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[Revue de presse] Economie : l'Europe se dirige vers une croissance "molle"

Revue de presse 08.11.2019

Selon les dernières prévisions économiques de la Commission européenne, présentées jeudi 7 novembre, la croissance européenne devrait ralentir dans les années à venir. En cause, un environnement international défavorable, mais également une absence de coordination budgétaire entre les Etats membres.

Le commissaire aux Affaires économiques, le français Pierre Moscovici, et le vice-président de la Commission en charge de l'Euro et du dialogue social, Valdis Dombrovskis, le 19 décembre 2018 à Bruxelles - Crédits : Basia Pawlik / Commission européenne

Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, et le vice-président de la Commission en charge de l'Euro et du dialogue social, Valdis Dombrovskis, le 19 décembre 2018 à Bruxelles - Crédits : Basia Pawlik / Commission européenne

"Le pire devrait être évité", estime Le Monde. "L’économie européenne connaît sa septième année consécutive de croissance et devrait encore croître en 2020 et 2021", prévoit la Commission européenne [La Croix].

Ces prévisions de croissance viennent néanmoins d'être revues à la baisse par Bruxelles et par le Fonds monétaire international (FMI). En cause : "un environnement extérieur 'beaucoup moins favorable'", explique L'Express avec l'AFP. Et pour faire face à ce ralentissement extérieur, certains Etats-membres ont été appelés, jeudi 7 novembre, à faire "davantage d'efforts" par le commissaire européen aux Affaires économiques, le Français Pierre Moscovici [Challenges avec l'AFP].

L'économie européenne au ralenti

"Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mercredi [6 novembre] avoir revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro", détaille Le Figaro avec Reuters. Le lendemain, ce constat de l'institution newyorkaise a été partagé à Bruxelles, où la Commission européenne "prévoit désormais une croissance de 1,1 % du PIB en 2019, contre 1,2 % lors de ses prévisions d'été, puis 1,2 % en 2020, contre 1,4 % précédemment", rapporte L'Express.

Ainsi, au moins jusqu'en 2021, l'économie européenne "ne devrait pas tomber en récession", observe Le Monde. Mais "un rebond n'aura probablement pas lieu" dans un futur prévisible, selon Pierre Moscovici [Les Echos]. "Le ralentissement européen devrait se ressentir tant sur l’inflation, qui va ralentir à 1,2 % cette année et l’an prochain, loin des 2 % visés par la BCE", ajoute Le Figaro.

Les raisons de cette "période prolongée de moindre croissance" [La Croix] sont principalement externes à l'UE. Hormis le Brexit et "la faiblesse persistante du secteur manufacturier", l'Union pourrait avoir à faire face à un "ralentissement [de l'économie] plus brutal que prévu en Chine", liste le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis [L'Express]. A cela s'ajoutent "les difficultés de grands pays émergents comme l’Argentine et la Turquie" [La Croix], et les "tensions à l’Organisation mondiale du commerce, au Moyen-Orient, les 'tendances protectionnistes', le changement climatique et le ralentissement des échanges entre les nations", précise Le Figaro.

Tous les indicateurs ne sont pas dans le rouge pour autant : "le taux de chômage a atteint en Europe son niveau le plus bas 'depuis le début du siècle'" et devrait poursuive sa descente, tandis que "les niveaux de dette publique devraient continuer à baisser pour la cinquième année consécutive", rapporte L'Express.

"Coup de mou" en Allemagne, la France "prend le relais"

Dès lors, faut-il "se réjouir du verre à moitié plein ? Ou s’inquiéter du verre à moitié vide ?", interroge La Croix. Pas si simple : certains pays font figures de bons élèves, d'autres, de "derniers de la classe" [Le Monde].

L'Italie "inquiète particulièrement" Bruxelles, avec la menace d'une envolée continue de sa dette publique, qui atteint déjà 136,2 % du PIB, commente L'Express. Ainsi, la croissance de la Botte "reste nettement en dessous de 1 % sur toute la période analysée", note Le Monde. L'Espagne souffre également d'un contexte défavorable : "les incertitudes mondiales et [l']instabilité politique qui empêche toute réforme de fond" ont amené le gouvernement et la Banque d'Espagne à revoir leurs prévisions à la baisse pour 2019. Celles-ci plafonnent à "2,1 % et 2 % respectivement, alors qu'entre 2015 et 2017, l'Espagne caracolait autour de 3 % de croissance annuelle", rappelle Ouest-France avec l'AFP.

Un nom surprend particulièrement sur la liste des Etats en difficultés : l'Allemagne, qui "arrive en avant-dernière position", selon Le Monde. "Particulièrement touchée" au niveau de son industrie et de ses exportations, qui représentent une part élevée dans son économie, la première puissance du continent observera une croissance "plus faible que la moyenne de la zone euro : 0,4 % en 2019, puis 1,0 % en 2020 et 2021", rapporte L'Express. "Pas de crise économique, juste un coup de mou", considère cependant l'Etat allemand [Franceinfo].

Face à ce ralentissement outre-Rhin, "la France prend le relais" et "marque un point", estime à cet égard Franceinfo. Si elle n'échappera pas à la baisse de la croissance, elle devrait être protégée par l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages mis en place "à l’issue du vaste débat national tenu en avril", qui devrait entraîner à moyen terme une relance de la consommation, explique Le Figaro.

Relance ou orthodoxie budgétaire ?

Cette relance de la demande, qui semble bénéficier à la France, inspirerait-elle le reste de l'Union ? Une politique "plus expansionniste pour les pays qui le peuvent" est désormais envisagée par la Commission européenne, annonce La Croix. "Il conviendra d’utiliser tous les leviers d’action à notre disposition pour soutenir la croissance" et la demande intérieure, a recommandé Pierre Moscovici le 7 novembre. En effet, "l'activité en Europe dépendra de 'la vigueur des secteurs plus particulièrement tournés vers le marché intérieur'", rapporte L'Express.

Emmanuel Macron a ainsi largement critiqué l'orthodoxie budgétaire imposée par les traités dans une interview à The Economist, relate La Croix. La rigueur budgétaire appliquée par certains pays comme l'Allemagne a également été remise en question "par des économistes allemands et une partie de la classe politique" de la République fédérale, accusant le pays d'un "manque de solidarité alors que ses comptes publics afficheront en 2019 un excédent de 52 milliards d’euros".

Mais les appels à la relance budgétaire de Bruxelles s'adressent surtout aux pays en excédent budgétaire : la France a ainsi été épinglée par son propre commissaire, qui a réclamé "davantage d'efforts structurels et de réduction de déficit", souligne Challenges. De plus, elle conserve un taux de chômage "bien plus élevé qu’outre-Rhin" [L'Opinion], et connaît "une hausse du déficit public" [Le Figaro]. Le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis a ainsi invité "les pays sans marge budgétaire (…) 'à mener des politiques budgétaires prudentes et à ramener leur niveau d'endettement sur une trajectoire descendante'" [L'Express].

Pour équilibrer la politique européenne et mieux faire face à la "route difficile" qui s'annonce, le FMI a, lui, réaffirmé "son appel en faveur d'une 'réponse budgétaire synchronisée' des gouvernements de la zone euro", rapporte Le Figaro.

 

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