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Elargissement : le feu vert de la Commission européenne interroge l’avenir de l’UE

Mercredi 8 novembre, la Commission européenne a proposé d’ouvrir officiellement les négociations d’adhésion à l’Ukraine et la Moldavie. La presse européenne s’interroge sur le fonctionnement d’une Union européenne élargie.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l'Ukraine avait effectué "plus de 90 %" du travail nécessaire pour lancer les négociations d'adhésion - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’Ukraine avait effectué “plus de 90 %” du travail nécessaire pour lancer les négociations d’adhésion - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

Ce mercredi 8 novembre fut une “journée décisive pour l’Ukraine dans son processus d’intégration de l’Union européenne”, écrit La Tribune. “L’Ukraine a franchi une étape essentielle vers son entrée dans l’Union européenne”, abonde La Croix. Hier, la Commission européenne a publié son rapport annuel sur l’élargissement. Un document très attendu, long de 1 200 pages, dans lequel elle se prononce “en faveur de l’ouverture formelle de négociations d’adhésion” avec l’Ukraine et la Moldavie, “qui s’étaient vu octroyer le statut de candidat en juin 2022″ [Le Parisien].

Dans son rapport, l’exécutif européen “recommande également d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Bosnie-Herzégovine et d’accorder le statut de candidat à la Géorgie, une étape importante qui marquerait le début de son parcours vers l’adhésion à l’UE”, ajoute The Guardian. La décision reviendra aux vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement qui doivent se prononcer au cours du sommet des 14 et 15 décembre.

Doutes et interrogations

Au lendemain de la publication de ces recommandations, plusieurs médias européens soulignent les défis liés à l’intégration de nouveaux membres. “Un processus d’élargissement de cette ampleur se heurte à des obstacles de taille”, constate The Guardian. “Certaines questions pratiques n’ont toujours pas été abordées, notamment celle de savoir si les Etats membres perdront des sièges de députés européens pour laisser la place aux nouveaux arrivants ou si le Parlement européen s’élargira encore davantage. […] Il n’existe pas non plus de projet de réforme qui aborde la question du budget de l’UE, qui est déjà soumis à une forte pression, ni de son cadre institutionnel”, poursuit le quotidien britannique.

Il y a un hiatus entre le volontarisme un peu hors sol de la Commission et la frilosité des Etats membres. La réalité est qu’aucun pays (Balkans, Ukraine, Moldavie) n’est prêt, sauf peut-être la pauvre Macédoine du Nord bloquée par le veto bulgare”, tance un bon connaisseur de ces régions cité par L’Opinion. “Le bout du chemin est encore loin”, résume La Tribune.

La prochaine étape consistera pour les dirigeants de l’UE à soutenir le plan de la Commission lors d’un sommet qui se tiendra à Bruxelles les 14 et 15 décembre. La Commission est prête à entamer les travaux préparatoires à l’adhésion de l’Ukraine, qui a fait de l’adhésion à l’UE et à l’Otan une priorité, immédiatement après ce sommet”, déclare à Politico un fonctionnaire de l’UE sous couvert d’anonymat.

La Turquie dans l’impasse

Les avancées sur les dossiers qui concernent l’Ukraine, la Moldavie ou encore la Géorgie ont largement éclipsé le sort d’Ankara. “Elargissement de l’UE : oui, mais sans la Turquie”, titre Euractiv. “La Turquie est pourtant le plus ancien des candidats”, rappelle La Libre. “Elle s’est vu octroyer le statut en 1999, douze ans après en avoir introduit la demande. Seize des trente-cinq chapitres des négociations d’adhésion ont été ouverts depuis 2005, mais seul celui relatif à la science et à la recherche a été clôturé. Depuis 2019, l’UE considère que les négociations sont ‘au point mort’, sans perspective prévisible de redémarrage”, résume le quotidien belge.

En septembre, l’Autriche, opposée de longue date à l’adhésion de la Turquie à l’UE, a même “réclamé que le processus soit formellement interrompu” [La Tribune]. En octobre, le président turc Recep Tayyip Erdoğan affirmait que “la Turquie n’attend[ait] plus rien de l’Union européenne qui [les] a fait patienter à sa porte depuis 60 ans”, selon des propos repris par le journal français.

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