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Facebook Files : la lanceuse d'alerte Frances Haugen salue le projet européen de régulation des services numériques

Au Parlement européen, l’ex-salariée de la plateforme a dénoncé les pratiques de son ancien employeur, lundi 8 novembre. Frances Haugen y a également salué le règlement sur les services numériques proposé par la Commission européenne, en appelant les législateurs à se prémunir de son contournement par les géants du net.

Frances Haugen a répondu aux questions des eurodéputés de la commission du marché intérieur du Parlement européen
Frances Haugen a répondu aux questions des eurodéputés de la commission du marché intérieur du Parlement européen - Crédits : Alexis Haulot / Parlement européen

Pour Frances Haugen, citée par Euronews, “personne, en dehors de Facebook, ne sait ce qui se passe chez Facebook”. La lanceuse d’alerte a tiré la sonnette d’alarme lundi 8 novembre devant les membres du Parlement européen. “C’est ce même constat qui a poussé cette ex-employée de l’entreprise - qui vient d’être rebaptisée Meta - à sortir du silence”, souligne La Croix.

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La présence au Parlement européen de l’ingénieure américaine fait suite à “une réunion matinale avec le commissaire Thierry Breton et [l’eurodéputée] socialiste danoise Christel Schaldemose” [Politico]. Après des “témoignages devant une commission du Sénat à Washington le 5 octobre, à Westminster le 25 octobre, au Web Summit de Lisbonne le 1er novembre”, elle sera auditionnée mercredi 10 novembre “à Paris, devant la commission des lois et des affaires économiques de l’Assemblée nationale”, indique L’Obs. “Pourtant”, remarque France inter, “il y a à peine plus d’un mois, le nom de Frances Haugen était totalement inconnu”.

L’Américaine est à l’origine de “révélations permises par la fuite de documents internes à Facebook [et qui] ont déclenché une tempête de critiques” contre le réseau social, rappelle Le Monde. Baptisés “Facebook Files”, ces centaines de documents “copiés par Frances Haugen […] ont été fournis au régulateur américain et au Congrès, puis transmis par une source parlementaire américaine à plusieurs médias”, explique le quotidien.

Les premiers articles publiés à partir de ces documents, en septembre, nous apprennent que “la modération est plus souple envers les personnalités publiques, que l’algorithme du réseau social a favorisé – contrairement au but affiché – les publications haineuses, et enfin que Facebook savait, via une étude, qu’Instagram avait une très mauvaise influence sur les adolescents” [France inter]. Lundi 8 novembre à Bruxelles, répondant aux questions des eurodéputés, Frances Haugen a répété les griefs formulés à l’encontre de Facebook, accusant ses algorithmes de privilégier “les contenus qui mènent aux positions les plus clivantes” et appelant à remettre en cause “le secret commercial de la compagnie” [RFI].

Le Digital Services Act, une partie de la solution ?

Sa venue à Bruxelles “n’a rien d’un hasard : l’Union européenne tente depuis des mois de rendre l’environnement numérique plus sûr pour les internautes”, note La Croix. Les eurodéputés planchent en effet actuellement sur le projet de “Digital Services Act (ou DSA), la loi sur les services numériques”, complète le journal. Cette proposition “vise à imposer de nouvelles restrictions sur la manière dont les entreprises technologiques comme Facebook et Google gèrent le contenu de leurs plateformes”, détaille Politico. Elle aurait entre autres pour but de leur interdire “d’utiliser les algorithmes pour promouvoir de fausses informations et des discours dangereux”, ajoute L’Echo.

A l’issue de son entretien avec Frances Haugen, Thierry Breton a appelé à l’adoption du DSA, ainsi que de l’autre grand projet européen de régulation du net, le “règlement sur les marchés numériques (‘Digital Markets Act’, DMA) dans la première moitié de 2022, période pendant laquelle la France occupera la présidence tournante de l’UE” [La Libre]. Le DSA “pourrait être un étalon-or pour l’ensemble de la planète”, a déclaré l’ancienne salariée de Facebook [L’Echo].

Des discussions “épineuses

Si elle a salué le règlement porté par la Commission, elle a cependant “mis en garde le Parlement européen contre la création de failles dans la loi sur les services numériques”, relate Politico. Les géants du secteur “ne se plieront aux nouvelles législations que si celles-ci comportent des mécanismes de sanctions ‘bien réels’ “, a-t-elle ajouté, cite La Croix.

Le témoignage de Frances Haugen pourrait donner un coup d’accélérateur aux pourparlers, mais ces discussions restent malgré tout parmi les plus épineuses du moment”, relève le quotidien. Pour Politico, “le véritable combat se déroule maintenant entre le Parlement européen, la Commission européenne et les pays membres”. Les représentants des trois institutions se retrouveront “au début de l’année prochaine pour élaborer un compromis final sur les propositions de contenu”, fait savoir le média.

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