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Union européenne, Chine, Etats-Unis… qui émet le plus de gaz à effet de serre ?

Malgré l’accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter dans le monde. Une tendance à laquelle les grandes puissances contribuent à des degrés divers.

L'Union européenne, la Chine et les Etats-Unis comptent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde
L’Union européenne, la Chine et les Etats-Unis comptent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde - Crédits : Schroptschop / iStock

Après une légère baisse en 2020 due aux conséquences de la pandémie de Covid-19, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont reparties à la hausse. En 2022, elles ont ainsi atteint 57,4 gigatonnes en équivalent CO2 (GtCO2e), contre 54,5 en 2020 selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Ces émissions de GES ont augmenté de 62 % entre 1990 et 2022.

Les gaz à effet de serre : avec les gaz à effet de serre (GES), l’atmosphère absorbe une partie du rayonnement infrarouge émis ou renvoyé par la surface de la Terre. Les principaux GES sont la vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbone (CO2), l’ozone (O3), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O).

Sans la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone, la température moyenne sur Terre serait de -18°C et la vie impossible. Mais l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, liée aux activités industrielles humaines depuis le XIXe siècle, entraîne un important réchauffement climatique.

Le dioxyde de carbone (CO2) est le gaz le plus abondant émis par les activités humaines. Il représente, à lui seul, près des trois quarts des émissions mondiales. C’est pourquoi on mesure traditionnellement l’effet des autres gaz à effet de serre en “équivalent CO2”. 

La Chine et les Etats-Unis sont les plus grands émetteurs

Au-delà de la tendance globale, l’émission de gaz à effet de serre relève principalement de la responsabilité des grandes puissances économiques et industrielles. Les quatre principaux émetteurs (Chine, Etats-Unis, Inde et UE27) contribuent en effet à plus de 55 % des émissions directes totales, selon la base de données européennes EDGAR. En 2020, l’ensemble des pays du G20 représentaient 75 % des émissions mondiales.

En valeur absolue, la Chine reste ainsi de loin le plus important émetteur de gaz à effet de serre. A lui seul, le pays émet plus d’un quart des émissions mondiales de GES. Avec une croissance économique soutenue, le pays a connu une explosion de ces émissions dans les années 2000 (+285 % entre 1990 et 2022). L’essor chinois repose en effet principalement sur la consommation de charbon, l’énergie la plus polluante. La réduction de son usage du charbon a toutefois entrainé un ralentissement de ses émissions de GES, qui ont plafonné entre 2014 et 2016, avant d’augmenter de nouveau.

Les Etats-Unis sont le deuxième plus gros émetteur, avec plus de 11 % des émissions mondiales de GES. Depuis 2010, les émissions connaissent une légère baisse (0,4 % par an), grâce à une diminution de l’usage du charbon au profit d’énergies renouvelables et du gaz. Malgré le revirement de la politique climatique sous la présidence de Donald Trump, ce combustible fossile a continué à perdre du terrain. Les émissions totales ont baissé de 2 % entre 1990 et 2022, et de 2,2 % entre 2019 et 2022.

Bien que son taux d’émissions de GES par habitant soit l’un des plus faibles, l’Inde se place à la 3e place des plus grands émetteurs, avec plus de 7 % des émissions mondiales de GES. A l’instar de la Chine, la croissance économique rapide du pays a entrainé une forte progression de ses émissions de GES. Elle a connu une augmentation de ses émissions de 5,7 % entre 2019 et 2022, soit l’une des plus fortes parmi les principaux pollueurs dans le monde. 

L’Union européenne émet près de 7 % des émissions mondiales de GES, suivant l’Inde de près. Les émissions des 27 Etats membres et du Royaume-Uni ont cependant diminué de 1,5 % par an dans la dernière décennie, avec un recul de 3 % en 2019. Cette baisse est notamment due à la diminution des émissions du secteur de l’électricité, grâce au remplacement progressif de l’utilisation du charbon comme combustible primaire. Comme les Etats-Unis, l’UE a vu une baisse de ses émissions entre 2019 et 2022 (-3,4 %).

