Logo Toute l'Europe

Plan de relance : le Portugal, premier pays à soumettre sa copie à Bruxelles

Le Portugal, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, est le premier Etat membre à avoir présenté son plan de relance à la Commission jeudi 22 avril. Une étape importante pour débloquer les 750 milliards d’euros prévus par Next Generation EU, l’instrument destiné à amortir la crise économique liée à la pandémie de Covid-19.

Au Palais national de Mafra, le chef du gouvernement portugais António Costa a réuni hier un Conseil des ministres entièrement dédié à la culture, mettant en avant les investissements dans ce secteur
Au Palais national de Mafra, le chef du gouvernement portugais António Costa a réuni hier un Conseil des ministres entièrement dédié à la culture, mettant en avant les investissements dans ce secteur - Crédits : compte twitter @antoniocostapm

Le Portugal a été le premier pays à présenter son plan de relance et de résilience (PRR) à Bruxelles”, annonce le journal lusophone Público. La communication de la feuille de route portugaise constitue une étape indispensable pour bénéficier des fonds de Next Generation EU, le plan européen “financé notamment par un recours commun à l’endettement inédit” [Challenges] et qui contient une partie de prêts et une partie de subventions directes pour les Etats.

Le Premier ministre António Costa s’est félicité dans un tweet d’être “le premier Etat membre” à présenter le document. Cette avancée a également été “saluée” par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, relaie le site Sapo. “La Commission a hâte d’évaluer le plan portugais, qui met l’accent sur la résilience et les transitions climatique et numérique”, a-t-elle ajouté [Expresso], soulignant l’importance de lancer Next Generation EU à l’échelle du continent.

Que contient ce plan de relance portugais ?

Le plan prévoit des projets d’une valeur de 16,6 milliards d’euros, dont 13,9 milliards d’euros de subventions non remboursables”, relate Expresso. “Le gouvernement dit qu’il est encore ‘ouvert’ à la possibilité d’utiliser 2,3 milliards d’euros de prêts supplémentaires”, complète Visão. Cette nouvelle somme pourrait être distribuée directement aux entreprises.

Le PRR portugais comprend notamment “243 millions d’euros pour le secteur de la culture, dont 150 millions pour la valorisation du patrimoine”, note Visão. Cela inclut “la modernisation de 49 musées, monuments, palais et théâtres” dans toutes les régions, poursuit le deuxième hebdomadaire d’information du pays.

Avant d’en arriver à cette version finale, Lisbonne a dû revoir sa copie, “le financement des routes et [une] partie du projet de barrage de Pisão” ayant été repoussé par Bruxelles, assure Sapo. Pour le Premier ministre António Costa, qui a assuré que les citoyens et le Parlement auraient leur mot à dire, “il faut de la rapidité, de la rigueur et du contrôle dans la mise en œuvre” de ce plan de relance, dont le détail des mesures est consultable sur le site du gouvernement portugais [Expresso].

Le PRR fait toutefois l’objet de critiques. Une éditorialiste de Público considère que “dans le domaine de l’environnement, les changements semblent surtout cosmétiques”, pointant du doigt le fait que “le gouvernement a raté une double occasion de décarboner et de financer immédiatement des investissements en retard depuis des décennies”. Selon elle, le projet du gouvernement Costa “souffre d’une centralisation excessive entre les mains du ministre de la Planification, rendant prévisible l’aggravation des inégalités territoriales et l’hyper-concentration des financements sur le littoral”.

Et la suite ?

Outre des investissements, les plans nationaux de relance doivent inclure des réformes structurelles” pour obtenir l’aval de Bruxelles, explique Challenges. Les recommandations formulées par le Conseil européen en 2019 et 2020, spécifiques à chaque Etat membre, concernent “la réforme de l’assurance chômage en France et celle des retraites, une réforme du marché du travail en Espagne, des réductions de dépenses publiques en Italie”, énumère le journal. “Comme à l’école, une note A, B ou C sera attribuée par les examinateurs” de la Commission européenne [L’Opinion]. “Il faudra recevoir sept A sur onze pour que le plan reçoive” son feu vert avant d’être examiné par le Conseil de l’Union européenne, ajoute le journal.

Le Premier ministre portugais a appelé les Etats membres “à suivre l’exemple du Portugal et à présenter leurs plans de relance et de résilience afin qu’ils puissent commencer à être approuvés lors de la réunion du Conseil Ecofin du 18 juin” [Visão]. “Notre objectif reste d’adopter tous les plans d’ici à l’été”, a pour sa part déclaré Ursula von der Leyen ce jeudi [L’Opinion]. Si les plans nationaux doivent être envoyés avant la fin du mois d’avril, pour une première évaluation par les services de la Commission, l’exécutif européen a toutefois accordé “une certaine flexibilité” aux gouvernements pour remettre leurs propositions [Euronews]. “La France, la Grèce et l’Espagne en sont aux dernières étapes” de finalisation de leurs projets, fait savoir RTP, la radio-télévision portugaise. Les trois pays pourraient ainsi être les prochains à présenter leur copie.

Par ailleurs, les Parlements nationaux doivent encore approuver la logique de l’endettement commun. En Allemagne, “c’est imminent alors que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a levé, mardi, l’obstacle à la mise en place du fonds européen de relance post-Covid en rejetant les recours dont elle avait été saisie” [L’Opinion].

Les autres sujets du jour

Economie

Institutions

Plan de relance

Politique et élections

Relatons extérieures

Votre avis compte : avez-vous trouvé ce que vous cherchiez dans cet article ?

À la une sur Touteleurope.eu

Flèche

Participez au débat et laissez un commentaire

Commentaires sur Plan de relance : le Portugal, premier pays à soumettre sa copie à Bruxelles

Lire la charte de modération

Commenter l’article

Votre commentaire est vide

Votre nom est invalide