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Les 10 dates qui ont changé l’Europe en 2020

Du départ d'un de ses membres à l'adoption de nouveaux objectifs climatiques, en passant par la gestion d'une crise sanitaire mondiale et un débat sur ses valeurs, l'Union européenne a vécu une année 2020 pleine de nouveautés. Retour sur 10 dates qui ont marqué l'Europe et les Européens.

Le 19 septembre, Ursula von der Leyen prononce à Bruxelles son premier discours sur l'Etat de l'Union, au milieu d'une année 2020 européenne inédite et difficile pour l'Europe
Le 19 septembre, Ursula von der Leyen prononce à Bruxelles son premier discours sur l’Etat de l’Union, au milieu d’une année 2020 européenne inédite et difficile pour l’Europe - Crédits : Benoit Bourgeois / Parlement européen

31 janvier : le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, les négociations sur leur relation future débutent

Inédit dans l’histoire de la construction européenne : l’Union européenne perd l’un de ses États membres, trois ans et demi après le référendum en faveur du Brexit. Désormais, les Britanniques ne sont plus représentés dans les institutions européennes, ni associés à la prise de décision et ne peuvent plus prétendre à des hauts postes de fonctionnaires européens.

Passée l’émotion, de nouvelles négociations sont rapidement entamées pour s’entendre sur la relation future entre l’UE et son désormais ancien membre. Car si le Royaume-Uni est parti, les réglementations du bloc continuent de s’appliquer jusqu’au 31 décembre 2020, date de la fin de la période de transition convenue dans l’accord de retrait. Une nouvelle relation est à construire, impliquant de nouvelles dispositions dans une variété de domaines allant de la défense à la pêche en passant par la culture, en moins d’un an.

13 mars 2020 : l’Organisation mondiale de la santé déclare que l’Europe est l’épicentre de la pandémie de coronavirus

Deux mois après les premiers cas signalés en Europe, la pandémie de Covid-19 prend une ampleur considérable sur le Vieux Continent. Lors d’une conférence de presse à Genève, le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus déclare, le 13 mars, que “l’Europe est actuellement l’épicentre de la pandémie du Covid-19” . Le continent fait alors état de plus de cas et de morts que partout ailleurs dans le monde, à l’exception de la Chine. Plusieurs pays européens commencent rapidement à adopter des mesures visant à réduire les contacts humains et à fermer leurs frontières pour enrayer la propagation du virus. L’Italie est la première à confiner sa population, rapidement suivie de l’Espagne, la France ou encore la Belgique.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel s’accordent pour débloquer 25 milliards d’euros afin de soutenir l’économie des pays européens. Dans la foulée, la Commission européenne suspend l’application des règles budgétaires définies dans le Pacte de stabilité et de croissance pour alléger la pression qui pèse sur les politiques budgétaires des Etats membres. La Banque centrale européenne revient quant à elle sur un bon nombre de règles pour tenter de rassurer les marchés financiers. Elle annonce par exemple le rallongement de programmes massifs de rachat de titres de dettes.

En avril, l’épidémie ralentit et les pays européens commencent à envisager une sortie de confinement prochaine. La Commission européenne présente le 15 avril sa feuille de route pour la levée des mesures de confinement du COVID-19 afin de coordonner les actions des Etats membres en matière de déconfinement, définissant une série de critères communs à respecter. Un mois plus tard, elle présente également une série d’orientations et de recommandations pour une réouverture concertée des frontières intérieures de l’espace Schengen, afin de rétablir la libre circulation et de venir en aide au secteur touristique.

1er juillet : la date limite pour prolonger la période de transition est dépassée

En vertu de l’accord de retrait, le gouvernement britannique avait la possibilité de prolonger la période de transition d’un ou deux ans, le temps de finaliser un accord sur la relation future avec l’UE. Pour cela, les Britanniques devaient adresser leur demande au comité mixte, établi pour surveiller la mise en application de l’accord de retrait, avant le 30 juin. La décision de ne pas prolonger est entérinée le 6 juin, par l’annonce du ministre britannique du Bureau du Cabinet, Michael Gove.

