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Climat : quels sont les enjeux de la COP26 ?

Sommet mondial pour le climat, la COP26 se tient à Glasgow en Ecosse du 31 octobre au 12 novembre. Un rendez-vous où, six ans après la conclusion de l’accord de Paris, les dirigeants de la planète tenteront de s’entendre sur les mesures à prendre pour contenir le réchauffement climatique et ses effets.

Le principal enjeu du sommet sera la révision à la hausse des engagements des Etats à travers le monde - Crédits : Roman Ranniew / Flickr CC BY 2.0
Le principal enjeu du sommet sera la révision à la hausse des engagements des Etats à travers le monde - Crédits : Roman Ranniew / Flickr CC BY 2.0

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Prenons garde que le XXIe siècle ne devienne pas pour les générations futures celui d’un crime de l’Humanité contre la vie”. Ces phrases, prononcées en 2002 par Jacques Chirac au cours du quatrième Sommet de la Terre à Johannesbourg, n’ont pas pris une ride. Notamment parce que la réalité du réchauffement climatique est toujours plus documentée, et que plus le temps passe, plus les données scientifiques sont alarmantes.

Les scénarios du GIEC

La publication du premier volet du sixième rapport du Groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC) en août, a ainsi livré des prédictions particulièrement alarmantes sur la trajectoire des températures du globe. Contrairement à ce que les chercheurs du GIEC estimaient encore en 2018, la montée moyenne du mercure devrait être de +1,5 degré Celsius en comparaison avec l’ère pré-industrielle vers 2030, et non 2040.

Parmi les cinq scénarios présentés par les scientifiques, le plus pessimiste, celui qui verrait les émissions de gaz à effet de serre au plus haut niveau, prédit un réchauffement moyen de plus de 4,5 °C en 2100. Le scénario se basant sur la tendance actuelle projette quant à lui une augmentation des températures supérieure à 2,5 °C.

Aujourd’hui, les conséquences du changement climatique sont déjà largement observables. En janvier 2021, le programme spatial européen d’observation de la Terre Copernicus établissait que 2020 avait été l’année la plus chaude jamais mesurée, à égalité avec 2016, en dépit du phénomène météorologique La Niña (anomalie thermique des eaux de surface de l’océan Pacifique au niveau de l’équateur), qui a tendance à rafraîchir la planète. 2011-2020 est par ailleurs la décennie la plus chaude jamais observée.

Vagues de chaleur, feux de forêt géants, inondations monstres, tempêtes dévastatrices… Cette montée des températures est en grande partie responsable de la multiplication des catastrophes naturelles sur l’ensemble de la planète, s’accordent à dire les scientifiques. Selon un rapport publié en août dernier par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), ces phénomènes ont été multipliés par cinq entre 1970 et 2019.

Une COP26 cruciale

Le rendez-vous du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow, qui réunira les dirigeants politiques des Etats à travers le monde mais aussi des scientifiques et représentants de la société civile, constitue donc un moment décisif pour parvenir à contenir les effets du réchauffement climatique.

Depuis la signature en 1992 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, comptant aujourd’hui 196 Etats, plus l’Union européenne (appelés “parties”), les Conférences des parties (COP) rassemblent annuellement les pays du monde entier pour contrer le changement climatique et ses effets.

En 2015, lors de la COP21 à Paris, un accord historique sur le climat est adopté. Celui-ci prévoit de limiter le réchauffement de la planète bien au-dessous de 2 °C, de préférence à 1,5 °C.

Le traité implique des engagements (non contraignants) de la part de chaque Etat pour atteindre cet objectif général, nommés contributions déterminées au niveau national (CDN). Des contributions qui doivent être révisées à la hausse tous les cinq ans.

Les nouvelles CDN constitueront donc le principal enjeu de la rencontre de Glasgow, cinq ans après l’entrée en vigueur de l’accord de Paris, en novembre 2016. Or le Programme des Nations unies pour l’environnement les juge encore insuffisants pour atteindre les objectifs fixés. Dans son rapport publié le 26 octobre, l’organisation relève que seuls 120 pays ainsi que l’Union européenne, représentant environ la moitié des émissions de gaz à effet de serre mondiales, avaient relevé leurs CDN à cette date.

L’aide financière aux pays en voie de développement, qui sont aussi les Etats les plus affectés par le changement climatique, devrait aussi occuper une large partie des débats. En 2009 déjà, les pays riches s’étaient engagés à les aider à hauteur de 100 milliards de dollars par an pour s’adapter à ce changement. Mais le compte n’y est toujours pas. Dix ans plus tard, l’aide a plafonné à 79,6 milliards de dollars.

Autre sujet d’importance qui occupera les décideurs : la régulation du marché mondial de la compensation carbone. Un système qui permet aux Etats et entreprises dépassant les niveaux d’émission autorisés de financer des projets réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans l’air, équilibrant ainsi leurs émissions. Or son fonctionnement manque de transparence et d’efficacité, certaines compensations pouvant être comptées plusieurs fois. C’est pourquoi sa réglementation sera discutée à Glasgow.

Quelle sera la position de l’Union européenne lors des négociations ?

Si les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept seront présents à la COP26 et s’exprimeront chacun au nom de leurs pays respectifs, ils ont arrêté une position commune au Conseil début octobre.

Avec son ambition d’être en pointe sur les questions climatiques, l’Union européenne y défendra le rehaussement des contributions déterminées au niveau national et l’accroissement des aides à destination des pays pauvres. Dans ses conclusions, le Conseil insiste aussi sur la nécessité de concevoir et d’adopter des mesures d’adaptation au changement climatique, ses conséquences étant déjà inéluctables. La question des compensations de carbone fait aussi partie des priorités des Vingt-Sept.

En amont de la conférence, la présidente de la Commission européenne a dévoilé plusieurs initiatives, dont une action conjointe avec le président américain Joe Biden pour la réduction des émissions de méthane ainsi qu’une contribution financière d’un milliard d’euros à l’engagement mondial en faveur des forêts. Se félicitant du fait que de nombreux pays s’étaient engagés à atteindre la neutralité climatique en 2050, Ursula von der Leyen a déclaré que “ce dont nous avons besoin à présent, ce n’est pas seulement d’objectifs : nous avons aussi besoin de plans très concrets et d’actions immédiates sur le terrain pour montrer réellement en détail comment nous allons faire pour atteindre ces objectifs au cours de cette décennie”.

Désireuse de donner l’exemple, l’UE a en effet inscrit en juillet dans sa législation, via une “loi climat”, l’objectif de la neutralité climatique à l’horizon 2050, pierre angulaire du Pacte vert initié en décembre 2019. Ce faisant, elle l’a rendu contraignant. Cette même loi instaure également un objectif intermédiaire de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 %, par rapport aux niveaux de 1990 d’ici à 2030, contre - 40 % auparavant. Une cible qui vient ainsi réviser à la hausse la CDN de l’UE, conformément à l’accord de Paris.

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