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Matières premières : quelle efficacité des ressources en Europe ?

Si l’accès aux matières premières est essentiel pour toute économie, leur extraction et leur consommation ont un impact déterminant sur l’environnement. Utiliser ces ressources le plus efficacement possible, c’est réduire la pollution, la dégradation des écosystèmes et le changement climatique qu’elles génèrent. C’est en outre répondre à un besoin stratégique, en préservant les capacités des systèmes de production et en réalisant des économies.

L’évaluation de la “productivité des ressources naturelles” permet de déterminer dans quelle mesure une économie s’inscrit dans les objectifs de développement durable. Un meilleur usage des matières premières suppose des modes de production et de consommation plus soucieux de l’environnement.

La consommation intérieure de matières

Pour mesurer cette efficacité, Eurostat utilise plusieurs indicateurs. Parmi eux, la consommation intérieure de matières (CIM) représente la quantité de matières directement utilisées dans l’économie, que celles-ci soient extraites du territoire national ou importées (on soustrait en revanche les exportations). Rapportée à la population, la CIM donne une idée des besoins en ressources par habitant dans chaque Etat.

Ainsi, en 2020 la consommation intérieure de matières par habitant varie d’un pays membre à l’autre. Celle-ci est en moyenne de 13,4 tonnes par personne dans l’ensemble des 27 Etats membres de l’Union européenne. Mais elle se situe seulement de 7 à 9 tonnes par habitant en Italie (7,4 t/hab), en Espagne (8,1), aux Pays-Bas (8,5), ou encore en Grèce (8,9), alors qu’elle est de plus de 29 tonnes par personne en Roumanie (29,1) et en Finlande (31,3).

Cette consommation est influencée par le patrimoine naturel et les choix énergétiques de chaque pays. L’exemple de la consommation intérieure de combustibles fossiles montre ainsi de fortes disparités : l’Estonie est en tête avec 6,9 tonnes par habitant en 2020. Viennent ensuite la République tchèque (4,6 t/hab), le Luxembourg (4,4), la Bulgarie (4,3) et enfin le Danemark et Malte avec environ 4 tonnes par personne. De l’autre côté de ce classement, la Lettonie (0,4), le Portugal (1,1), la Croatie (1,3) et l’Espagne (1,4) ont enregistré, selon cet indicateur, la consommation la plus faible de matières énergétiques fossiles parmi tous les Etats membres de l’UE, avec moins de 1,5 tonne par habitant.

La densité de population peut également expliquer les différences entre les Etats membres. Les plus densément peuplés, tels que les Pays-Bas, la Belgique ou l’Italie ont tendance à consommer des quantités par habitant légèrement inférieures à la moyenne de l’UE-27. A l’inverse, une consommation par habitant bien plus élevée peut être observée dans les Etats membres à faible densité de population, comme la Finlande, l’Estonie et la Suède, notamment parce que ces pays construisent de grandes infrastructures de transports pour un territoire étendu et/ou peu habité.

Enfin, il faut noter que la moyenne par habitant de la CIM de l’UE diminue au fil du temps : elle est passée de 15,4 en 2000, à 14,4 en 2010, puis à 13,4 tonnes par habitant en 2020. Néanmoins, elle reste supérieure à la moyenne mondiale : la consommation moyenne de matières dans le monde se stabilisait autour de 12 tonnes par personne entre 2009 et 2013, et plafonnait à 11,6 tonnes par habitant en 2018 (après une baisse entre 2013 et 2016 suite à la récession économique). En revanche, en prenant en compte l’augmentation des taux de croissance annuels et des revenus moyens, la consommation de matières au niveau mondial pourrait bientôt dépasser le niveau de l’UE… Un défi de taille pour les années à venir.

Une productivité européenne en augmentation

Pour évaluer l’efficacité des ressources sur le long terme, un autre indicateur peut être utilisé : la productivité des ressources. Celle-ci permet de quantifier le lien entre l’activité économique et l’utilisation des ressources naturelles (biomasse, minerais et matières énergétiques fossiles). Elle correspond au rapport entre le produit intérieur brut (PIB) et la consommation intérieure de matières. Cet indicateur permet de décrire l’efficacité avec laquelle une économie transforme les ressources naturelles en produits ou en richesses et les impacts environnementaux associés. Améliorer cette productivité revient par exemple à favoriser la sécurité d’approvisionnement des pays importateurs : c’est produire plus de richesses avec la même quantité - ou moins - de matière.

Ainsi les chiffres montrent que, de 2000 à 2020, la productivité des ressources a fortement augmenté dans l’Union européenne (en comptant l’ensemble des 27 pays dont ceux qui n’étaient pas encore membres de l’UE en 2000). Celle-ci est passée de 1,54 euro/kg en 2000 à 2,09 euros/kg pour l’UE-27, soit une hausse de près de 35 %.

Cette augmentation n’a toutefois pas été constante et s’est fortement accélérée avec la crise économique et financière de 2008. Celle-ci semble notamment avoir contribué à déclencher une prise de conscience en faveur d’une meilleure gestion de l’utilisation des ressources. Une question stratégique pour l’Union européenne. Le continent est en effet dépendant aux importations de métaux clés comme le lithium, indispensable pour la production des batteries électriques utilisées dans le cadre de la transition écologique.

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