A la 5e place, la Russie émet un peu moins de 5 % des émissions mondiales. Les difficultés économiques et la récession qui ont suivi l’effondrement de l’URSS ont fait chuter ses émissions de GES. En 2003, son niveau d’émission était inférieur de 30 % à celui de 1990. Cependant, ce pays doté de ressources précieuses s’appuie largement sur l’exploitation de son gaz et son pétrole, provoquant le rejet d’une grande quantité de CO2. En 2022, ses émissions étaient de 16 % supérieures à celles de 2005, demeurant toutefois sous le niveau du tout début des années 1990. 

A noter : si le transport maritime international (exclu de ces chiffres) était un pays, il serait le 13e plus gros émetteur, devant la Corée du sud. Quant à l’aviation internationale, elle trônerait à la 22e place. Comptabilisée avec les 26 autres Etats membres de l’UE sur ces infographies, l’Allemagne prise séparément serait la 11e plus grosse émettrice de GES (en excluant l’UE du classement). 

Enfin, le calcul des émissions générées par un territoire ne tient pas compte des émissions importées, notamment celles induites par la consommation de produits fabriqués à l’étranger. Or celles-ci comptent pour environ un tiers de l’empreinte carbone de l’Union européenne. 

Les émissions de gaz à effet de serre rapportées au nombre d’habitants par pays

On retrouve les petits pays producteurs d’hydrocarbures au classement mondial des plus gros émetteurs par habitant. Parmi ces Etats riches en pétrole et en gaz : le Qatar (67,4 tCO2e), le Bahreïn (39,3 tCO2e) ou encore les Emirats arabes unis (29,3 tCO2e). L’Union européenne, elle, figure à la 56e place des principaux émetteurs de gaz à effet de serre par habitant, au-dessus de la moyenne mondiale toutefois. 

Parmi les 15 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en volume, l’Arabie saoudite dépasse les autres émetteurs en CO2 par habitant, avec 22,6 tonnes équivalent CO2 (tCO2e) par tête. Elle est suivie de près par l’Australie avec 22 tCO2e. Le Canada est 3e du classement, avec 19,8 tCO2e par personne, suivi par la Russie (18 tCO2e). L’UE27 est 10e de ce classement avec 8,09 tCO2e, au même niveau que la Turquie. En Inde, les émissions par habitant atteignent 2,8 tCO2e.

Les engagements européens de réduction des émissions

Les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre ont un rôle important dans la réalisation des objectifs climatiques internationaux, car ils déterminent en grande partie les tendances mondiales en matière d’émissions. Tous signataires de l’accord de Paris de 2015, les pays du G20 devraient être en deçà de leurs objectifs pour atteindre la neutralité climatique au milieu du siècle. Il existe actuellement un déficit de mise en œuvre des mesures visant à réduire les émissions de GES, explique ainsi le rapport du PNUE. En l’état, l’ensemble des engagements pris par les Etats mettent le monde sur la voie d’une hausse des températures de 2,5 à 2,9 °C d’ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels.

Adopté par les 195 délégations présentes lors de la Conférence des parties de 2015 (COP21) sur les changements climatiques, l’accord de Paris vise à éviter un changement climatique trop dangereux en limitant le réchauffement de la planète à 2 °C maximum par rapport aux niveaux préindustriels, et idéalement à 1,5 °C. Pour atteindre cet objectif, les pays signataires doivent dans un premier temps “parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais”.

L’Union européenne a inscrit dans sa loi climat de juillet 2021 un objectif de diminuer ses émissions d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Elle s’était auparavant fixé, dans le cadre du Paquet 2020, un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 %. Or cette réduction avait déjà atteint 33,3 % en 2020 selon Eurostat, permettant à l’UE de respecter ses engagements.

Le nouveau seuil de -55 % semble difficile à atteindre. L’UE compte toutefois relever le défi avec son Pacte vert, une série de politiques dans les domaines du climat, de l’énergie et du transport, dont bon nombre de textes ont déjà été adoptés depuis 2019. Selon le consortium Climate Action Tracker, les émissions de l’UE à 27 pourraient même diminuer de 60 à 61 % à l’horizon 2030, par rapport à 1990. Une bonne nouvelle, puisque la cible de 55 % ne permettrait pas à elle seule de contenir le réchauffement mondial à 1,5 °C. Afin d’atteindre cet objectif ambitieux inscrit dans l’accord de Paris, la fourchette serait plutôt de l’ordre de -58 à -70 % d’ici la fin de la décennie. En 2022, la diminution des émissions de l’UE a atteint -32,5 %.

