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Environnement : le Comité économique et social européen appelle à des transports verts socialement justes

Une transition écologique des transports qui ne pénalise pas les plus vulnérables. C’est le souhait émis par l’organe consultatif représentant la société civile européenne, dans un avis adopté le 27 avril dernier.

"La transition doit être attrayante et réaliste, et donc acceptable pour les citoyens et les entreprises d'un triple point de vue : financier, social et pratique", résume Stefan Back, rapporteur de l'avis du Comité économique et social européen - Crédits : Oleksandr Filon / iStock
La transition doit être attrayante et réaliste, et donc acceptable pour les citoyens et les entreprises d’un triple point de vue : financier, social et pratique”, résume Stefan Back, rapporteur de l’avis du Comité économique et social européen - Crédits : Oleksandr Filon / iStock

La mise en place de modes de transport verts aura un coût, mais celui-ci devra être financièrement acceptable et socialement réalisable. Lors de leur session plénière des 26 et 27 avril dernier, les 329 membres du Comité économique et social européen (CESE) ont voté un avis identifiant plusieurs aspects à surveiller de près pour s’assurer que la transition écologique des transports soit juste.

L’un des tous premiers textes adoptés sous la présidence de l’Autrichien Oliver Röpke. La veille de ce vote, ce dernier avait succédé à sa compatriote Christa Schweng à la tête de l’organe consultatif représentant la société civile auprès des institutions de l’Union européenne.

Une transition pensée pour les citoyens

Rédigé à la demande de la présidence suédoise du Conseil de l’UE (janvier-juin 2023), l’avis voté le 27 avril indique que la transition écologique des transports à long terme est réalisable mais à la seule condition que citoyens et entreprises en acceptent les objectifs. Pour rappel, dans le cadre de son Pacte vert pour l’Europe, l’UE vise une réduction des émissions de carbone du secteur des transports de 90 % d’ici à 2050. Une cible intermédiaire de 55 % a été établie pour 2030.

La transition doit être attrayante et réaliste, et donc acceptable pour les citoyens et les entreprises d’un triple point de vue : financier, social et pratique”, résume le Suédois Stefan Back (groupe des employeurs), rapporteur de l’avis.

Ce n’est qu’ainsi que la transition pourra être activement soutenue par notre société”, complète son co-rapporteur, le Polonais Mateusz Szymański (groupe des travailleurs). Selon lui, “le risque n’est pas seulement l’échec” mais aussi des “troubles sociaux”.

Trois conditions à réunir

Le CESE insiste sur trois points qui lui apparaissent centraux en matière de verdissement du secteur des transports. Le premier concerne les entreprises, qui devraient pouvoir maintenir leur compétitivité et ne pas être confrontées à des coûts excessifs.

Le deuxième aspect est en lien avec leurs employés : il faut qu’ils aient l’opportunité de s’adapter à leurs nouvelles conditions de travail, impliquant un recours accru aux mobilités propres, de manière socialement acceptable.

Enfin, le troisième aspect concerne l’ensemble des citoyens. Dans les agglomérations comme à la campagne, ceux-ci doivent pouvoir bénéficier de conditions de mobilité accessibles et à un prix raisonnable.

Infrastructures

Pour le CESE, des infrastructures efficaces seront la clé d’une transition écologique réussie du secteur des transports. Notamment en termes de distribution de carburants alternatifs, qui devront être largement disponibles, y compris dans les zones rurales.

Les membres de l’organe consultatif soulignent en particulier un problème de cohérence temporelle entre projets européens concernant l’hydrogène. Décidé en mars dernier, le règlement AFIR (règlement sur l’infrastructure pour carburants alternatifs) imposera la présence de stations hydrogène tous les 100 kilomètres sur les routes du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), un vaste programme de développement des infrastructures du secteur dans l’UE.

Or, les membres du CESE notent que l’achèvement complet du RTE-T n’est prévu qu’en 2050. De nombreux conducteurs, et plus encore ceux des zones rurales non couvertes par le RTE-T, pourraient ainsi ne pas avoir la possibilité d’accéder à l’hydrogène.

De manière plus générale, en tant que représentant de la société civile organisée des Vingt-Sept, le CESE enjoint à ce que cette dernière soit régulièrement consultée dans tous les stades de développement de la transition verte des transports.

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