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[Revue de presse] Commission européenne : fin des auditions… pour le moment

Revue de presse 09.10.2019

A Bruxelles, les derniers oraux du premier tour des auditions des candidats à la future Commission von der Leyen (2019-2024) se sont tenus mardi 8 octobre. Si certains commissaires désignés sont apparus convaincants face aux eurodéputés, d'autres n'ont en revanche pas fait l'unanimité. Et se sont vus demander des précisions écrites, voire même un second oral, telle que la Française Sylvie Goulard.

Audition de Valdis Dombrovskis, commissaire désigné à l'Economie au service des personnes et aux Services financiers, le 8 octobre à Bruxelles - Crédits : Pietro Naj-Oleari / Flickr Parlement européen CC BY 2.0

Audition de Valdis Dombrovskis, commissaire désigné à l'Economie au service des personnes et aux Services financiers, le 8 octobre à Bruxelles - Crédits : Pietro Naj-Oleari / Flickr Parlement européen CC BY 2.0

C'est "avec succès" que s'est "fermé le bal" des auditions ce mardi 8 octobre, annonce Le Monde. "Les trois vice-présidents exécutifs de celle qui doit remplacer Jean-Claude Juncker le 1er novembre à la tête de la Commission européenne" se sont en effet montrés convaincants lors de leurs grands oraux face aux eurodéputés. Rapidement confirmés par les différents groupes politiques, ils mettent un terme au premier tour d'auditions du collège de commissaires désignés.

Toutefois, ce succès n'est pas partagé par tous. Pour le candidat polonais Janusz Wojciechiowski, l'étape a été houleuse et il "a carrément dû repasser une audition", indique RFI. Et "de nouvelles questions écrites ont été posées à la Suédoise Ylva Johansson et à la Française Sylvie Goulard", poursuit le média. N'ayant décidément toujours pas convaincu les eurodéputés, cette dernière a de surcroît été convoquée pour une nouvelle audition jeudi 10 octobre de 9h30 à 11h [L'Express avec l'AFP].

De plus, "Ursula von der Leyen a d’ores et déjà perdu deux candidats, le Hongrois Laszlo Trocsanyi (…), et la Roumaine Rovana Plumb", écartés pour conflits d'intérêts [Le Monde].

Des auditions réussies…

"Elle a, jusqu’ici, évité le pire", juge Le Monde. Ursula von der Leyen a en effet vu plusieurs de ses candidats réussir leurs auditions : "Le candidat grec Margaritis Schinas s’est habilement tiré de l’embuscade que promettait d’être son audition du fait de l’intitulé de son portefeuille", la "protection de notre mode de vie européen", un titre polémique pour un portefeuille lié aux migrations [RFI]. Il a été "adoubé sans réserve" par les groupes centriste et social-démocrate.

Věra Jourová, la Tchèque désignée au portefeuille des Valeurs et de la Transparence a également été confirmée. Au cours de son oral, elle "s’est dite favorable au conditionnement de l’attribution des subventions au respect de l’Etat de droit", et a fait de "la protection des journalistes" une priorité, rapporte Radio Prague.

D'autres commissaires désignés ont eu l'occasion de s'améliorer et d'être repêchés. Janusz Wojciechowski, le candidat polonais au portefeuille de l'Agriculture qui était "loin d'avoir impressionné les eurodéputés" mardi 1er octobre [Euronews], s'est révélé une semaine plus tard "bien mieux préparé que lors de sa première audition" [RTL avec Belga]. "Des applaudissements polis ont clôturé [sa] deuxième audition", rapporte la RTBF. "L'exercice [s'était] aussi révélé difficile pour la Suédoise Ylva Johansson" [Euronews]. Toutefois, "les questions écrites complémentaires ont (…) suffi pour que les eurodéputés [lui] donnent leur feu vert" [RTL].

… et d'autres moins

Si "la Bulgare Mariya Gabriel ou l’Espagnol Josep Borrell" se sont montrés parmi "les plus convaincants" [RFI], d'autres semblent être passés entre les mailles du filet, "comme la Portugaise Elisa Ferreira ou la Maltaise Helena Dalli". L'Estonienne Kadri Simson a, quant à elle, peiné à convaincre de son programme énergétique, "l’Estonie [étant] jusqu’ici l’un des rares Etats (…) à refuser l’objectif de neutralité carbone pour 2050", rappelle Le Monde. Si elle juge "'impensable' que l’UE atteigne cet objectif sans revoir complètement sa politique énergétique", elle a toutefois assuré qu'elle ferait "les efforts nécessaires pour pousser les Etats dans la bonne direction". Cette "performance incroyablement faible", selon Clémence Hutin, de l'ONG Les Amis de la Terre, lui a tout de même valu l'aval "du bout des lèvres" des eurodéputés.

La confirmation de ces députés semble témoigner d'une "paix armée" entre les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), les socialistes et démocrates et les centristes de Renew, explique Le Monde. Toutefois, cette trêve n'est pas garantie pour le cas de la candidate française, Sylvie Goulard, dont la confirmation pose problème. Appelée à répondre à des questions écrites, elle a refusé de promettre de démissionner dans le cas d'une mise en examen, dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires présumés fictifs du MoDem [Marianne]. Alors que "certains [eurodéputés] militent pour lui enlever une partie de ses attributions" [Le Monde], Mme Goulard vient d'être convoquée pour une seconde audition jeudi 10 octobre.

Auditions des futurs commissaires européens : feu orange pour Sylvie Goulard

Les vice-présidents exécutifs confirmés

Les auditions de Valdis Dombrovskis, Margrethe Vestager et Frans Timmermans se sont quant à elles déroulées sans accroc. "En tant que principaux adjoints de la présidente, ils sont donc censés constituer l’ossature politique de la Commission" rappelle Le Soir.

Le premier, en course pour le portefeuille de "l'Economie au service des personnes" a "facilement gagné le soutien des eurodéputés", selon Politico. Il a formulé des engagements pour "une nouvelle législation sur les crypto-monnaies", "l'union bancaire", "un salaire minimum au niveau européen" et un marché des capitaux étendu aux PME et aux individus. Toutefois ces propositions, pour la plupart "déjà à l'agenda de la Commission", n'ont "pas convaincu tout le monde", en particulier les sociaux-démocrates, quant à la protection des travailleurs [Politico].

Margrethe Vestager, quant à elle, a obtenu le soutien de "tous les groupes politiques excepté le groupe d'extrême-droite Identité et Démocratie" [Politico], après une "performance assurée" où elle a pu se défendre "face à ceux qui voient un conflit d’intérêt inhérent à son portefeuille, qui comprend à la fois la concurrence et le numérique", explique le quotidien belge L'Echo. "Elle doit présenter dans les 100 jours de la nouvelle commission une 'approche sur l’intelligence artificielle'", et travaillera à "garantir une concurrence équitable", poursuit L'Echo.

"Autant Margrethe Vestager est posée, (…) autant Frans Timmermans est un showman", développe Le Soir. L'audition "facile" du nouveau "chef du climat" européen a "charmé" les eurodéputés. Développant les points du programme écologique de la Commission, Frans Timmermans a rappelé la nécessité de "coordonner les efforts" au niveau européen et international, avec une "diplomatie climatique", détaille Politico.

Pacte vert européen : le programme écologique de la nouvelle Commission

Avant d'entrer en fonction, Frans Timmermans sera, avec tous les autres candidats, soumis à un vote d'approbation de l'ensemble du Parlement européen, initialement prévu le 23 octobre, mais qui risque d'être repoussé.

 

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