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Evasion fiscale : des responsables européens mis en cause par les Pandora Papers

Dimanche soir, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a révélé que plusieurs responsables politiques de haut niveau avaient partiellement échappé à la fiscalité de leur pays. Baptisée “Pandora Papers”, cette enquête mettant en lumière la dissimulation de 11 300 milliards de dollars grâce à des sociétés offshores, vise notamment des dirigeants européens en exercice.

Les révélations des Pandora papers concernent notamment le premier ministre tchèque, actuellement en campagne pour sa réelection
Les révélations des Pandora papers concernent notamment le premier ministre tchèque Andrej Babiš, actuellement en campagne pour sa réelection - Crédits : compte Twitter @AndrejBabis

Si les ‘Panama Papers’ avaient été un électrochoc, cette nouvelle enquête planétaire est une confirmation”, annonce France info : “les ‘Pandora Papers’ représentent l’enquête la plus importante jamais menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et ses partenaires”, dont Radio France, Le Monde ou The Guardian, poursuit le site d’information.

Dévoilées le 3 octobre, ces nouvelles révélations reposent sur “la fuite de près de 12 millions de documents confidentiels […] provenant des archives de quatorze cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore dans les paradis fiscaux (îles Vierges britanniques, Dubaï, Singapour, Panama, les Seychelles…)”, précise Le Monde. Des informations qui ont permis d’établir des liens “entre des actifs offshores et 336 dirigeants et responsables politiques de premier plan” [Huffington Post]. “Nous avons eu un accès inédit à ce que représente l’évasion, la fraude ou l’optimisation fiscale dans le monde”, commente pour France 24 Jacques Monin, chef de la cellule investigation de Radio France, partenaire de l’ICIJ.

Des responsables européens épinglés

Parmi les dirigeants européens impliqués, figure l’actuel Premier ministre tchèque Andrej Babiš. Arrivé au pouvoir “en promettant de sévir contre l’évasion fiscale et la corruption” [France info], il aurait pourtant “placé 22 millions de dollars dans des sociétés-écrans” pour “financer l’achat du château Bigaud, une grande propriété située à Mougins, dans le sud de la France” [Huffington Post]. Or “ces sociétés-écrans et ces maisons n’apparaissent pas dans les déclarations de patrimoine qu’il est tenu de déposer en tant qu’agent public” dans son pays, précise France info.

Des révélations qui s’ajoutent à d’autres affaires visant M. Babiš, rappelle The Guardian : “en juin, la police tchèque a demandé que Babiš soit inculpé de fraude dans le cadre de la longue affaire du “Nid de cigogne”, dans laquelle il aurait obtenu frauduleusement 2 millions d’euros […] de fonds européens pour construire un hôtel”. L’intéressé a rejeté ces allégations, qu’il juge “motivées politiquement” [The Guardian], et dénonce des tentatives visant à “le dénigrer et influencer les élections législatives tchèques” [France 24], prévues vendredi et samedi prochains.

Un autre nom ressort de l’enquête : celui du président chypriote Nikos Anastasiades, “toujours impliqué dans son ex-cabinet d’avocats étroitement lié au monde de l’offshore, et qui entretient des liens avec les oligarques russes” [l’Est républicain]. La société chypriote nie quant à elle toute malversation, “le président [ayant] indiqué qu’il avait cessé d’avoir un rôle actif dans ce cabinet, après être devenu leader de l’opposition en 1997″, indique Politico.

“Discours anticorruption”

Dans la plupart des pays, [les faits reprochés] ne sont pas susceptibles de poursuites. Mais dans le cas des dirigeants, l’ICIJ met en parallèle le discours anticorruption tenu par certains d’entre eux avec leurs placements dans des paradis fiscaux”, indique France 24. C’est par exemple le cas pour l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui avait déclaré en 1994 : “Pour ceux qui peuvent recourir aux bons comptables, le système fiscal est un paradis d’escroqueries, d’avantages et de profits” [Le Monde]

Or M. Blair, cité dans l’enquête, a “recouru à un montage offshore qui [lui] a permis d’économiser 380 000 euros de taxes sur l’achat d’une belle propriété victorienne dans un quartier huppé de Londres, pour la coquette somme de 7,3 millions d’euros”, poursuit le quotidien français. Au lieu d’acquérir directement la résidence, “les époux ont acquis […] les parts [de la] société [propriétaire] offshore installée aux îles vierges britanniques” [Le Monde]. Ce qui leur a permis “d’échapper aux frais de mutation normalement réclamés pour toute vente de bien immobilier sur le sol britannique”, conclut le quotidien.

A Malte, l’ancien ministre et commissaire européen John Dalli est pointé du doigt par le Times of Malta car il possédait une “entreprise offshore secrète alors qu’il était parlementaire européen”. “L’ancien commissaire européen a utilisé les services de prête-noms fournis par le cabinet juridique panaméen Alcogal pour dissimuler sa participation dans la société Westmead Overseas Limited, établie dans les îles Vierges britanniques”, poursuit le quotidien en s’appuyant sur les révélations des Pandora Papers. D’autres noms enfin, comme celui de l’ancien président français du FMI Dominique Strauss-Kahn ou de la mannequin allemande Claudia Schiffer, sont également cités par l’enquête.

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