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[Revue de presse] Législatives en Espagne : les socialistes victorieux sans gagner

Revue de presse 12.11.2019

Les élections législatives du 10 novembre n'ont pas résolu la crise politique espagnole. Au contraire, les socialistes, arrivés premiers, se trouvent confrontés à un parlement encore plus fragmenté qu'après le scrutin d'avril dernier. Quelles alliances pourront-ils nouer pour parvenir à former un gouvernement ?

Le chef des socialistes Pedro Sánchez devra négocier avec au moins quatre partis pour former un gouvernement - Crédits :  La Moncloa - Gobierno de España / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Le chef des socialistes Pedro Sánchez devra négocier avec au moins quatre partis pour former un gouvernement - Crédits : La Moncloa - Gobierno de España / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"Il a gagné et perdu en même temps". A l'instar de La Croix, la presse analyse la victoire relative du chef de file socialiste Pedro Sánchez lors des élections législatives espagnoles du dimanche 10 novembre. Convoqués aux urnes à la suite de l'incapacité des socialistes à former un gouvernement après les dernières élections d'avril 2019, les Espagnols se sont exprimés de manière plus fragmentée que jamais.

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) reste tout de même "la première force politique en Espagne" [Le Monde]. Avec 28 % des voix, les socialistes perdent moins d'un point, ainsi que trois sièges de députés au parlement. Ils passent ainsi de 123 à 120 députés, sur un total de 350. Mais deux de leurs potentiels partenaires de coalition perdent de nombreux sièges. "La coalition de la gauche radicale Podemos chute de 42 à 35 sièges (12,8  %)", tandis que "les libéraux de Ciudadanos s’effondrent, de 57 à seulement 10 députés (6,8  %)", rapporte Le Monde.

"L’incapacité des socialistes et de Podemos à se mettre d’accord pour former un gouvernement, lors de la précédente législature, a démobilisé la gauche", analyse le quotidien. Ce qui a profité à la droite : "le Parti populaire (PP, droite) remonte, de 66 à 88 sièges (20,8  %)", alors qu'"avec plus de 3,5 millions de votes et 15  % des voix, Vox [extrême droite] passe de 24 à 52 sièges au Parlement espagnol" [Le Monde].

"Alors que la participation a légèrement chuté (- 4 % par rapport au scrutin d’avril), le blocage espagnol s’est confirmé. Voire accru", analyse Libération.

"Gouverner, mais avec qui ?"

Passée l'annonce des résultats, l'objectif pour l'Espagne est de retrouver un gouvernement stable, "après quatre élections en quatre ans" [La Croix]. Mais "les résultats des élections ne dégagent finalement aucune majorité claire", selon Le Monde. Et pour cause : "ni un bloc de gauche (PSOE, Podemos et sa liste dissidente Mas Pais) ni une alliance des droites (PP, Vox et Ciudadanos) n’atteignent la majorité absolue de 176 sièges sur 350" [Le Monde].

"Gouverner, mais avec qui ? C'est la question qui se pose pour le socialiste Pedro Sánchez", avancent Les Echos. En effet, l'actuel Premier ministre (en affaires courantes) pourrait obtenir un mandat pour former un gouvernement en sa qualité de vainqueur, mais "aurai[t] besoin pour gouverner du soutien d’au moins quatre partis" [Le Monde]. Le parti de gauche radicale Podemos n'a pas hésité à faire de premières propositions à travers son chef de file Pablo Iglesias. Ce dernier a ainsi proposé à Pedro Sánchez de "négocier 'sur la base des articles sociaux de la Constitution' un accord pour un 'gouvernement de coalition proportionnel aux résultats obtenus par chaque parti'" [Le Monde].

Une alliance entre le PSOE et le PP est également évoquée par la presse. "Pour l'analyste Cristobal Herrera, directeur des affaires publiques du cabinet de consultants Llorente y Cuenca, l'hypothèse la plus probable pourrait être la constitution d'un pacte avec les conservateurs du Parti populaire", rapportent Les Echos. Tandis qu'"une autre solution pourrait venir d’une abstention du Parti Populaire à l’Assemblée" qui permettrait la mise en place d'un gouvernement socialiste minoritaire [La Croix].

Effondrement de Ciudadanos et percée de l'extrême droite

La recomposition des forces à droite joue beaucoup sur ce nouveau blocage. Avec son positionnement au centre droit, Ciudadanos "aurait pu être la solution pour former un gouvernement stable avec les socialistes à l’issue du précédent scrutin", rapporte Le Monde. Mais le parti "s’est montré une force inutile pour former un gouvernement, du fait des ambitions personnelles de son leader", selon la politologue Astrid Barrio, interrogée par le quotidien. Au lendemain des élections, le dirigeant du parti Albert Rivera a reconnu sa défaite en démissionnant à la fois de la présidence du parti et de son siège de député.

Déçus de Ciudadanos, nombre de ses électeurs sont ainsi "retournés vers le traditionnel Parti populaire, d’autres – et ils seraient nombreux selon les sondages – ont préféré le discours autoritaire et tranchant du jeune parti d’extrême droite Vox qui est devenu la troisième force politique du pays", analyse RFI. "Vox, formation ultranationaliste et anti-immigration fondée il y a cinq ans […] devient la troisième force politique d’un pays où l’extrême droite était, avant son irruption, marginale depuis la fin de la dictature de Franco", relate Le Monde. "Vox doit en partie son succès à la manière forte qu’il recommande face aux indépendantistes en Catalogne", dont "l’interdiction des partis séparatistes, la suspension de l’autonomie de la région et l’arrestation de son président, l’indépendantiste Quim Torra", précise La Croix.

Montée des régionalistes

La question catalane, particulièrement présente au cours de la campagne des législatives, semble bien avoir influencé le vote, puisque paradoxalement, "de manière générale, les partis régionalistes sont renforcés" eux aussi [Le Monde]. Plusieurs petits partis font leur entrée au parlement, tels que le "parti d’extrême gauche, anarcho-indépendantiste et eurosceptique catalan Candidature d’unité populaire", les indépendantistes du Bloc national galicien ou encore le "mouvement contre le dépeuplement rural Teruel existe" [Le Monde]. Les indépendantistes basques d'extrême gauche d'EH Bildu, les nationalistes basques modérés du PNV et les sécessionnistes catalans d’Ensemble pour la Catalogne ont également gagné des sièges à l'issue du scrutin.

Parallèlement, la crise en Catalogne connaît de nouveaux rebondissements. Lundi 11 novembre, "des centaines d'indépendantistes catalans ont occupé les voies" de l'autoroute reliant l'Espagne à la France, "pour une nouvelle protestation contre la condamnation de leurs dirigeants", rapporte La Croix (avec l'AFP).

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