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[Revue de presse] La Conférence sur l'avenir de l'Europe officiellement approuvée au Parlement européen

Mercredi 10 mars, les présidents du Parlement, de la Commission et du Conseil ont annoncé le prochain lancement de cette grande consultation européenne. Avec un enjeu majeur : impliquer efficacement les citoyens dans la définition des futures orientations de l'UE.

Antonio Costa, David Sassoli et Ursula von der Leyen ont signé la déclaration officialisant la Conférence sur l'avenir de l'Europe le 10 mars - Crédits : Eric Vidal / Parlement européen
Antonio Costa, David Sassoli et Ursula von der Leyen ont signé la déclaration officialisant la Conférence sur l’avenir de l’Europe le 10 mars - Crédits : Eric Vidal / Parlement européen 

Le coup d’envoi de la ‘Conférence sur l’avenir de l’Europe’ ” a été donné mercredi 10 mars, annonce La Tribune de Genève. A l’occasion de la session plénière du Parlement européen, “les trois grandes figures dirigeantes de l’UE” -la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, le président du Parlement européen David Sassoli et le président portugais du Conseil de l’UE Antonio Costa- ont en effet “signé une déclaration commune” sur cette initiative qui s’ouvrira concrètement le 9 mai prochain, poursuit La Croix.

Pour le journal, cette “Conférence” s’apparente à une “grande thérapie paneuropéenne censée répondre aux problèmes existentiels de l’Union européenne” . Des réponses qui seront donc apportées par les citoyens eux-mêmes, à travers une “grande consultation” visant à définir “le projet européen des dix années à venir” , souligne Ouest-France. Le quotidien régional cite Ursula von der Leyen, pour qui cet exercice de démocratie participative permettra aux Européens de “dire dans quelle Europe ils veulent vivre et [de] joindre leurs forces pour nous aider à la construire” .

Intérêt citoyen

L’événement, qui s’ouvrira le 9 mai prochain, a pourtant rencontré de nombreuses difficultés pendant sa phase de préparation. Des obstacles politiques, d’abord, rappelle La Croix : “C’est […] Emmanuel Macron qui avait lancé l’idée en mars 2019, sans qu’elle soit suivie par tous, en amont des élections européennes.” Avant que ne survienne la pandémie de Covid-19 à partir de mars 2020, et les débats sur la gouvernance, plusieurs dirigeants européens craignant que la présidence du Belge Guy Verhofstadt -finalement rejetée- ne suscite une “impulsion trop fédéraliste au projet” [L’Echo]. D’où le report d’un an du lancement de la conférence.

Un lancement qui attise la curiosité des citoyens, à en croire les résultats d’un Eurobaromètre récemment publié et repris par le journal : “D’après les résultats présentés mardi 9 mars, 76 % s’accordent à dire que ce genre de consultation représente un ‘progrès significatif’ pour la démocratie au sein de l’UE. En moyenne, un peu plus d’un Européen sur deux (51 %) voudrait s’impliquer personnellement dans ce processus.” Cet intérêt prononcé varie néanmoins fortement d’un Etat membre à l’autre, nuance l’article, qui souligne “des écarts importants entre d’un côté les Irlandais (70 %), les Français (67 %) ou les Allemands (63 %), et de l’autre les Hongrois et les Italiens (35 %).”

Risque bureaucratique

Si les réflexions devraient naturellement porter “sur des sujets tels que l’environnement, les questions économiques et sociales ou la transformation numérique” [La Tribune de Genève], l’enjeu prioritaire reste de réussir l’exercice de démocratie participative. Pour ce faire, les citoyens seront encadrés par des représentants des institutions européennes : “les trois présidents seront aux manettes, épaulés par un comité exécutif composé de neuf membres (trois par institution) et de quatre observateurs” [La Croix].

Un point qui suscite déjà des réserves, rapporte notamment Euractiv : “Les militants et le sérail politique arguent que la structure et la mission de la conférence sont gérées par des politiques et des bureaucrates, et non par des groupes de la société civile, ce qui perturbe son objectif visant à être un exercice véritablement démocratique.

Consciente que se joue là une partie de la légitimité de l’initiative, Ursula von der Leyen a répondu mercredi 10 mars que “ce n’est pas une énième conférence organisée par la bulle bruxelloise. Elle doit aller au-delà de Bruxelles et des capitales […]. Nous voulons toucher ce que certains appellent la majorité silencieuse” [Mediapart].

Quelle efficacité ?

Autre interrogation soulevée par La Croix, les limites du mandat donné aux citoyens : “Les 27 chefs d’État et de gouvernement sont pour l’heure très réservés à l’idée de réviser les traités, à l’issue de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.” Le média estime que la Conférence sur l’avenir de l’Europe pourrait en revanche déboucher sur la création “d’un nouvel organe de consultation citoyenne pour nourrir en continu le projet européen.

Pour l’économiste Bruno Alomar, interviewé par le site Atlantico, l’enjeu de cette consultation se situe ailleurs. “Ce que les peuples européens demandent, me semble-t-il, ce n’est pas tant une UE plus démocratique (de toutes façons elle leur est éloignée et complexe) et des grands débats institutionnels mais un peu plus d’efficacité.” Quels que soient les enjeux soulevés par ce grand débat, son bon déroulé demeure “une gageure en temps de pandémie” , rappelle La Tribune de Genève.

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