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[Revue de presse] Brexit : la poursuite des négociations n'apaise pas les inquiétudes des populations frontalières

Dimanche 13 décembre, le Premier ministre britannique et la présidente de la Commission européenne se sont accordés pour prolonger les discussions au-delà de la date initialement fixée pour parvenir à un accord sur une future relation entre les deux parties. Une décision qui continue de plonger Britanniques et Français dans l'inconnu.

L'incertitude sur l'issue des négociations pèse sur les habitants de part et d'autre de la Manche, comme ici à Douvres
L’incertitude sur l’issue des négociations pèse sur les habitants de part et d’autre de la Manche, comme ici à Douvres - Crédits : Veni / iStock

Malgré l’épuisement après presque un an de négociations, malgré le fait que les délais ont été dépassés à maintes reprises, nous pensons qu’il est responsable à ce stade d’aller plus loin” , ont affirmé le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un communiqué commun, à l’issue d’un entretien téléphonique dimanche 13 décembre [Le Temps]. Face aux points de blocage qui freinent l’avancée des discussions sur la nouvelle relation entre Londres et Bruxelles, les deux dirigeants ont convenu de prolonger leurs négociations en vue d’un accord. Si l’on ne connaît pas la nouvelle échéance fixée pour la fin des discussions, une chose reste sûre : “Au moins connaît-on la date indépassable du 31 décembre, marquant la fin de la période de transition. Pour le reste, l’inconnue demeure” , résume Le Figaro. “Il est question de quelques jours au maximum. […] Nous sommes de toute façon déjà dans le temps additionnel” , affirmait le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune samedi soir [Le JDD]. Une opinion partagée par l’Allemagne qui préside le Conseil de l’UE ainsi que par l’Irlande, fortement impactée par un éventuel no deal.

Boris Johnson a toutefois tenu à préparer les Britanniques à une future sortie sans accord. “Je dois vous dire que de là où je me trouve, il semble très, très probable que nous ayons à recourir à une solution que je trouve formidable pour le Royaume-Uni, c’est-à-dire partir aux conditions de l’Organisation mondiale du commerce” , déclarait-il vendredi [France 24]. La Commission européenne se tient également prête face à une telle issue. L’exécutif européen “a publié jeudi des mesures d’urgence pour maintenir, en cas de ‘no deal’, le trafic aérien et le transport routier entre le Royaume-Uni et l’UE pendant six mois, ainsi que l’accès réciproque aux eaux de pêche pour un an” , rappelle Le Temps.

Le Royaume-Uni en position de faiblesse ?

Durant le week-end, le Royaume-Uni a déployé quatre navires de la Royal Navy pour protéger ses eaux en cas d’échec des négociations. “J’ai envie de dire ‘Keep cool’, ce n’est pas parce qu’on est au terme d’une négociation qu’il faut perdre son sang-froid et sombrer vers des outrances. […] Côté européen en tout cas, nous faisons preuve de sang-froid, nous avons la démonstration de la force tranquille de l’Union européenne” , a répondu le président du Conseil européen Charles Michel, au micro d’Ali Baddou sur France Inter.

“L’interdépendance, l’interconnexion entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne est gigantesque” , a également rappelé l’ancien Premier ministre belge sur les ondes françaises. Ces relations pourraient être fortement perturbées une fois la période de transition achevée, avec des conséquences particulièrement violentes pour l’économie britannique. “Le Royaume-Uni va payer au prix fort sa sortie de l’Union européenne” , affirment ainsi Les Echos. “Après un effondrement historique du PIB britannique de 19,8 % sur un an au deuxième trimestre, celui-ci, malgré un bond de 15,5 % en rythme annualisé au troisième trimestre, restait encore inférieur de 9,7 % à son niveau de fin 2019, autrement dit d’avant la pandémie” , poursuit le quotidien économique. Un impact beaucoup plus marqué que du côté des Vingt-Sept : “Selon Bloomberg Economics, une sortie sans accord coûterait 1,5 % de PIB à l’économie britannique, 2 % selon The Office for Budget Responsibility. En comparaison, les pays de l’Union européenne ne perdraient que 0,3 % de croissance, même si certains membres seront plus affectés que d’autres, à l’instar de l’Irlande (-2 %)” [Les Echos].

Une autre paire de Manche

L’illustration la plus flagrante de cette perturbation de l’activité économique outre-Manche s’observe déjà dans le port de Douvres, “l’une des principales portes d’entrée et de sortie des marchandises en provenance du continent européen” . Envoyée spéciale du magazine Le Point, Laure van Ruymbeke est mise en garde par un policier local : “Il y a cinq files et au moins cinq cents camions ici, vous allez vous faire écraser” . La raison de la congestion de ce nœud logistique entre le Royaume-Uni et la France ? Au 1er janvier, les formalités se compliqueront pour les transporteurs. Ces derniers “devront présenter à la douane, qui aujourd’hui ne contrôle que les passeports, un code-barres certifiant une déclaration d’exportation outre une déclaration sanitaire” , poursuit l’hebdomadaire. “Les études les plus alarmistes […] promettent des embouteillages de 7 000 poids lourds” , complète France Info.

Côté français de la Manche, les habitants partagent les mêmes craintes et les autorités locales se préparent à tous les scénarii. “La base de voile de Sangatte accueillera ce lundi après-midi une cérémonie d’accueil de 61 nouveaux contractuels de la police aux frontières” , rapportent Les Echos. Un recrutement qui s’ajoute aux 700 nouveaux agents de la préfecture des Hauts-de-France affectés à la frontière. A quelques kilomètres de là, à Boulogne-sur-Mer, ce sont les pêcheurs qui se montrent particulièrement soucieux. “Un ‘no deal’, qui empêcherait nos pêcheurs d’accéder aux eaux britanniques, serait une catastrophe pour la filière régionale ! Il nous faut un accord, quitte à l’améliorer plus tard” , avertit Olivier Leprêtre, artisan pêcheur et président du comité régional des pêches maritimes.

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