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COP27 : la presse européenne craint un échec

La 27e Conférence mondiale sur le climat s'est ouverte ce dimanche 6 octobre à Charm el-Cheikh, en Egypte. La presse européenne s'interroge sur les objectifs de ce rendez-vous qui se déroule dans un contexte de guerre et en pleine crise économique.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry a ouvert ce dimanche la COP27 qui se déroule dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh
Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry (au centre) a ouvert ce dimanche la COP27 qui se déroule dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh - Crédits : compte Twitter @COP27P

La 27e Conférence des Parties (COP27), qui s’est ouverte ce dimanche en Egypte, “permettra-t-elle de limiter le chaos climatique et ses conséquences funestes pour l’humanité ?”, s’interroge Libération. Instituée lors du sommet de la Terre de Rio en 1992, la COP permet d’évaluer les progrès réalisés par les Etats dans le domaine du climat.

110 chefs d’Etats et de gouvernement, ainsi que de nombreuses délégations, participent pendant deux semaines au “sommet sur le climat le plus étrange et le plus complexe de la dernière décennie” [El Mundo]. L’événement se tient à Charm el-Cheikh, “une enclave touristique au bord de la mer Rouge et sur fond de guerre en Ukraine, de crise énergétique et d’inflation galopante qui menace d’élargir le fossé économique et politique à travers le monde”, décrypte le quotidien espagnol.

Un rapport publié hier par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) indique que, “si les projections pour cette année se confirment, les huit années de 2015 à 2022 seront les plus chaudes jamais enregistrées”, avec une température moyenne “estimée de 1,15 °C supérieure à celle de l’ère préindustrielle”, rapporte Le Point.

Crise climatique

Vagues de chaleur extrême en Chine et en Europe, inondations meurtrières au Pakistan, pluies torrentielles à Madagascar, sécheresse persistante en Afrique de l’Est… Les manifestations et les répercussions du changement climatique sont […] de plus en plus spectaculaires”, pointent les auteurs du rapport [Les Echos]. Le climat se dérègle plus rapidement que ne le prévoient les pires scénarios, “bien trop vite et de manière trop irrégulière pour que même les pays les plus riches puissent s’y adapter et s’y préparer de manière adéquate”, abonde The Guardian.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) “tire [également] la sonnette d’alarme sur les dégâts causés par la crise climatique”, rapporte Il Sole 24 Ore. Le média italien cite une étude récente de l’organisation selon laquelle : “entre 2030 et 2050, le changement climatique provoquera environ 250 000 décès supplémentaires par an dus à la malnutrition”, à des maladies telles que “le paludisme et la diarrhée” et au “stress thermique”.

Le combat pour le climat est une “question de vie ou de mort, pour notre sécurité aujourd’hui et pour notre survie demain”, a commenté le secrétaire général des Nations unies António Guterres en marge de la COP27 [Le Monde]. L’ancien Premier ministre socialiste du Portugal, “qui s’est mué en tribun de la lutte contre la crise climatique, exhorte aujourd’hui les chefs d’Etat à agir” [France info].

Tensions Nord-Sud

La crise du réchauffement climatique est ressentie le plus durement par les pays qui en sont le moins responsables”, explique The Guardian. Les pays les plus vulnérables, qui sont souvent les plus pauvres, réclament depuis longtemps que la question du financement des pertes et dommages soit abordée lors des COP. “Les pertes et dommages désignent les coûts économiques et non économiques irréversibles des phénomènes météorologiques extrêmes”, analyse le média britannique.

En 2009, lors de la COP15 de Copenhague, les pays développés se sont par ailleurs engagés à “verser 100 milliards de dollars par an pour réduire les émissions, fournir une assistance technologique et aider à l’adaptation aux conditions météorologiques extrêmes”, rappelle El Mundo. Une promesse qui “n’est toujours pas tenue” [Le Monde] et qui entraine une forte “défiance des pays en développement”, écrit le journal français.

Selon le média en ligne Politico, le président américain Joe Biden est ouvert “à l’idée que les pays riches payent des réparations aux pays émergents qui subissent les ravages du changement climatique — seulement si la Chine paye aussi”. Le sujet a été donc inscrit à l’ordre du jour de la COP27, “mais il faudra peut-être encore des années avant qu’une décision soit prise ou que de nouveaux fonds soient débloqués dans ce cadre”, craint Die Welt.

Duel entre les Etats-Unis et la Chine

Les deux plus gros pollueurs de la planète parviendront-ils à mettre de côté leurs différends pour agir de concert au chevet du climat ?”, s’interroge Le Parisien. “Après la visite de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à Taïwan, en août dernier, la Chine a suspendu sa coopération avec les Américains sur les questions climatiques”, rapporte Politico qui s’attend à “un face-à-face diplomatique”.

Les principaux dirigeants de la Chine, de l’Inde et de la Russie ne seront d’ailleurs pas présents en Egypte [El País], à l’inverse du nouveau président brésilien Lula qui a promis que son pays “était prêt à jouer à nouveau son rôle dans le combat contre les changements climatiques, surtout en Amazonie” [Le Parisien].

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