadre, vous devriez augmenter le nombre de prix sportifs 'BeInclusive' [qui récompensent les projets sportifs visant l'inclusion sociale] et développer davantage la Semaine européenne du sport, qui a connu un grand succès, afin d'aider davantage de personnes à devenir plus actives", indique sa lettre de mission.