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Réchauffement climatique : l’Europe doit faire plus pour éviter des conséquences “catastrophiques”, alerte l’Agence européenne pour l’environnement

Dans son premier rapport sur les risques climatiques paru lundi 11 mars, l’agence environnementale de l’Union européenne identifie une trentaine de risques majeurs pour le Vieux Continent. Elle appelle les gouvernements et les citoyens européens à faire plus, plus vite.

Selon l'Agence européenne pour l'environnement, "l'Europe n'est pas du tout préparée à la multiplication des catastrophes climatiques qu'elle va devoir affronter" - Crédits : image2roman / iStock
Selon l’Agence européenne pour l’environnement, “l’Europe n’est pas du tout préparée à la multiplication des catastrophes climatiques qu’elle va devoir affronter” - Crédits : image2roman / iStock

La chaleur extrême, la sécheresse, les incendies de forêt et les inondations que nous avons connus ces dernières années en Europe vont s’aggraver, y compris dans les scénarios optimistes du réchauffement climatique, et affecteront les conditions de vie sur tout le continent”, prévient l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) dans un communiqué paru lundi [Les Echos].

Dans son premier rapport sur l’évaluation des risques climatiques en Europe, l’AEE estime que “bon nombre de […] risques ont déjà atteint des niveaux critiques et pourraient devenir catastrophiques sans une action urgente et décisive” [Courrier international]. Sa directrice, Leena Ylä-Mononen, appelle ainsi “les gouvernements et les populations européens” à reconnaître “unanimement” ces risques afin qu’ils “acceptent de faire davantage, plus vite” [France info].

Trente-six risques majeurs

Pour réaliser son étude, l’agence européenne a “dressé une liste de 36 risques climatiques majeurs qui pèsent sur les écosystèmes, l’alimentation, la santé, les infrastructures ainsi que sur l’économie” en vue d’estimer “la vulnérabilité actuelle et future de l’Europe”, indique Libération. “Chacun a ensuite été classé par niveau de gravité (limitée, substantielle, critique et catastrophique), à court, moyen et long terme”, précise le quotidien.

Parmi ces risques, vingt-et-un “nécessitent plus d’actions immédiates et huit, une réponse en urgence”, rapporte Le Monde. “Au premier rang figurent les risques liés aux écosystèmes, principalement marins et côtiers”, poursuit le quotidien du soir. Les Echos citent par exemple “les effets combinés des vagues de chaleur marine, de l’acidification et de l’appauvrissement en oxygène des mers et d’autres facteurs anthropiques (pollution, pêche…), [qui] menacent le fonctionnement des écosystèmes marins”. Des perturbations d’où peut résulter “une perte substantielle de la biodiversité, y compris des événements de mortalité massive”, ajoute le rapport [France info].

Selon le Guardian, l’Europe s’est en effet “réchauffée plus que tout autre continent depuis la révolution industrielle”, soit “environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale, le dioxyde de carbone ayant obstrué l’atmosphère et piégé la lumière du soleil”. D’autres recherches citées par le Financial Times montrent par ailleurs que “le continent devrait se préparer à des températures d’au moins 3 °C plus élevées que celles de l’époque préindustrielle d’ici à 2050″.

D’après le rapport de l’agence de l’UE, “la région du continent la plus vulnérable aux impacts climatiques – en particulier aux chaleurs extrêmes et à la sécheresse – est l’Europe du Sud”, note Politico. A quoi il faut ajouter “les régions côtières à faible altitude”, qui font face aux risques d’inondations, d’érosion et d’intrusion d’eau salée [Le Monde]. Les zones du Sud de l’Europe sont donc “à la fois menacées par des incendies, une pénurie d’eau et ses effets sur la production agricole, et les conséquences de la chaleur sur le travail en extérieur et la santé”, indique l’AEE citée par France info. Toutefois, “l’Europe du Nord doit également se préparer aux risques climatiques, comme l’ont récemment illustré les inondations en Allemagne et les incendies de forêt en Suède” [Die Zeit].

Lourdes pertes humaines et financières

Malgré les “progrès considérables” réalisés dans la “compréhension des risques climatiques (…) et dans la préparation à ces risques” [France info], l’agence de l’UE estime que “l’Europe n’est pas du tout préparée à la multiplication des catastrophes climatiques qu’elle va devoir affronter” [Courrier international]. Et ce “même si le monde parvient à maintenir la hausse de la température mondiale à 1,5 degré Celsius, comme le prévoit l’Accord de Paris”, fait remarquer Politico. Selon les chercheurs, “chaque dixième de degré supplémentaire entraînera davantage d’inondations côtières, de sécheresses de plusieurs années et de vagues de chaleur torride, ce qui signifie que Bruxelles et les gouvernements de l’UE doivent rapidement accélérer leurs préparatifs pour protéger les vies et les moyens de subsistance”, poursuit le média en ligne.

De fait, si aucune “action décisive” n’est mise en place, “des centaines de milliers de personnes mourraient à cause des vagues de chaleur, et les pertes économiques dues aux seules inondations côtières pourraient dépasser 1 000 milliards d’euros par an”, note le rapport cité par le Financial Times. Une multiplication des catastrophes climatiques pourra donc “entraîner une réduction des recettes fiscales, une augmentation des dépenses publiques, une baisse des cotes de crédit et une augmentation du coût de l’emprunt”, explique Politico.

D’après le Financial Times, la Commission doit publier dès aujourd’hui ses propres recommandations en matière d’adaptation au changement climatique. Elle prévoirait “de fixer des ‘exigences minimales’ en matière de résilience climatique’ pour toutes les dépenses du prochain budget de l’UE à partir de 2027″, et mettrait également les Etats “en garde contre un risque de ‘conflits’ […] sur les ressources en eau, une baisse de la productivité en raison de la chaleur extrême et une augmentation de maladies telles que le virus du Nil occidental et la dengue, jusqu’à présent répandues principalement dans les régions tropicales”, poursuit le quotidien britannique. Libération précise toutefois que dans le contexte des prochaines élections européennes, la Commission ne devrait pas faire de “proposition législative” sur le sujet dans les semaines à venir.

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