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Quelles limites à l'élargissement de l'UE ?

Richard E. Baldwin, professeur à l’Institut Universitaire de Hautes Etudes Internationales à Genève, se demande ce qui pourrait empêcher l’Union de s’élargir jusqu’à compter un jour une quarantaine de membres.

Selon lui, le critère d’adhésion le plus contraignant, au-delà du seul critère géographique, n’est pas à chercher du côté des pays candidats, qui ont la possibilité de se réformer pour répondre aux attentes de l’Union. Le vrai obstacle à l’élargissement est la “capacité d’absorption” de l’UE elle-même.

Selon l’auteur, l’élargissement de 2004 a fortement amoindri cette capacité, mais les réformes que s’apprêtent à engager les dirigeants européens devraient “tout à fait involontairement,” faciliter de nouveaux élargissements, en adaptant les règles de vote au Conseil à une Union comptant 27 membres et plus. Par le passé, alors que “l’adhésion à l’UE était monolithique” , le traité de Maastricht, en offrant la possibilité de mettre en oeuvre des coopérations renforcées, avait déjà introduit de la souplesse dans le fonctionnement de l’UE et fortement favorisé l’entrée de nouveaux membres.

Richard E. Baldwin prédit donc une “UE 36 dans 10 ou 15 ans” . Manifestement favorable à une extension maximale de l’UE, l’auteur conclut son propos par une question volontairement provocatrice : “la Turquie est considérée comme européenne puisqu’elle a une enclave sur le côté occidental du Bosphore ; pourquoi le Maroc ne pourrait-il pas l’être, puisque l’Espagne a une enclave en Afrique du Nord?”

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Richard E. Baldwin, “L’Europe a-t-elle une fin ?” , Telos, mai 2007

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