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La France dans l'Union européenne

Synthèse 22.08.2019 Vincent Lequeux

Quel est le poids de la France dans le monde et au sein de l'Union européenne ? Quel rôle joue-t-elle dans la construction européenne ? Comment est-elle représentée auprès des institutions européennes ? L'essentiel sur la question en 3 minutes.

La France dans l'Union européenne

La France, puissance mondiale et européenne

La France est, devant l'Espagne et la Suède, le pays le plus étendu d’Europe occidentale. Sa superficie est de 633 000 km2 (550 000 km2 pour la seule France métropolitaine), ce qui représente près de 15% du territoire de l'UE.

Sur le continent européen, la France a des frontières communes avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, l’Espagne et possède une double ouverture maritime, à l'ouest sur la mer du Nord, la Manche et l’océan Atlantique, et au sud sur la mer Méditerranée.

Carte simplifiée de la France métropolitaine

 

Avec 67 millions d'habitants en 2019, elle représente moins de 1% de la population mondiale et 13% de la population de l'Union européenne (513 millions d'habitants). Elle se classe ainsi au 20e rang mondial des pays les plus peuplés, et au 2e rang européen, derrière l'Allemagne.

Lieu de transit entre le nord et le sud du continent, la France est reliée à ses voisins européens par un important réseau de transports aérien, routier et ferroviaire. Elle effectue l’essentiel de ses échanges commerciaux avec les autres Etats membres de l'UE.

Première destination touristique du monde en 2018, et première puissance agricole de l'Union européenne, la France dispose d'une industrie performante dans plusieurs secteurs (automobile, aérospatial, pharmacie, pétrochimie).

Sixième puissance économique mondiale en 2018 (selon la Banque mondiale) et troisième européenne (après l'Allemagne et le Royaume-Uni), son produit intérieur brut (PIB) est estimé à 2 777 milliards de dollars.

Elle fait ainsi partie des principales puissances économiques du monde, regroupées au sein du G7. En termes de PIB par habitant et d'indice de développement humain, elle se classe à la 24e place mondiale et à la 11e place de l'UE. 

En 2018, l'économie française croît de 1,7 % par rapport à l'année précédente. En mai 2019, le taux de chômage retombe à 8,6 % de la population active, mais ce taux est encore le quatrième le plus élevé de l'UE. La dette publique française atteint quant à elle 99,7 % du PIB à la fin du premier trimestre 2019, pour un déficit public de 2,5 % du PIB en 2018.

Enfin, la France est une importante puissance diplomatique et militaire. Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU (un privilège qu'elle partage avec le Royaume-Uni au sein de l'Union européenne), elle fait partie des neuf puissances nucléaires du monde.

Grâce à l'étendue de ses territoires d'Outre-mer, et en particulier grâce à la Polynésie française, elle représente la seconde puissance maritime au monde. La base spatiale de Kourou, en Guyane, est également le centre de lancement de la fusée européenne Ariane.

En raison de son histoire coloniale, la France conserve également une influence en Afrique, qui transparaît notamment dans le poids de la francophonie (3% de la population mondiale sur les cinq continents).

En 2018, une étude estime que la France serait le deuxième pays le plus influent au monde en matière de "soft power", un indicateur qui estime sa capacité à convaincre et à influencer par des moyens non coercitifs (gastronomie, culture, numérique…).

 

La France avec l'ensemble des territoires d'outre-mer. Source : Wikipedia

La France avec l'ensemble des territoires d'outre-mer. Source : Wikipedia

La fiche pays de la France

Le poids de la France dans la construction européenne

La construction européenne prend une place prépondérante dans la politique étrangère française dès 1945. Le rapprochement entre la France et l’Allemagne, dont Jean Monnet, Robert Schuman et Konrad Adenauer sont les principaux artisans, aboutit à la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en 1951, autour de laquelle va se construire le projet européen.

