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Conseil européen : accord sur le passe sanitaire, divergences sur le climat

Après une première journée consacrée à la Biélorussie, les Vingt-Sept ont discuté ce mardi du passe sanitaire et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Si un accord a été trouvé sur le premier, les débats ont été plus tendus sur le second.

Le Covid-19, le climat et les relations extérieures étaient au menu des deux journées du sommet européen des 24 et 25 mai
Le Covid-19, le climat et les relations extérieures étaient au menu des deux journées du sommet européen des 24 et 25 mai - Crédits : Union européenne

Heureux qui comme touriste fera un beau voyage”, titre Libération. Pour les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement réunis hier, “l’objectif européen de relancer l’économie et le tourisme dès le mois de juillet est désormais en vue avec la perspective du ‘certificat européen Covid-19’ qui permettra de rouvrir enfin les frontières internes de l’UE” [RFI].

Eurodéputés et Etats membres s’étaient entendus la semaine dernière sur ce passe destiné à faciliter les voyages dans l’UE à partir du 1er juillet” [L’Express]. “Attestant qu’une personne est vaccinée, immunisée ou qu’elle a passé un test négatif, ce dispositif est jugé crucial par la Croatie, l’Espagne ou la Grèce, très dépendants du tourisme”, relate le média.

Chaque pays garde une marge de manœuvre importante dans le choix des voyageurs acceptés sur leur territoire. “Le certificat sanitaire pourra enregistrer un test antigénique mais c’est aux Etats de décider s’ils acceptent ces tests rapides ou s’ils exigent un test PCR” [Libération].

Si le passage des frontières devrait être plus aisé pour les personnes complètement vaccinées, “ceux qui n’auront reçu qu’une dose sur deux” dépendront des règles définies par chaque pays, tout comme les personnes ayant reçu des injections du produit chinois ou russe, relaie le quotidien français. “Certains Etats veulent [aussi] garder le droit d’imposer aux titulaires de ces certificats des restrictions (quarantaine ou test supplémentaire)” [L’Express], rajoutant des contraintes aux touristes estivaux.

Neutralité climatique

Les discussions ont été toutefois plus difficiles concernant le futur plan climat. L’Union européenne vise la neutralité climatique en 2050, avec un objectif de “réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 10 ans, par rapport à 1990″ [RTBF]. “Cette ambition nouvelle implique une révision des objectifs contraignants que les Etats membres devront réaliser dans les secteurs non couverts par le marché carbone européen”, poursuit la radio-télévision belge.

En juillet, “la Commission entend mettre sur la table douze propositions différentes, concernant à la fois [cette] répartition des objectifs d’émissions entre les États et le système d’échange de quotas d’émissions carbone (ETS)”, c’est-à-dire de “droits à polluer” que les industries peuvent acheter et vendre sur le marché [L’Echo]. La Commission réfléchit par ailleurs à inclure les secteurs du transport et du bâtiment dans son marché du carbone.

Quel partage ?

Les débats à Vingt-Sept ont ainsi porté sur les critères à retenir pour définir les efforts de réduction d’émissions de chaque Etat. Cette répartition “doit-elle se fonder sur le seul PIB, alors que les pays les plus développés ont déjà massivement sabré leurs émissions et que les moins favorisés dépendent d’énergies fossiles et de secteurs polluants ?”, résume L’Express. “Il s’agit d’un jeu à somme nulle, puisqu’il faut partager entre nous un effort donné. Si je diminue mon effort (de réduction d’émissions), on augmente celui d’un autre”, commentait un diplomate cité par l’hebdomadaire. La Pologne “souhaite que seul le PIB national soit pris en compte, ce qui ferait peser davantage de responsabilités sur les régions les plus riches d’Europe” [Politico].

Côté belge à l’inverse, le Premier ministre Alexander De Croo a demandé que le partage soit aussi déterminé “par le rapport coût-efficacité des mesures” [L’Echo]. Une source européenne explique ainsi à la RTBF que cette approche, mise en avant par les pays les plus développés, “est basée sur le simple fait que lorsque vous êtes déjà à un niveau relativement élevé de mesures respectueuses du climat, chaque pourcentage supplémentaire pour réduire la production de CO2 coûte très cher”. A contrario d’un pays comme la Pologne, très dépendante du charbon, où la fermeture d’une centrale polluante a tout de suite des effets positifs sur les statistiques d’émissions de gaz à effet de serre.

Confessionnal

Finalement, “la réunion s’est déroulée comme une sorte de confessionnal où chacun a pu exprimer ses craintes et ses envies sur la répartition de l’effort pour atteindre ces objectifs, pour que l’institution européenne propose la route la plus ‘juste’, tout en évitant un débat clivant à ce stade”, rapporte Le Soir. “Il ne s’agit pas de décisions, mais de préparatifs en vue de la décision que prendra la Commission européenne le 14 juillet”, avait d’ailleurs prévenu la chancelière allemande Angela Merkel en arrivant au sommet lundi [L’Indépendant].

Au demeurant, d’aucuns ont considéré ces débats prématurés et “se sont demandé à haute voix pourquoi les dirigeants étaient invités à discuter des détails de la politique climatique avant même que la Commission n’ait élaboré ses propositions ‘Fit for 55’ ou évalué leurs impacts”, conclut Politico.

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