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Energie : la Commission européenne présente sa "boîte à outils" pour contrer la hausse des prix

La Commission européenne dévoile ce mercredi 13 octobre une “boîte à outils” de mesures que les Vingt-Sept peuvent instaurer au niveau national afin d’atténuer les conséquences sociales de la flambée des prix de l’énergie. Des Etats membres divisés sur l’ampleur des réponses à apporter à l’échelle européenne.

La commissaire à l'Energie Kadri Simson est chargée de présenter "un ensemble de mesures que les États membres peuvent adopter conformément à la législation européenne", selon ses mots
La commissaire à l’Energie Kadri Simson est chargée de présenter “un ensemble de mesures que les Etats membres peuvent adopter conformément à la législation européenne”, selon ses mots - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

Attention, danger d’explosion”, titre le Süddeutsche Zeitung. “La Commission européenne a pris conscience du mélange explosif qui se prépare alors que les prix de l’électricité, de l’essence et du gaz augmentent et que l’Europe est censée devenir plus verte dans le même temps”, poursuit le quotidien allemand.

Boîte à outils

La flambée des prix de l’énergie est en effet considérable sur le Vieux Continent : “+ 37 % pour l’électricité en un an en Espagne, + 30 % pour le gaz au prochain trimestre en Italie, + 12,6 % pour le gaz réglementé en France depuis le 1er octobre”, détaille RFI. Face à cette situation, l’exécutif européen “dévoile mercredi [13 octobre] un arsenal de mesures temporaires où pourront puiser les Vingt-Sept” [La Libre] afin d’éviter que la facture des consommateurs n’explose, tout en restant dans les clous de la législation européenne, notamment en termes de concurrence.

Parmi les solutions proposées, les Etats membres “peuvent atténuer l’impact de la hausse des prix en réduisant les taxes, en modifiant et en étendant temporairement l’aide aux industries en difficulté” [Politico]. Le média ajoute que “les ménages à faible revenu peuvent également recevoir des bons financés par les recettes du système SEQE”, ou ETS, le marché des “droits à polluer” au sein de l’UE.

Les Etats membres “pourraient également alléger la charge pesant sur les petites et moyennes entreprises, par le biais de subventions ou en facilitant les contrats d’électricité à plus long terme”, complète le journal télévisé allemand Tagesschau.

Les Etats membres divisés

Mais il y a certaines lignes que Bruxelles refuse de franchir”, assure Politico. Bien que plusieurs ministres européens, dont le Français Bruno Le Maire, appellent à une réforme du marché de l’électricité de l’UE, “la Commission maintient que le système actuel fonctionne bien”, rapporte le média. “Paris souhaite réviser les règles du marché commun de l’électricité, notamment la fixation des prix, jugés trop dépendants des cours des énergies fossiles” [Le Monde]. En outre, “Madrid propose des ‘achats groupés’ de gaz, et Athènes, un ‘fonds transitoire’ absorbant les hausses de cours”, liste le journal du soir.

Si la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a récemment mentionné qu’elle pourrait “étudier la possibilité de découpler le marché”, le journal espagnol El País affirme que “l’initiative n’a plus jamais été mentionnée comme une option”. L’Union européenne envisage cependant “d’acheter en commun du gaz naturel”, comme le souhaite l’Espagne [The Guardian]. Ce stock constituerait une réserve stratégique, “libérée en cas d’urgence”, complète le journal britannique. Une manière de contrer l’influence de la Russie sur les prix de l’énergie, alors que l’entreprise d’Etat russe Gazprom a été accusée de profiter de la situation en ne livrant pas assez de gaz sur le Vieux Continent.

A rebours de la position de l’Espagne, de la France et de la Grèce, d’autres pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Finlande préfèrent que la riposte européenne “se limite à […] des mesures à court terme et rejettent une réforme en profondeur du système électrique européen actuel”, indique le quotidien catalan El Periódico.

Le nucléaire en question

La crise des prix gaziers a relancé le débat sur le nucléaire, une énergie moins chère et décarbonée dont Paris vante les mérites mais qui est décriée par plusieurs Etats, Allemagne en tête”, relève par ailleurs Le Monde. Dans le journal belge Le Soir, un collectif de ministres européens a publié lundi 11 octobre une tribune défendant la fission de l’atome. “L’énergie nucléaire est essentielle”, écrivent-ils, assurant qu’elle “représente déjà près de la moitié de la production européenne d’électricité décarbonée”.

Quoi qu’il en soit, “à plus long terme, les prix devraient rester vulnérables à la volatilité des marchés des matières premières tant que les combustibles fossiles feront partie du mix énergétique de l’UE”, souligne Politico. Le Conseil européen des 21 et 22 octobre prochains sera en partie consacré à cette question de l’énergie.

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