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Vers un retour de la discipline budgétaire en Europe ?

Alors que la croissance revient et que les dettes publiques gonflent sur le Vieux Continent, huit Etats membres s’opposent à un assouplissement durable des règles budgétaires de l’UE. Le sujet devrait être abordé au cours de la réunion des ministres européens des Finances vendredi 10 et samedi 11 septembre.

Le ministre autrichien des Finances Gernot Blümel avait promis de fédérer une alliance des Etats membres attachés à des niveaux de dette et de déficit contenus
Le ministre autrichien des Finances Gernot Blümel avait promis de fédérer une alliance des Etats membres attachés à des niveaux de dette et de déficit contenus - Crédits : Conseil européen

Cela va être une énorme bataille politique”, admet une source européenne de l’AFP [Euractiv]. Dans les prochains mois, la question de la discipline budgétaire, mise de côté avec la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, risque en effet de faire son retour sur la scène européenne. En particulier la fameuse règle des 3 %, censée obliger les Etats à limiter leur déficit public.

Une “éclaircie” économique

Le sujet doit animer la réunion des ministres des Finances de l’UE vendredi (10 septembre) et samedi (11 septembre) à Kranj (Slovénie)” [Euractiv]. Une rencontre en forme de “premier round d’observation entre partisans d’un assouplissement des règles et défenseurs d’un retour rapide à l’orthodoxie”, commente le média européen.

La réunion se tient dans un contexte d’ ”éclaircie” [L’Express] pour l’économie européenne. Selon les prévisions de croissance de la Banque centrale européenne (BCE), “le PIB de la zone euro devrait bondir de 5 % cette année” [Les Echos]. Et “Eurostat, l’institut statistique de Bruxelles, vient […] d’annoncer une bonne nouvelle : le produit intérieur brut de la zone euro a progressé de 2,2 % au deuxième trimestre, et l’emploi de 0,7 %” [L’Express].

Cette reprise plus rapide que prévu oblige les argentiers du bloc à se poser la question du rythme et des modalités de la consolidation budgétaire qui les attend lorsqu’expirera, fin 2022, dans un peu plus d’un an, la clause de suspension du Pacte de stabilité et de croissance”, expliquent Les Echos. En effet, la Commission européenne avait suspendu les seuils de 3 % de déficit public et de 60 % de dette publique “en activant la ‘clause générale de sauvegarde’ afin que les gouvernements puissent lutter contre la pandémie sans craindre les reproches du bras exécutif de l’UE” [Politico].

Les dettes publiques se sont ainsi envolées depuis 2020. A titre d’exemple, certains pays comme l’Italie et la Grèce “afficheront fin 2021 des ratios de dettes très éloignés de la valeur plafond des 60 % du PIB héritée des années 1990 […], autour de respectivement 160 % et 207 %” [Les Echos].

En amont de la rencontre des ministres européens des Finances et sous l’impulsion de Vienne, “huit capitales du nord et de l’est de l’UE se sont [donc] unies pour repousser les espoirs du Sud d’assouplir les règles de déficit de l’Union” [Politico]. L’Autriche, les Pays-Bas, la Finlande, le Danemark, la Suède, la Lettonie, la Slovaquie et la République tchèque ont ainsi livré leur point de vue sur la querelle concernant une réforme du Pacte de stabilité et de croissance.

Une soutenabilité financière combinée aux réformes qui favorisent la croissance économique doit continuer de constituer la base d’un cadre commun de politique économique et budgétaire dans l’UE”, écrivent-ils dans une lettre commune [Le Figaro]. “Nous sommes ouverts au débat sur l’amélioration de la gouvernance économique et budgétaire”, précisent les huit Etats membres, à la condition que “des simplifications et des adaptations favorisent une application cohérente, transparente et meilleure des règles”.

Les pays dits “frugaux” semblent cependant se montrer plus mesurés que par le passé : “tous les Etats sont […] plus ou moins unis dans l’idée qu’il ne faut pas faire la même erreur que pendant la crise grecque et étouffer l’investissement” [Le Soir]. “S’ils ont pu être brutaux lors de précédentes négociations, le ton employé par les frugaux est cette fois consensuel et très prudent” [Le Figaro]. “Sans doute était-ce le prix à payer par l’Autriche pour voir sept Etats membres la suivre”, souligne le quotidien français.

Une autre approche défendue par le Sud

Toujours est-il que “le Sud est sur une autre longueur d’onde” [El País]. Certains pays, comme la France et l’Espagne, “souhaitent que les discussions sur les nouvelles règles budgétaires aillent vite afin que, lorsque le moment sera venu de débrancher la clause d’exemption […], il ne soit pas nécessaire de revenir au statu quo de l’austérité, mais à un nouveau régime qu’ils espèrent plus souple”, poursuit le journal espagnol.

Le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire “devrait commencer à sensibiliser ses partenaires à quelques pistes de réflexion françaises : des règles plus simples, plus pragmatiques, qui prennent mieux en compte des situations très variées au sein [de l’UE]” [Les Echos]. “Pour Paris, il serait justifié de traiter à part non seulement les dépenses dites ‘vertes’ de protection du climat et de l’environnement, mais aussi d’autres investissements qui préparent l’avenir, par exemple dans le capital humain”, conclut le journal spécialiste des questions économiques.

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