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Conseil européen : les Vingt-Sept divisés sur la réponse à apporter à la crise énergétique

Le sommet européen des chefs d'Etat et de gouvernement s'ouvre ce jeudi 20 octobre à Bruxelles sur fond de divisions franco-allemandes. La flambée des prix de l'énergie et la sécurité d'approvisionnement en gaz seront au cœur des débats.

Le chancelier allemand Olaf Scholz, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron (ici en juin) sont présents à Bruxelles pour assister à un Conseil européen dédié à l'énergie, l'inflation et les relations avec la Chine
Le chancelier allemand Olaf Scholz, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron (ici en juin) sont présents à Bruxelles pour assister à un Conseil européen dédié à l’énergie, l’inflation et les relations avec la Chine - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne

Les chefs d’Etat et de gouvernement arrivent aujourd’hui à Bruxelles pour un sommet qui portera essentiellement sur la flambée des prix de l’énergie et la pénurie de gaz”, indique Politico. Leurs échanges “s’annoncent musclés, tant les enjeux économiques et sociaux sont considérables” [Le Monde].

Sur le sujet des prix de l’énergie, “la présidente de la Commission [Ursula von der Leyen] est confrontée aux divisions des Vingt-Sept qui ont chacun leur propre mix énergétique, les uns s’appuyant sur le nucléaire, d’autres sur le gaz ou même le charbon pour produire leur électricité”, explique La Libre.

Plusieurs pistes sur la table

Depuis l’invasion de l’Ukraine fin février, qui a précipité cette crise énergétique, la Commission européenne a surtout mis “sur la table des paquets de mesures pour garantir la sécurité d’approvisionnement et accélérer la transition énergétique” [Le Soir]. “Jusqu’ici, les Vingt-Sept ont su répondre au premier défi que leur a posé la guerre en Ukraine : être en mesure, cet hiver, de se passer de gaz russe”, estime en effet Le Monde. En plus d’avoir rempli à plus de 92 % leurs stocks de gaz, les Etats membres “ont réduit leur consommation [en septembre] (de 15 %) et se sont engagés à diminuer celle d’électricité (de 5 % aux heures de pointe)”, note le journal du soir.

Pour autant, “le sujet des prix du gaz et de l’électricité, qui sont liés, reste entier” [Le Monde]. Selon El País, “la formule ibérique de plafonnement des prix du gaz utilisé pour produire de l’électricité s’impose progressivement dans l’UE”. “Les Vingt-sept envisagent maintenant de créer un cadre temporaire pour plafonner le prix, comme l’Espagne et le Portugal le font depuis juin”, rapporte le quotidien. Une solution défendue par Madrid et Lisbonne, mais aussi par Paris. De son côté, “l’Allemagne pourrait finir par l’accepter afin d’éviter d’imposer un plafonnement [généralisé] des prix des importations de gaz”, croit savoir El País.

La présidente de la Commission européenne a formulé de nouvelles propositions mardi 18 octobre, qui doivent être discutées aujourd’hui à Bruxelles. Elles incluent notamment des achats communs de gaz et un mécanisme de correction du prix de cette énergie fossile sur le marché de gros. Mais aussi l’utilisation d’une partie des fonds de cohésion afin d’aider les ménages et les entreprises vulnérables, pour un montant de 40 milliards d’euros.

Une autre solution pour alléger la facture des consommateurs et notamment proposée par l’Italie : “créer un fonds sur le modèle de SURE, adopté dans le contexte du Covid-19″ [La Repubblica]. “La Commission européenne avait contracté des crédits garantis principalement par les pays les plus solvables comme l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas, et avait transféré l’argent sous forme de prêts à faible taux d’intérêt aux pays moins solvables comme l’Italie ou le Portugal”, rappelle Die Welt. Mais l’Allemagne n’est pas favorable à une nouvelle initiative de ce genre. Berlin “a toujours insisté sur le fait que le recours à la dette commune était une mesure unique”, souligne le journal, de l’autre côté du Rhin. Selon le média, la France et l’Italie devraient “faire pression” sur le chancelier Olaf Scholz aujourd’hui et demain pour relancer un projet similaire.

Divisions franco-allemandes

C’est que “la défense et l’énergie sont devenues des pommes de discorde entre Paris et Berlin”, expliquent Les Echos. Sur le premier sujet, le sommet de Versailles de mars dernier – sous présidence française du Conseil de l’UE – avait adopté une déclaration “prévoyant un renforcement des investissements dans la défense européenne”. “Depuis, l’achat de F35 américains par l’Allemagne, puis le projet de bouclier antimissiles et antiaérien porté par Olaf Scholz […] ont été particulièrement mal vécus par Paris”, poursuit le quotidien économique.

Par ailleurs, “comme d’autres pays, la France n’a pas accepté l’annonce [fin septembre], sans concertation, du plan de soutien à 200 milliards d’euros annoncé par M. Scholz pour soutenir les ménages et les entreprises allemands” [Les Echos]. “Tous les autres pays européens n’ont pas forcément les moyens de l’Allemagne pour emprunter de manière aussi importante sur les marchés”, rappelle dans Ouest-France Camille Defard, chercheuse à l’institut Jacques Delors. “Et ces solutions purement nationales peuvent être dramatiques, à terme, pour l’intégrité du marché intérieur” [Le Monde].

Dans ce contexte, Paris et Berlin ont annoncé hier un report à début 2023 du “Conseil des ministres franco-allemand – qui devait se dérouler dans une semaine à Fontainebleau, après une première annulation en juillet” [Libération].

Le 21 octobre 2022 sera-t-il le sommet du message fort aux citoyens, de l’Union de l’énergie que Charles Michel et Ursula von der Leyen appellent de leurs vœux ?” [Le Soir]. “Une seule certitude, à entendre hauts fonctionnaires et diplomates européens : ‘Ce sera long, complexe’ “, conclut le journal belge.

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