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Entre difficultés à assurer son approvisionnement et hausse des prix du gaz, l’Europe face au défi énergétique

L'Union européenne, qui mène un véritable bras de fer contre Moscou, bataille pour assurer sa sécurité énergétique. Redoutant l'hiver prochain et inquiets pour leur approvisionnement en gaz, certains Etats membres particulièrement dépendants des hydrocarbures russes se tournent vers des alternatives plus polluantes.

La baisse d'approvisionnement en gaz au sein de l'UE est l'une des grandes conséquences de la guerre en Ukraine - Crédits : Vadzim Kushniarou / iStock
La baisse d’approvisionnement en gaz au sein de l’UE est l’une des grandes conséquences de la guerre en Ukraine - Crédits : Vadzim Kushniarou / iStock

Alors que la Russie ferme peu à peu le robinet du gaz à l’Europe, les Vingt-Sept s’organisent pour reconstituer leurs réserves avant l’hiver, et ainsi éviter la pénurie lorsque la demande explosera”, rapporte La Tribune. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, “la baisse des livraisons de gaz russe à l’Europe est une ‘attaque’ selon l’Allemagne”, qui évoque “pour la première fois” des “craintes de restrictions” , lit-on dans L’Indépendant.

Ainsi, “après que les livraisons de gaz par Moscou dans [les pays européens] se sont taries ou ont brusquement chuté”, certains Etats membres de l’UE se tournent vers d’autres énergies telles que le charbon, fait savoir L’Usine Nouvelle.

Craintes de pénuries énergétiques

Mardi 14 juin, le géant énergétique russe Gazprom a subitement réduit ses livraisons de gaz en Europe de 40 % via le gazoduc Nord Stream 1″, rappelle l’hebdomadaire. “Si le groupe fait état d’un retard de livraison de pièces de réparation […], les Européens craignent qu’il s’agisse d’une mesure de rétorsion aux sanctions prises contre la Russie, et d’une façon de faire remonter les prix du gaz” [L’Usine Nouvelle].

Le ministre allemand de l’Economie Robert Habeck “a indiqué que la récente décision de la Russie de réduire les flux de gaz naturel vers l’Europe sur son réseau de gazoduc […] était la raison de la crise énergétique allemande”, rapporte Forbes. Car “les niveaux de stockage de gaz naturel en Allemagne sont actuellement à un niveau historiquement bas de 57 %”, poursuit le magazine. M. Habeck a déclaré que son gouvernement pourrait être amené à décréter un rationnement énergétique obligatoire : “nous serons contraints d’adopter de nouvelles mesures d’économie, si nécessaire, par décret”, cite L’Indépendant.

De son côté, “l’Agence suédoise de l’Energie vient de lancer une première alerte sur ses approvisionnements en gaz, s’inquiétant de l’impact des sanctions contre la Russie”, faisant suite “à une alerte similaire émise [la veille] par le Danemark, privé de gaz russe depuis début juin”, indique La Tribune. Dès lors, face à la menace d’une pénurie de gaz, “les Etats membres de l’UE cherchent à économiser cette ressource afin de garder leurs stocks pour l’hiver prochain”, ajoute le média.

En France, “le réseau électrique est confronté à la perspective de pannes d’électricité cet été en raison d’une réduction spectaculaire de la capacité de production de son parc nucléaire”, nous apprend Forbes. Selon EDF, “ce niveau inhabituel de pannes est dû à une vague de chaleur importante et à une ‘apparition soudaine de corrosion fissurante sous tension’ dans certaines centrales nucléaires vieillissantes” [Forbes]. Ainsi, “le gouvernement français envisage désormais la possibilité de nationaliser EDF pour éviter un désastre financier”, en raison d’un niveau d’endettement très élevé et sur le point d’augmenter, note le magazine économique.

Recours accru au charbon

Pour compenser la chute des livraisons de gaz russe à l’Europe”, “les Pays-Bas ont décidé lundi [20 juin] la levée complète des restrictions de production électrique au charbon, tandis que Berlin et Vienne ont annoncé dimanche [19 juin] y recourir davantage”, explique Le Figaro. “Pour réduire la consommation de gaz, il faut utiliser moins de gaz pour produire de l’électricité. A la place, les centrales de charbon devront être davantage utilisées”, a déclaré le ministre allemand de l’Economie [La Tribune].

C’est amer, mais c’est indispensable pour réduire la consommation de gaz”, a-t-il déploré [La Tribune]. Toutefois, il est prévu que “la relance des centrales à charbon [soit] ‘une mesure à court terme’, sur une période ‘limitée’, jusqu’en 2024″, ce qui maintient l’objectif de Berlin “d’abandonner cette énergie polluante en 2030″, précise le journal.

Aux Pays-Bas, “les trois centrales à charbon restantes ont été autorisées à fonctionner à pleine puissance jusqu’en 2024, alors qu’elles sont habituellement limitées à 35%”, relate L’Usine Nouvelle. De plus, les autorités néerlandaises “se gardent la possibilité d’extraire davantage de gaz de l’immense champ de Groningue, le plus grand d’Europe de l’Ouest, dont la fermeture est prévue dans les années à venir en raison des tremblements de terre liés à son exploitation”, ajoute encore l’hebdomadaire.

En réaction, “la Commission européenne et plusieurs organisations de défense de l’environnement mettent en garde quant à l’annonce d’un recours accru au charbon” dans ces Etats membres, signale Le Figaro. “Il faut s’assurer que nous profitions de cette crise pour aller de l’avant” dans la transition énergétique, “sans retour en arrière vers les combustibles fossiles polluants”, a prévenu Ursula von der Leyen, citée par le média. Cette “solution charbon” ne doit pas inciter à lever le pied sur “l’investissement dans les renouvelables, le stockage, l’efficacité énergétique, la réduction de la demande”, abonde Sam Van den Plas de l’ONG Carbon Market Watch [Le Figaro]. 

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