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Emballages en plastique : les chiffres du recyclage dans l'Union européenne

Bouteilles, pots de yaourt et barquettes de frites. A l’heure où les Etats membres de l’Union européenne doivent fournir des efforts pour réaliser l’ambition d’une meilleure valorisation des déchets, où en sont-ils dans le recyclage des emballages en plastique ?

Source de pollution des terres et des océans, les emballages en plastique sont moins recyclés que les autres matières comme le verre ou le carton. En effet, certains plastiques coûtent plus cher à valoriser, tandis que d’autres ne se recyclent tout simplement pas. C’est pourtant le défi que doivent relever les pays européens depuis plusieurs années. Un défi dont les variables sont connues : alors que les Vingt-Sept recyclaient 41,4 % de leurs emballages en plastique en 2018, les Européens ambitionnent d’atteindre un taux de 55 % à l’horizon 2030.

Les emballages en plastique sont notamment utilisés pour leur faible coût et leur légèreté. Mais les conséquences environnementales de leur usage sont importantes. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, environ 230 000 tonnes de déchets plastiques sont déversées chaque année dans la mer Méditerranée, soit l’équivalent de plus 500 conteneurs par jour. Sans compter les émissions de gaz à effet de serre engendrées par leur production et leur incinération.

En parallèle, une nouvelle ressource propre de l’UE consistant en une contribution financière des Etats membres sur les déchets d’emballages en plastique non recyclés a été mise en place en 2021 afin de rembourser le plan de relance européen. Avec ce système, les dix Etats membres les plus riches reversent 80 centimes d’euro au budget communautaire pour chaque kilogramme de déchets d’emballages plastiques non recyclé. Les autres, dont le revenu national brut par habitant est inférieur à la moyenne européenne, bénéficient d’une réduction annuelle forfaitaire sur ce montant, allant de 1,4 million d’euros pour Malte à 117 millions d’euros pour la Pologne, 142 millions d’euros pour l’Espagne et 184 millions d’euros pour l’Italie. De quoi motiver les pays de l’UE à non seulement réduire leur quantité de plastique consommé, mais aussi à mieux valoriser ces emballages.

La Lituanie, la Bulgarie et la République tchèque en tête

La Lituanie est à la pointe des pays européens pour le recyclage des emballages plastiques (69,3 %), notamment grâce à son système de consignes pour les bouteilles produites avec cette matière. La Bulgarie (59,2 %) et la République tchèque (57 %) complètent le trio de tête.

A l’inverse, Malte (11,1 %) se trouve à la dernière place du classement. Ce chiffre concorde avec celui de son taux de recyclage des emballages tous types confondus, qui est également le plus faible de l’UE. La Cour des comptes maltaise (National Audit Office) estimait récemment que le système de tri et de recyclage des emballages plastiques comprenait des lacunes structurelles. “Contrairement au principe du pollueur-payeur préconisé dans le cadre réglementaire de la gestion des déchets, dans la pratique, le gouvernement assume la majeure partie des coûts liés à la gestion des déchets”, indique un rapport de février 2021. En plus de cet aspect financier, des pratiques “inappropriées” de tri à la source ainsi qu’une mauvaise gestion des flux des emballages en plastique après la consommation compliquent le recyclage maltais.

De l’autre côté du continent, les Pays-Bas ont un meilleur taux de recyclage (52 %). Depuis 2019, un système de bonus récompense les entreprises qui utilisent des contenants facilement recyclables. L’organisme chargé de ces déchets applique ainsi une redevance deux fois moins élevée au kilo, sans pour autant sanctionner par un malus les sociétés qui utiliseraient des emballages moins facilement valorisables.

Le Danemark (31,3 %) se trouve pour sa part sous la moyenne européenne (41,4 %), avec une gestion de la collecte qui relève des communes. Les consignes de tri peuvent donc varier d’une municipalité à l’autre. Les mesures prises depuis 2018 visent à harmoniser ces politiques de gestion des déchets en plastique.

Quant à la France, elle se trouve aussi sous la moyenne européenne, avec un taux de 26,9 % en 2018. Si l’Hexagone a mis en place des mesures afin d’augmenter la valorisation de ses déchets, les autorités s’attaquent aussi à la production des emballages en plastique, dans l’esprit des politiques menées au niveau de l’UE. La loi du 20 février 2020 relative à l’économie circulaire dispose ainsi que la France “se donne pour objectif d’atteindre la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique d’ici à 2040”.

Vers de nouvelles données en 2022

Les chiffres indiqués ici doivent cependant être considérés avec précautions. De nouveaux modes de calculs sont entrés en vigueur en juillet 2020 car, comme l’indique un rapport de la Cour des comptes européenne, “la liberté d’interprétation de certaines obligations juridiquement contraignantes, une vérification insuffisante des données, de grandes divergences dans les méthodes de calcul ainsi que dans les procédures de vérification, et le manque d’incitations à transmettre des données exactes se traduisent par une marge d’erreur non négligeable”. En clair : les Etats membres disposaient de plus de flexibilité dans la communication de leurs chiffres en matière de recyclage des emballages en plastique.

La publication des chiffres avec la nouvelle méthode de calcul est prévue pour juin 2022. Avec la méthode corrigée et une transmission des données plus rigoureuse, le taux de recyclage de ces emballages pourrait chuter à 30 %, contre 41,4 % en 2018. Une baisse qui éloignerait l’UE de ses objectifs en la matière.

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