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[Revue de presse] Brexit : adaptation difficile des Britanniques aux nouvelles règles commerciales

Près de deux semaines après l’entrée en vigueur de l’accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni, d’importantes difficultés commencent à se faire sentir, notamment côté britannique. Les nouvelles règles rendent en effet les échanges plus complexes à mettre en œuvre.

Les nouveaux contrôles administratifs et sanitaires ralentissent les échanges entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Ici, le port de Douvres, l'un des principaux points de passage vers le continent, en janvier 2019
Les nouveaux contrôles administratifs et sanitaires ralentissent les échanges entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Ici, le port de Douvres, l’un des principaux points de passage vers le continent, en janvier 2019 - Crédits : Ben Gingell / iStock

Douze jours après la sortie britannique du marché unique européen, les premiers effets concrets du Brexit sur l’économie commencent à se matérialiser” , annonce Le Figaro. “Les premiers jours de janvier ont été marqués par un trafic fluide, quatre à cinq fois inférieur à la normale, du fait d’une reprise progressive après la trêve des confiseurs” , explique le quotidien. Mais cette reprise n’a pas empêché une pénurie de produits frais actuellement constatée au Royaume-Uni. “Les salades, choux-fleurs, oranges, fraises, framboises et myrtilles sont considérées comme ‘en rupture de stock’ dans certaines régions sur le site internet [de la chaine anglaise de supermarchés] Tesco, tandis que les carottes, choux-fleurs et brocolis figurent parmi les fruits et légumes répertoriés comme indisponibles sur le site internet [des supermarchés] Ocado, rapporte ainsi The Daily Mail.

En effet, “le départ du Royaume-Uni des structures commerciales de l’UE a entraîné une multitude de nouveaux obstacles, notamment de nouveaux systèmes informatiques, des déclarations en douane et des contrôles réglementaires” , explique Euronews. Avec ces nouvelles règles, “de nombreux camions se voient refuser l’accès faute de documents en règle” [Le Figaro]. “Le chaos a commencé. L’organisation du plus simple chargement vers l’Europe est devenue une tâche presque impossible en raison de la montagne de paperasserie mise en place le 1er janvier” , déplore l’expert en fret John Shirley dans The Daily Mail.

Ces problématiques touchent également les pêcheurs britanniques, tout produit frais exporté devant “subir des contrôles, en plus de la paperasserie nécessaire” , comme le souligne Le Figaro. Avec ces nouvelles formalités, qui ralentissent considérablement le transit, “impossible de garantir la livraison en 24 heures” . Un bouleversement qui menace l’activité et les revenus des pêcheurs. Euronews fait à ce titre mention d’une chute du prix des fruits de mer de 80 % en Ecosse. Et le ministre britannique Michael Gove l’admet : “Dans les semaines à venir, nous nous attendons à d’importantes perturbations supplémentaires” [The Daily Mail].

La place de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni en question

Les difficultés évoquées pourraient contribuer à relancer le processus indépendantiste écossais et à rapprocher l’Irlande du Nord de la République d’Irlande. Après la concrétisation du Brexit, “les regards se tournent vers les Ecossais, europhiles bafoués, et les Nord-Irlandais, soumis à un traitement hybride, un pied (politique) au Royaume-Uni, l’autre (économique) dans l’Irlande voisine et européenne” , note France Info. L’Ecosse s’est montrée dès le début hostile à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et la mise en œuvre du divorce a ravivé le désir d’indépendance des Ecossais. En effet, “selon le dernier sondage mené par l’institut Savanta ComRes pour le journal The Scotsman, mi-décembre, 58 % des Ecossais soutiennent désormais une rupture avec le Royaume-Uni” [France Info]. “Après avoir divisé les familles et accru les divorces, le Brexit pourrait bien démembrer le Royaume-‘Uni’ ” alors que “l’Ecosse s’apprête à organiser un référendum qui pourrait bien donner la majorité absolue aux indépendantistes” , prévient Ouest-France.

Car un éloignement de l’Irlande du Nord de Londres n’est pas non plus à exclure. Pour éviter de réinstaurer une frontière physique entre les deux Irlande, les négociateurs européens et britanniques du Brexit ont penché pour une solution où “l’Irlande du Nord relève de la réglementation de l’UE, mais les contrôles […] effectués par les Britanniques” [Les Echos]. Le nord de l’île a désormais un statut spécial. “Non seulement l’Irlande du Nord est restée dans le marché commun, contrairement au reste du Royaume-Uni, mais la petite province britannique va continuer à participer à plusieurs programmes européens” , fait savoir Ouest-France. Une situation inédite qui pourrait favoriser le rapprochement avec sa voisine européenne. “N’en déplaise au DUP, le parti des unionistes au pouvoir, l’Irlande du Nord n’a jamais semblé si éloignée de la Grande-Bretagne” , conclut le quotidien régional.

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