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Angela Merkel : biographie de la chancelière allemande

Elle aura été l’une des femmes les plus influentes du monde en ce début de XXIe siècle : après 16 années à la tête de la première puissance économique du continent, Angela Merkel se prépare au départ. De sa jeunesse à sa fin de mandat, quel a été le parcours de cette personnalité centrale de l’Europe ?

La chancelière allemande Angela Merkel lors d'un Conseil européen en février 2020
La chancelière allemande Angela Merkel lors d’un Conseil européen en février 2020 - Crédits : Conseil de l’UE

Fille d’un père pasteur et d’une mère institutrice, Angela Dorothea Merkel naît le 17 juillet 1954 à Hambourg. Sa famille se rend ensuite dans le Brandebourg en Allemagne de l’Est, où elle passe son enfance. Comme beaucoup d’habitants de la RDA, elle participe alors à des mouvements de jeunesse communistes.

En 1978, elle entreprend des études de physique à l’université de Leipzig. Elle obtient son doctorat en 1986, puis travaille jusqu’en 1990 à l’Institut de physique-chimie de l’Académie des sciences de RDA.

Elle connaît ensuite une rapide ascension politique. En 1990, elle entre au bureau politique du Demokratischer Aufbruch (Renouveau démocratique), mouvement d’opposition au communisme. Elle est nommée porte-parole adjointe du dernier gouvernement de RDA, démocratiquement élu après la chute du mur de Berlin.

Après la réunification de l’Allemagne en octobre 1990, elle devient membre de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) et est élue au Bundestag l’année suivante. Sous la chancellerie d’Helmut Kohl, elle occupe successivement les postes de ministre fédéral des Femmes et de la Jeunesse (1991-1994), puis de ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire (1994-1998).

En 1998, Angela Merkel est élue à la tête de la CDU : elle devient ainsi la première femme à diriger le parti chrétien-démocrate. Sept ans plus tard, en novembre 2005, elle succède au social-démocrate Gerhard Schröder au poste de chancelier : elle dirige alors un gouvernement de coalition avec son allié bavarois CSU (Union chrétienne-sociale) et le parti social-démocrate SPD. Elle est reconduite à ce poste en 2009 pour une coalition avec les libéraux démocrates du FDP. En 2013, son troisième gouvernement rassemble de nouveau la CDU/CSU et les sociaux-démocrates. 

Elle est réélue le 24 septembre 2017 pour un quatrième mandat à la tête de la chancellerie fédérale, avec toutefois des résultats particulièrement faibles : un peu plus de 33 % des suffrages. Le parti d’extrême droite AfD (Alternative für Deutschland) fait quant à lui une percée. Après des négociations prolongées, un accord de grande coalition est finalement trouvé en février 2018 entre la CDU/CSU et le SPD.

Les critiques sur sa politique migratoire ayant conduit à l’accueil d’un million de réfugiés en 2015 et 2016, couplées à la percée de l’AfD lors des élections régionales dans le Land de Hesse en octobre 2018, conduisent la chancelière à annoncer le mois suivant son départ de la présidence du parti. Le 7 décembre 2018, Annegret Kramp-Karrenbauer lui succède à la tête de la CDU, après 18 ans de direction d’Angela Merkel. Elle est elle-même remplacée le 16 janvier 2021 par Armin Laschet, fidèle soutien de la chancelière.

De 2006 à 2020 (avec une interruption en 2010), Angela Merkel a été considérée comme la femme la plus puissante du monde par le magazine Forbes. En Allemagne, elle bénéficie jusqu’à la fin de son mandat d’une cote de popularité particulièrement importante.

Sa vision de l’Europe

Au pouvoir en 2005, la chancelière allemande montre sa volonté d’entretenir la dynamique du couple-franco-allemand. Dès le lendemain de son investiture, elle se rend à Paris pour rencontrer Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin. Une visite qui, selon les mots d’Angela Merkel, “n’a rien d’un rite, mais exprime la conviction profonde qu’une bonne relation franco-allemande, approfondie, amicale, est non seulement importante pour nos deux pays, mais aussi nécessaire et utile à l’Europe”.

Néanmoins, la chancelière remet en cause la relation “classique” voire “mécanique” existante entre la France et l’Allemagne. L’axe franco-allemand ne doit pas, à ses yeux, être “exclusif” ou “dirigé contre les autres”. Elle veut voir naître des relations plus étroites avec la Grande-Bretagne et désire également œuvrer pour le rapprochement de son pays avec l’Europe centrale et orientale. 

Affectueusement surnommée “Mutti” (Maman) en raison de son côté apaisant, parfois qualifiée par ses détracteurs de “Dame de fer” allemande (en référence à la Britannique Margaret Thatcher) voire de “Reine de l’Europe”, Angela Merkel est réputée pour sa discrétion, son pragmatisme et son approche pas à pas. Tant en politique intérieure que dans sa gestion des crises européennes. 

Lors de la crise économique et financière européenne de 2008, elle occupe ainsi un poids primordial, du fait notamment de la bonne santé économique de son pays. Elle montre sa détermination à impulser des “des réformes structurelles”, à l’inverse d’ “une croissance par les déficits”. Et à obtenir d’importantes garanties économiques et budgétaires de la part de ses partenaires européens, notamment la Grèce, en échange de mesures communes pour lutter contre les risques d’effondrement de l’euro.

En matières de relations extérieures de l’UE, la chancelière s’est notamment positionnée dès 2006 en faveur d’un “primat” de l’Otan. Une vision très différente de celle poussée par la France, qui souhaite un renforcement de la politique européenne de défense.

Sa gestion de la crise du Covid-19

L’arrivée de la pandémie de Covid-19 en Europe et dans le monde au début de l’année 2020 conduit à de nombreux bouleversements dans la doctrine allemande. Pour répondre à la crise économique dans son pays, la chancelière brise d’abord un tabou national en suspendant les règles de discipline budgétaire (plafonds de déficit et de dette) dans le cadre de son plan de relance économique.

Au niveau européen, la crise sanitaire et économique conduit au rapprochement franco-allemand. Le 18 mai 2020, la chancelière présente avec son homologue français une initiative commune pour la relance économique de l’Union européenne, consistant en un fonds de solidarité de 500 milliards d’euros. Reposant sur un principe d’endettement commun des Etats européens, l’instrument représente un tournant dans la doctrine économique allemande, qui refusait jusqu’alors le principe d’une telle responsabilité partagée de la dette. 

Le 1er juillet 2020, l’Allemagne prend la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Six mois (juillet-décembre 2020) durant lesquels Angela Merkel contribue à la construction d’un compromis entre les 27 Etats membres de l’UE, qui approuvent définitivement le plan de relance européen de 750 milliards d’euros.

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