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Environnement : la Commission européenne veut planter 3 milliards d'arbres d'ici 2030

La Commission européenne a financé un reboisement participatif fin novembre, à Reims. Une petite pierre qui s’inscrit dans un objectif plus global : planter 3 milliards d’arbres en dix ans dans l’Union européenne.

Environ 40 % de la surface de l’Union européenne est couverte de forêts - Crédits : Alekseystemmer / iStock

Le temps était clément rue Ledru-Rollin à Reims, samedi 26 novembre. Si le froid a commencé à se faire sentir au fur et à mesure de l’après-midi, les plus de 80 personnes réunies ce jour-là ont pu se réchauffer. Armés de pelles et de pioches, elles ont planté des tilleuls, chênes et autres merisiers… soit 25 essences locales d’arbres. Un reboisement participatif financé par la représentation de la Commission européenne en France et réalisé en partenariat avec l’entreprise spécialisée Reforest’Action. A terme, plus de 2 000 arbres viendront embellir le carré de terrain situé à quelques pas d’une route très passante en banlieue de la cité champenoise.

Cette opération participe à la végétalisation de la ville”, a défendu le maire de Reims Arnaud Robinet (Horizons). Huit lignes d’arbres avaient déjà été plantées en 2016 sur cette friche achetée par la communauté urbaine six ans plus tôt, a également souligné la présidente du Grand Reims Catherine Vautrin (ex-LR).

L’initiative s’inscrit dans un objectif plus ambitieux, fixé au niveau européen : planter 3 milliards d’arbres d’ici à 2030. “J’ai l’habitude de dire que les arbres sont nos alliés dans la lutte contre le changement climatique”, a insisté Valérie Drezet-Humez, cheffe de la Représentation de la Commission européenne en France.

Ateliers citoyens et captage d’eau

Les citoyens présents, de toutes les générations, ont participé à des ateliers qui ont pu leur rappeler tous les avantages d’une forêt en bonne santé. Celle-ci stocke du carbone et constitue par exemple un formidable réservoir de biodiversité.

Les ateliers sont aussi l’occasion de tordre le cou à certaines idées reçues. “A votre avis, est-ce que la forêt française grandit ou diminue ?”, interroge une animatrice. La réponse n’est pas forcément intuitive : en France, les forêts ont regagné 2,7 millions d’hectares ces 30 dernières années. Un chiffre qui atteint 9 millions pour l’ensemble de l’Union européenne. Cette expansion ne signifie pas pour autant que les reboisements sont de bonne qualité. Perte de feuilles, maladies, mauvaise conservation… seuls 18 % des habitats forestiers métropolitains évalués par l’Etat français étaient dans un état de conservation favorable sur la période 2013-2018.

La feuille de route de la Commission européenne pour les prochaines années a ainsi un principe directeur : “planter et faire pousser le bon arbre, au bon endroit et avec le bon objectif”. Une intention suivie à Reims : “Nous avons choisi les essences en fonction de leurs qualités de filtration de l’eau”, raconte Isabelle Dupin, cheffe de projet “Forêt urbaine” chez Reforest’Action. Les arbres facilitent en effet la circulation de l’eau dans le sol. Or, “à côté de cette parcelle, il y a un site de captage d’eau qui alimente 300 000 personnes” en puisant dans la nappe phréatique de la craie de Champagne, explique la spécialiste.

Des membres du Conseil municipal des jeunes de Reims étaient notamment présents - Crédits : Toute l’Europe

Stratégie forestière européenne

Depuis la publication d’une nouvelle stratégie européenne pour les forêts en 2021, qui remplace la précédente de 2013, la Commission a entrepris une série d’actions. Proposé en juin 2022, un règlement vise à réparer les 80 % d’habitats européens en mauvais état. Si celui-ci est adopté par le Parlement et le Conseil de l’UE, il imposera aux Etats membres des objectifs en matière de restauration des forêts.

L’Union européenne a également pris à bras le corps la question de la déforestation importée. L’accès au marché unique d’une série de produits sera bientôt interdite s’ils sont issus de terres déboisées après décembre 2020. Le texte concerne l’huile de palme, le bœuf, le soja, le café, le cacao, le bois et le caoutchouc ainsi que des marchandises dérivées (comme les meubles, le chocolat ou le papier). Formulée fin 2021 par la Commission, cette proposition a reçu l’aval des eurodéputés et des Etats membres le 6 décembre 2022.

Les objectifs de développement durable des Nations unies fixent un cap : restaurer 350 millions d’hectares de forêts à l’horizon 2030 au niveau mondial. Selon l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), entre 36 et 49 milliards de dollars sont nécessaires chaque année pour atteindre cette cible. Si les fonds publics ne suffiront pas, un responsable de Reforest’Action présent à Reims prévient : il faudra continuer à mettre à contribution les entreprises privées, avec un réel engagement de leur part.

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