La France joue un rôle décisif dans la fondation de la CEE (le Marché commun), née du traité de Rome (1957), mais elle freine également à plusieurs reprises l'intégration européenne. En 1954, elle repousse la création de la CED (Communauté européenne de défense), puis pratique une "politique de la chaise vide" en 1965-66, sous la présidence du général De Gaulle, pour s'opposer aux velléités fédéralistes de ses partenaires. Toutefois, l'amitié de de Gaulle avec le chancelier Adenauer facilite la coopération franco-allemande, faisant de celle-ci un "moteur" de la construction européenne. Le traité de l'Elysée scelle en 1963 la réconciliation entre les deux pays.

La France s’implique également beaucoup dans la création de l’Union européenne avec le traité de Maastricht ratifié par référendum en 1992, qui aboutit au lancement de l'euro. Plus tard, les Français refuseront le projet de traité constitutionnel lors du référendum de mai 2005, à près de 55%.

Avec le vote par référendum de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la France tente de redonner un nouveau souffle à l'Union européenne, notamment au sein du couple franco-allemand. Elu en 2017, le président Emmanuel Macron s'est déclaré favorable à une intégration européenne renforcée ainsi qu'à un approfondissement de la zone euro.

Les couples franco-allemands : ciment de la construction européenne

La représentation française au sein de l'UE

La France, comme ses partenaires européens, agit sur tous les fronts pour faire entendre sa voix et défendre ses intérêts au sein de l'Union européenne. Elle dispose pour cela d'un appareil institutionnel spécifique. Outre le président de la République et les ministres, présents au Conseil européen ou au Conseil de l'UE, c'est le Premier ministre qui dirige l'action européenne du gouvernement. Il assure la coordination interministérielle pour arrêter les positions françaises et dispose, pour ce faire, d'un Secrétariat général des affaires européennes.

Le ministre chargé des Affaires européennes (aujourd'hui Amélie de Montchalin) met en œuvre la position européenne défendue par le gouvernement français et gère la contribution française au budget européen.

La représentation permanente des intérêts français auprès des institutions européennes est assurée par une "Ambassade" auprès de l'Union européenne, la Représentation permanente de la France (RPUE), basée à Bruxelles.

Par ailleurs, les élus européens (74 eurodéputés français siègent au Parlement européen en 2019), ainsi que les élus nationaux, régionaux et locaux peuvent être amenés à jouer un rôle de représentation de la France au sein de différentes institutions.

La France dans les institutions européennes
 

Avec 23,2 milliards d'euros prévus en 2019, la France est le deuxième pays contributeur au budget de l’Union, derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni. Elle accueille le siège du Parlement européen à Strasbourg, ainsi que celui de plusieurs agences européennes dont l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF). Elle détient 74 sièges sur les 751 du Parlement européen, et 29 voix sur les 260 nécessaires à l'obtention d'une majorité qualifiée au Conseil de l'UE.

Débats et perspectives

Depuis plusieurs années, nombre d'observateurs soulignent la perte d'influence française au sein de l'Union européenne. La question a fait l'objet d'un rapport parlementaire en 2016, qui relève que la France a, ces dernières années, disparu des présidences des institutions majeures de l'Union européenne (Parlement, Conseil européen, Commission). Les derniers élargissements en sont l'une des raisons : ils ont mécaniquement réduit le poids de chaque pays mais également déplacé le centre de gravité de l'UE vers l'Est.

Par ailleurs, dans les années 2010, la mauvaise santé économique du pays a affaibli son poids diplomatique au détriment de l'Allemagne, tandis que le succès du Rassemblement national - eurosceptique, notamment lors des élections européennes de 2014 et 2019, a amoindri l'influence de la France dans les sphères de décision européennes.

70% des Français restaient néanmoins opposés à un "Frexit" en 2017, tandis que 64% d'entre eux estimaient, à la fin de l'année 2018, que leur pays bénéficiait de l'adhésion à l'Union européenne.

La situation géographique du Parlement européen fait aussi régulièrement l'objet de controverses. Son siège étant situé à Strasbourg mais l'essentiel du travail des députés ayant lieu dans le bâtiment bruxellois, ceux-ci doivent effectuer une navette entre les deux villes environ une fois par mois pour les sessions plénières. Ce qui amène certains d'entre eux à réclamer un déménagement de l'institution dans la capitale belge, une option à laquelle la France s'est toujours vivement opposée.