Le retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sous la présidence de Joe Biden a été salué dans la perspective des objectifs climatiques mondiaux. D’après des projections récentes, la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) devrait réduire les émissions d’environ 1 GtCO2, ce qui rapprocherait les Etats-Unis de leur objectif pour 2030 (-50 à -52 % de réduction des émissions d’ici 2030 par rapport à 2005), souligne le PNUE. 

Par ailleurs, les principaux émetteurs de gaz à effet de serre se sont tous fixé des objectifs de neutralité carbone à des horizons divers : 2050 pour l’Union européenne et les Etats-Unis, 2060 pour la Russie et la Chine, 2070 pour l’Inde… 

PaysEmissions de gaz à effet de serre en 2022 (en millions de tonnes équivalent CO2, MtCO2e)
Chine15 685
Etats-Unis6 017
Inde3 943
Union européenne3 588
Russie2 580
Brésil1 310
Indonésie1 241
Japon1 183
Iran952
Mexique820
Arabie saoudite811
Canada757
Corée du sud726
Turquie688
Australie571
Autres12 915
Source : EDGAR Community GHG Database / Commission européenne, JRC et Agence internationale de l’énergie (IEA), 2023.

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6 commentaires

  • Avatar privé
    gilles Meurisse

    Bonjour,
    Je suis très étonné que l’on ne publie pas une statistique claire et complète de l’empreinte carbone par pays et par habitant, seul chiffre réellement significatif puisqu’il tient compte des importations et exportations. Cela permettrait à chacun de savoir où il en est.

  • Avatar privé
    gogail

    quand on fait les comparaisons entre pays, doit on d’aprés vous pour classer les différents pays ramener les émissions polluantes par habitant ou pas, car forcément le résultat n’est pas le même pour des pays avec un nombre d’habitants important tels que l’Inde ou la Chine par exemple, peut-être aussi pour comparer les efforts faits par les uns et les autres faudrait il mettre en perspective les efforts réalisés par certains pays dans la dernière période pour diminuer la pollution, ce sont simplement quelques réflexions.

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    GONTO Mahongné Alphonse

    Je pense que pour être à l’abris du danger que causent les gaz à effet de serre relatif au réchauffement climatique surtout dans les pays dits développés, l’Afrique Subsaharienne a intérêt à développer et à exploiter à grande échelle et souverainement toutes les ressources énergétiques renouvelables que Dieu lui octroyées naturellement et durablement à dessein dès la Fondation du monde.

    • Avatar privé
      GONTO Mahongné Alphonse

      Erratum : lire dans mon commentaire précédent en lieu et place de •

  • Avatar privé
    NARCISSE

    J’ignore la religion majoritaire des Croates mais nos 27 ne sont pas assez stables que pour prendre qui que ce soit de plus. Benelux, puis les ACEC avaient une culture proche, c’est nécessaire. Les immigrés viennent chercher notre équilibre , pas le rendre identique aux leur qui ne fonctionne pas ! Nous sommes d’une culture « judéochrétienne » quasi non pratiquant mais ayant +/- la même éducation. J’ai été frappée de voir , lors de l’arrivée des Syriens que les catholiques ( non chrétiens) les arméniens, araméiens, ou les éthiopiens ortodoxes , les américains du sud s’intégraient en 1an, parlaient un peu une de nos langues et trouvaient un travail. Zéro avec les différents types de musulmans ( 10 Ans, 30 ans après merci les paraboles TV). Comment est-ce possible ? Respectons notre identité culturelle sinon ce ne sera plus crédible et la population ne suivra plus. C’est déjà limite . Trop de pays de l’est.

    • Avatar privé
      jeremy

      Bonjour,

      J’ai lu votre article qui est très intéressant. Cependant, j’ai constaté que vous n’avez pas développer sur le sujet des pays ” autres” qui émettent 12 915MtCO2e. J’aimerai donc savoir quel pays est concerner par les émissions. 

      Merci d’avance pour votre réponse. 

      Cordialement.