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Economie : l’inflation dans la zone euro atteint des records

En novembre, la hausse des prix a atteint 4,9 % sur un an dans la zone euro, le taux enregistré le plus élevé depuis la mise en place de la monnaie unique. Un phénomène qui affecte particulièrement les classes moyennes et les plus précaires, mais qui pourrait être provisoire et s’estomper.

La principale mission de la Banque centrale européenne (BCE) consiste à maintenir la stabilité des prix autour de 2% d'inflation
Une des missions de la Banque centrale européenne (BCE) consiste à maintenir l’inflation à 2% - Crédits : Firn / iStock

Jamais Eurostat n’avait enregistré un tel chiffre depuis le début de ses estimations il y a plus de vingt ans”, annoncent Les Echos. Un taux de 4,9 % dans l’eurozone sur un an mesuré en novembre par l’office statistique qui est “donc inédit depuis les débuts de la monnaie unique européenne”.

La hausse des prix touche particulièrement certains pays. Les taux grimpent à “6 % en Allemagne ; 7,1 % en Belgique ; 8,4 % en Estonie et 9,3 % en Lituanie… La France reste pour l’instant relativement épargnée, avec un indice des prix en hausse de 3,4 %”, rapporte Le Monde.

Situation conjoncturelle ?

Si cette situation est exceptionnelle, “les économistes de la [Banque centrale européenne] (BCE), […] soulignent que le phénomène est – au moins en partie – temporaire” [Le Monde].

Une des principales causes de ce résultat est la crise de l’énergie, dont les prix ont augmenté de 27 % en un an”, indique Politico. “La flambée du pétrole et du gaz s’est transformée sans surprise en une hausse du prix de l’essence à la pompe et des factures d’électricité”, précise Le Monde, qui note que “hors énergie, l’inflation en zone euro est de 2,5 %”.

De son côté, la BCE, garante de la politique monétaire, et dont la conjoncture actuelle “atomise” [Libération] l’objectif de 2 % d’inflation dans l’eurozone “tente de calmer l’inquiétude”, fait savoir le Financial Times, cité par Courrier international. Sa présidente, Christine Lagarde, estime elle aussi que cette montée de la pression inflationniste est due à “de nombreuses causes ponctuelles, telles que la flambée des prix de l’énergie et les goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement”, des perturbations qui “s’estomperont l’année prochaine”, détaille le Financial Times.

Des conséquences sociales néfastes

Le retour de l’inflation est aussi un défi aux dirigeants politiques du Vieux Continent”, considèrent Les Echos, qui pointent l’effet sur “le pouvoir d’achat des classes moyennes, menaçant de les faire tomber parmi les plus pauvres”. Par ailleurs, “les moins privilégiés et les moins aisés sont ceux qui souffrent le plus de l’inflation”, a fait remarquer Christine Lagarde en fin de semaine dernière, dont les propos sont rapportés par le journal économique.

Ainsi, en Espagne, “en un an, selon l’Institut national des statistiques, le prix de la viande a pris 7 %, celui de l’huile d’olive, essentielle en Espagne, 26 %”, indique Ouest-France. Une situation difficile pour nombre de ménages, dans un pays où le salaire minimum mensuel est d’environ 950 euros net. “Il y a quelques mois, le kilo de kiwi me coûtait 1,89 euros, là, c’est 2,69 euros. Tout augmente : les pâtes, le lait, absolument tout”, s’inquiète une femme de ménage et mère de deux enfants de 7 et 10 ans auprès du quotidien régional.

Même son de cloche en Allemagne, où le chercheur en sciences politiques Christoph Butterwegge, interrogé par Libération, explique que “la hausse des coûts de l’énergie frappe ‘surtout les demandeurs d’emploi’, et ‘dès cet hiver’ “. Il rappelle aussi que dans son pays “les bénéficiaires de l’allocation-chômage sont devenus de plus en plus pauvres” [Libération].

Incertitudes

Si plusieurs indicateurs suggèrent une inflation temporaire, d’autres viennent relativiser les pronostics les plus optimistes.

De nombreux économistes sont en premier lieu préoccupés par “l’inflation de base, qui exclut les facteurs variables tels que les prix de l’alimentation et de l’énergie”, met en avant Politico, mentionné par Courrier international. “Celle-ci est passée en un mois de 2 % à 2,6 %, suggérant que ‘l’inflation pourrait en fait diminuer plus lentement’ que prévu’ “[Courrier international].

L’incertitude a de même “augmenté avec l’arrivée du variant Omicron” [Les Echos]. “D’un côté, de nouvelles mesures de restrictions pourraient avoir des effets déflationnistes en limitant la demande pour certains biens et services. De l’autre, les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement pourraient s’accroître et pousser les prix à la hausse. Il est difficile de savoir a priori quel effet l’emporterait”, estime le directeur des études de l’institut Rexecode Emmanuel Jessua pour le quotidien.

Face à ces doutes, “la BCE devrait mettre à jour ses prévisions lors de sa prochaine réunion, le 16 décembre” [Courrier international].

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