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[Revue de presse] Elections européennes : le Rassemblement national lance sa campagne

Revue de presse 14.01.2019

Dimanche, Marine Le Pen a officiellement initié la campagne du RN pour les élections européennes de mai 2019. En tête dans les intentions de vote au mois de décembre, son parti capitalise sans le dire sur la colère des Gilets jaunes. En mettant en avant ses récentes "prises de guerre" issues de la droite traditionnelle, le RN espère aussi "rassembler" les "nationaux" tant à l'échelle française qu'européenne. Mais malgré ses nouvelles têtes, son discours ne change pas.

Marine Le Pen - Crédits : Parlement européen / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Marine Le Pen - Crédits : Parlement européen / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Le RN bénéficie du mouvement de colère anti-Macron

C'est une Marine Le Pen "en pleine confiance" [Le Monde] qui s'est présentée dimanche 13 janvier à Paris, à la Maison de la Mutualité, devant les militants du RN. "Selon un sondage de l'Ifop publié il y a un mois, le Rassemblement national fait la course en tête dans les intentions de vote en vue des européennes de mai 2019, avec 24%, soit six points de plus que l'alliance La République en marche-MoDem (18%)", rappelle Challenges (avec Reuters).

Tout en conservant une certaine distance avec le mouvement, le RN est d'abord opportunément parvenu à tirer profit de la colère des Gilets jaunes. "Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, la députée d'Hénin-Beaumont est restée en retrait pour éviter de donner l'impression de vouloir récupérer le mouvement... tout en continuant de se faire la porte-parole d'un certain nombre de ses revendications", analyse Le Point.

Les journalistes du quotidien font état de "nombreux militants" dans la salle de la Mutualité, qui disaient "se rendre fréquemment sur les ronds-points et être solidaires du mouvement". Mais d'autres partisans du RN formulent des critiques à l'encontre des manifestants, ce qui conduit Marine Le Pen à devoir "jouer les équilibristes : développer la proximité avec le mouvement tout en prenant en compte les critiques d'une partie de la population française à son égard", observe Le Point.

Des militants qui avaient revêtu le gilet jaune au meeting ont ainsi été contraints de le retirer, peut-on lire dans Le Parisien. Et ce, alors que "les Gilets jaunes sont dans tous les discours [au RN]".

De nouvelles têtes pour un discours inchangé

Ce lancement officiel a aussi été l'occasion, pour la présidente du RN, de s'enorgueillir de nouveaux ralliements, dont beaucoup sont issus de la droite traditionnelle. "Les LR Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud, l'intellectuel Hervé Juvin [présenté] comme une 'personnalité surprise', [ou encore Christiane Delannay-Clara], une femme issue des rangs de la gauche en outre-mer : tous sont candidats aux européennes sur les douze premières places de la liste RN", énumère notamment Le Figaro.

Ces nouvelles recrues n'ont pas tardé à s'approprier les thématiques classiques de l'ex-Front national et sa sémantique : "clivage 'mondialistes' contre 'nationaux', patriotisme économique, offensives anti-migrants…", explique Le Monde. Hervé Juvin, par exemple, qui "a ses entrées dans deux mondes encore largement imperméables au parti de Marine Le Pen : celui de la finance et des banques, comme celui plus fermé des intellectuels conservateurs" [Le Figaro], utilise "tout le glossaire RN" dans son discours, notamment en matière d'immigration, selon Le Monde. Pour le journal, on assiste donc à un "renouvellement des visages, pas du discours".

En tête de liste se trouve d'ailleurs le très jeune Jordan Bardella, 23 ans, "préféré à des caciques du parti pour donner un second souffle au RN", d'après Franceinfo. Mais également parce que contrairement à plusieurs d'entre eux, dont Louis Aliot et Nicolas Bay, il n'a pas été mis en examen dans l'affaire des assistants parlementaires fictifs au Parlement européen. 

Le "rassemblement" des "nationaux" mis en exergue

Si les nouveaux ralliements ne changent donc pas grand-chose à la ligne du parti, ils illustrent la stratégie électorale de Marine Le Pen, qui espère un rassemblement des droites et extrême-droites nationalistes aux échelles nationale et européenne.

"Aujourd'hui allié avec la Ligue italienne, le FPÖ autrichien ou le PVV hollandais notamment, au sein du groupe parlementaire ENL, le Rassemblement national multiplie les contacts avec d'autres formations afin de constituer au lendemain des européennes, 'une majorité, ou une minorité de blocage contre les politiques destructrices de l'Union européenne' au sein du Parlement européen", détaille Libération en citant la rhétorique du parti.

Une stratégie confirmée par Jordan Bardella lors de son discours à la Mutualité, qui a tenu à souligner les contacts pris "depuis un an [avec les] alliés ou futurs alliés [du RN], alliés de toute l'Europe, italiens, espagnols, autrichiens, belges" [Challenges avec Reuters].

 

 

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