Par conséquent, la période de transition s’achèvera au 31 décembre 2020, indépendamment du résultat des négociations entre les deux parties. Dès lors, compte tenu des circonstances sanitaires et de la divergence des points de vue dans les négociations, une absence d’accord et les disruptions économiques qui en découlent ne sont plus à exclure.

17-21 juillet : accord sur le plan de relance et le budget pluriannuel au Conseil européen

Après plusieurs mois de confinement, les économies nationales sont en récession et le chômage s’installe dans plusieurs Etats membres. La Commission européenne dévoile des prévisions économiques peu optimistes. A la mi-mai, la France et l’Allemagne initient un projet européen de relance de l’économie, repris ensuite par la Commission européenne.

Au terme d’un Conseil européen de quatre jours et quatre nuits, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept s’accordent le 21 juillet sur le cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027, mais également sur un plan de relance de 750 milliards d’euros. Baptisé Next Generation EU, il est financé par un emprunt contracté par l’UE et vient alimenter des plans de relance nationaux.

Son adoption représente une amorce de dette européenne commune. Idée que l’Allemagne et les autres pays dits “frugaux” refusaient encore catégoriquement quelques mois plus tôt. Cette avancée est le “moment hamiltonien pour l’Europe” , jugent certains observateurs, en référence à Alexander Hamilton, qui en 1790 avait réussi à convaincre le Congrès des Etats-Unis de créer une dette commune, projetant le pays vers le fédéralisme.

Dernière nouveauté : la décision d’introduire un mécanisme de protection du budget et des valeurs de l’Union européenne, dont le contenu sera précisé ultérieurement et qui permettra de conditionner les financements européens au respect de l’état de droit.

9 août : l’opposition dans la rue en Biélorussie, l’UE sanctionne le régime

A la suite de la réélection contestée du président biélorusse Alexandre Loukachenko, les manifestants défilent chaque week-end dans les rues de la capitale Minsk pour exiger le départ du leader autoritaire. L’UE, qui ne reconnaît pas les résultats du scrutin, met en place le 19 août de nouvelles sanctions en réaction aux violences à l’égard les manifestants. Initiée en 2004, ces mesures contre la Biélorussie avaient été allégées en raison de la libération de prisonniers politiques. De nouveaux gels d’avoirs ainsi que des interdictions de voyages à destination de l’UE ont été prononcés à l’encontre d’une quarantaine de dirigeants politiques impliqués dans la répression et la falsification des résultats électoraux.

Le 22 octobre, le Parlement européen a décidé d’attribuer le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit 2020 à l’opposition démocratique en Biélorussie. Il a été remis en décembre à l’ancienne candidate à l’élection présidentielle Svetlana Tikhanovskaïa, exilée en Lituanie depuis le mois d’août.

11 août : début des tensions avec Ankara en Méditerranée orientale

Le 11 août, un navire turc de prospection sismique est repéré dans les eaux territoriales grecques. Sa mission est d’effectuer des recherches sur les gisements d’hydrocarbures sous-marins découverts il y a quelques années, mais situés dans la zone économique exclusive hellénique. L’évènement ravive des tensions entre les deux pays. Fin août, la situation se tend encore davantage lorsque la France et l’Italie participent à un exercice militaire conjoint avec la Grèce et Chypre en Méditerranée orientale, signe de leur soutien face à l’incursion turque.

Pour autant, l’approche à adopter face à Ankara ne fait pas consensus parmi les Vingt-Sept, notamment la question d’imposer ou non des sanctions économiques. Il faut attendre le Conseil européen des 1er et 2 octobre pour que les dirigeants envisagent des sanctions tout en laissant la porte ouverte à un dialogue positif avec le régime turc.

19 septembre : Neuf mois après sa prise de fonction, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen prononce son premier discours sur l’état de l’Union pour dresser un bilan de sa première année et définir les priorités de la Commission pour 2021.

