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Economie : l’Union européenne revoit ses prévisions à la baisse

Recul de la croissance, augmentation de l’inflation… telles sont les perspectives pour l’UE présentées lundi 16 mai par la Commission européenne. Principal facteur de cette détérioration : la guerre en Ukraine, dont les effets économiques pourraient perdurer plusieurs années.

Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, annonce un ralentissement de la croissance du PIB dans l'UE et une hausse de l'inflation dus à la guerre en Ukraine, lundi 16 mai à Bruxelles - Crédits : Jennifer Jacquemart / Commission européenne
Le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, annonce un ralentissement de la croissance du PIB dans l’UE et une hausse de l’inflation dus à la guerre en Ukraine, lundi 16 mai à Bruxelles - Crédits : Jennifer Jacquemart / Commission européenne

La croissance de l’UE au péril de la guerre”, titre Le Soir, après que Bruxelles a dévoilé ce lundi “ses prévisions économiques de printemps”, poursuit Le Figaro. A la clé, “un scénario nettement moins optimiste” que prévu, souligne Le Monde.

La Commission européenne table désormais sur un ralentissement de la croissance. “Elle mise sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,7 % en 2022 et de 2,3 % en 2023 au sein de l’Union européenne comme de la zone euro. En février, lors de ses dernières prévisions, elle anticipait une croissance de 4 % en 2022 et de 2,8 % (2,7 % pour la zone euro) l’année suivante”, détaille le quotidien. “C’est un recul important par rapport aux 5,4 % de 2021, année de la reprise post-Covid”, note Le Figaro.

L’inflation pourrait, elle, subir un “choc […] violent” [Les Echos]. Ainsi, Le Figaro explique que “les prix devraient grimper de 6,1 % en 2022 dans la zone euro. Lors de ses prévisions de février, l’inflation pour 2022 était attendue à 3,5 %”. Des chiffres “très loin de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE)”, rappellent Les Echos. Cité par le quotidien, le commissaire européen à l’Economie Paolo Gentiloni annonce qu’un “pic sera atteint durant ce trimestre, avant une lente redescente” qui ramènera cette hausse à 3,2 % dans la zone euro en 2023. Cinq Etats membres devraient même “afficher une hausse générale des prix supérieure à 10 % cette année”, complète Le Figaro : l’Estonie, la Lituanie, la Bulgarie, la République tchèque et la Pologne.

Guerre en Ukraine et confinements en Chine

Pour cause, ces derniers sont les plus “exposés à l’économie russe” [Le Figaro]. Car la révision des prévisions s’explique pour l’essentiel par le conflit en Ukraine, qui “met à l’épreuve la résilience économique de l’Union européenne”, résume une phrase du communiqué cité par Le Soir.

Si la hausse actuelle de l’inflation est due à la “flambée des prix de l’énergie, des matières premières et des denrées alimentaires” [Le Figaro], “la guerre accentue des facteurs défavorables à la croissance préexistants”, complète Paolo Gentiloni dans Les Echos. Comment ? “En exerçant de nouvelles pressions à la hausse sur les cours des matières premières, pressions qui entraînent de nouvelles ruptures d’approvisionnement et accentuent l’incertitude”, précise le commissaire européen.  

Autre facteur de ralentissement mentionné par Le Monde : les “confinements qui se multiplient en Chine face à la recrudescence de la pandémie, notamment à Shanghaï, accentuent les difficultés d’approvisionnement de l’industrie et pèsent sur le commerce mondial”.

Ainsi, et même si tous les “Etats membres devraient voir leur économie freiner cette année” [Le Figaro], “c’est la double peine” pour certains comme l’Allemagne, constate Le Monde. Le pays, qui “entretenait des liens économiques importants avec la Russie” [Le Monde], risque d’être pénalisé “par le ralentissement du commerce mondial et par les goulots d’étranglement dans les approvisionnements liés aux confinements chinois” [Le Figaro].

Entre scénario du pire et indicateurs positifs

La Commission envisage même deux scénarios pouvant encore dégrader l’économie européenne. Le premier serait une nouvelle “flambée des prix de l’énergie”, indique Le Figaro. Le second, “le pire” selon Les Echos, consisterait en une “rupture brutale des livraisons à l’Europe de gaz russe [qui] aurait un impact ‘substantiel’ et immédiat en raison de ‘solutions limitées de substitutions’ “. Dans les deux cas, il faudrait prévoir que “l’Europe entre en récession”, annonce Le Figaro.

Certains indicateurs restent pourtant positifs, a souligné la Commission. “Le marché de l’emploi devrait, pour sa part, résister à ces vents mauvais et profiter de la fin du Covid-19 et de la réouverture des restaurants, cinémas et autres commerces. Le taux de chômage devrait encore baisser, […] pour atteindre 6,7 % en 2022 (7,3 % dans la zone euro) et 6,5 % en 2023 (7 % dans la zone euro)”, fait savoir Le Monde. Enfin, Paolo Gentiloni a écarté “le spectre d’une nouvelle crise des dettes”, remarquent Les Echos, en expliquant que “le système bancaire est bien plus résistant qu’il y a dix ou quinze ans”.

Pendant ce temps, les Vingt-Sept tentent toujours de s’accorder sur un sixième paquet de sanctions contre la Russie, présenté par la Commission il y a douze jours. “Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de ce lundi, la Hongrie s’est opposée, une fois de plus, à une interdiction européenne du pétrole russe. Les diplomates considèrent désormais le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, qui se tiendra fin mai, comme le moment de sortir de l’impasse”, écrit Politico.

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