19 octobre : la deuxième vague de Covid-19 s’abat sur l’UE, les Européens se confinent de nouveau

La pandémie progresse de nouveau rapidement en Europe, contraignant de nombreux pays à recourir à de nouvelles mesures restrictives, similaires à celles mises en place au printemps. L’Irlande est le premier pays à annoncer un nouveau confinement le 19 octobre, bientôt suivie de la France, l’Allemagne et la Belgique. D’autres pays européens optent pour des couvre-feux ou des mesures localisées. Partout en Europe, les gouvernements se préparent à des fêtes de fin d’année sous surveillance, afin d’éviter une troisième vague de Covid-19 en janvier.

4 novembre : l’élection présidentielle américaine questionne la nature et l’avenir du lien transatlantique

Le 4 novembre, les Américains votent pour élire leur prochain président. L’issue est incertaine entre les candidats des deux principaux partis : le Républicain et président sortant Donald Trump et le Démocrate Joe Biden. Les urnes donnent finalement ce dernier vainqueur au bout de plusieurs jours. Les quatre années du précédent mandat ont distendu les liens entre Européens et leur partenaire de l’Alliance atlantique. Le débat autour de la nécessité d’une autonomie stratégique européenne refait alors surface. Mais l’élection de l’ancien vice-président de Barack Obama laisse présager un apaisement des relations transatlantiques. Quelques jours plus tard, dans deux documents distincts, la Commission européenne et le Conseil définissent les principes d’un partenariat renforcé, tout en assumant cette quête d’autonomie stratégique pour permettre à la diplomatie de l’UE de gagner en maturité.

9 novembre : Pfizer/BioNTech annoncent un premier vaccin et lancent la course européenne aux vaccins

Le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer annonce que son vaccin contre le Covid-19, développé avec son partenaire allemand BioNTech est efficace à 90 % (annonce revue à la hausse depuis avec une efficacité à 95 %), à l’issue de la troisième phase de test réalisée sur un échantillon de 44 000 personnes. Une semaine plus tard, la société de biotechnologie américaine Moderna annonce un deuxième vaccin efficace à 94,5 %. La Commission européenne signe au total des contrats avec six laboratoires pour garantir l’obtention de plus d’un milliard de doses. Alors que le Royaume-Uni entame sa campagne de vaccination début décembre, les Vingt-Sept attendent la validation de l’Agence européenne des médicaments pour commencer à vacciner leur population. Initialement prévue pour le 29 décembre, l’avis devrait finalement être rendu dès le 21 décembre.

10-11 décembre : au Conseil européen, les Vingt-Sept se préparent à l’avenir

Pour leur dernière réunion physique de l’année, les dirigeants européens ont accordé leurs violons sur un certain nombre de dossiers.

Concernant le budget à long terme, les Vingt-Sept ont formellement adopté le cadre financier pluriannuel 2021-2028 auquel est attaché le plan de relance. Des lignes budgétaires qui seront directement concernées par un mécanisme de protection du budget et des valeurs de l’Union européenne, auquel se sont longtemps opposées la Hongrie et la Pologne.

En matière climatique, les chefs d’État et de gouvernement ont accepté un objectif de réduction nette des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990.

Les leaders européens ont également durci leur position à l’égard de la Turquie, par rapport au Conseil européen du mois d’octobre (voir plus haut). Si l’offre de partenariat positif reste sur la table, les dirigeants ont néanmoins demandé au Conseil de l’UE de compléter la liste de personnalités turques déjà concernées par des sanctions financières. Un geste fort puisqu’il s’agit des premières sanctions européenne à l’encontre d’un pays officiellement candidat à l’adhésion, et par ailleurs allié au sein de l’Otan.

31 décembre à minuit : le Royaume-Uni quitte définitivement l’Union européenne

Conformément à l’accord de retrait, le Royaume-Uni sort de la période de transition (février-décembre 2020), qui le maintenait au sein du marché intérieur, et n’est plus soumis aux réglementations européennes. Après de longues négociations, un accord de commerce et de coopération est trouvé le 24 décembre. Il entre en vigueur à titre provisoire au 1er janvier 2021. Adopté par les 27 et le Parlement britannique le 30 décembre, cet accord est dit “provisoire” , car il doit encore être entériné par le Parlement européen, avant le 28 février 2021 pour rentrer définitivement en application.

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