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[Carte] Quels sont les prix de l’électricité en Europe ?

Dans la plupart des pays d’Europe, les prix de l’électricité n’ont fait qu’augmenter depuis deux ans. D’abord avec la reprise économique post-Covid en 2021, puis en raison de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Les ménages européens ne payent cependant pas le même prix selon le pays où ils vivent.

Dans l'Union européenne, les ménages paient en moyenne 22 centimes par kWh
Dans l’Union européenne, les ménages paient en moyenne 29 centimes par kWh - Crédits : fcafotodigital/Istock

Après la mise à l’arrêt des économies européennes lors de la pandémie de Covid-19, leur reprise “sans précédent” à la mi-2021 a provoqué “une forte consommation d’énergie dans le monde”, explique EDF. Ce qui a conduit à une première hausse des prix de l’électricité. L’année suivante, la guerre en Ukraine et les sanctions européennes à l’encontre de la Russie ont eu pour conséquence une forte augmentation des prix du gaz, impliquant une nouvelle hausse des tarifs de l’électricité.

Alors qu’en 2019 un Européen devait en moyenne débourser 21 centimes pour 1 kilowattheure (kWh) consommé, il doit désormais s’acquitter de 29 centimes par kilowattheure. Soit une facture en hausse de près de 40 %.

Un kilowattheure (kWh) est une unité de mesure qui permet de décrire la puissance électrique produite ou consommée par une machine pendant une heure. A titre d’exemple, 1 kWh permet d’allumer une smart TV pendant quelques heures ou faire cuire un plat de lasagnes au four. 

Selon Engie, un foyer français moyen consomme 390 kWh par mois, soit 4 679 kWh par an.

Le prix de l’électricité dans chaque pays

Dans l’Union européenne, les prix de l’énergie sont déterminés sur les marchés, où les producteurs et les fournisseurs négocient entre eux les prix de gros, avant de vendre l’électricité aux populations et entreprises au prix de détail. La production d’électricité peut aussi s’échanger en bourse, et donc faire l’objet de spéculation.

A cela s’ajoute une contrainte liée au fonctionnement d’une partie du marché de gros européen : le prix de l’électricité, quel que soit sa source, doit s’aligner sur le coût de la dernière centrale électrique nécessaire pour répondre à la demande.

Au premier semestre 2023, le coût de l’électricité était particulièrement élevé aux Pays-Bas (45 centimes le kWh), en Belgique (43 centimes) ou encore en Roumanie et en Allemagne (42 centimes). Avec la cinquième électricité la plus chère de toute l’Union (41 centimes), les foyers italiens pâtissent également de la situation.

A l’inverse, la Bulgarie (11 centimes) et la Hongrie (12 centimes) ainsi que Malte (15 centimes) ont l’électricité la moins chère du continent, suivis par la Croatie (16 centimes) et la Slovénie (19 centimes).

Les familles françaises ont quant à elles une électricité moins onéreuse que la moyenne européenne (29 centimes) : 22 centimes, soit presque la moitié de leurs voisins alpins et rhénans.

Une différence qui tient à plusieurs facteurs : le mix électrique du pays (production d’origine nucléaire, renouvelable ou par des centrales à charbon ou à gaz), l’existence ou non de tarifs réglementés et bien sûr la part des taxes et des aides dans le prix final payé par le consommateur.

Avec l’innovation, les prix de production évoluent constamment. Le coût de l’énergie photovoltaïque a par exemple diminué de 89 % en seulement dix ans, entre 2009 et 2019. Sur la même période, l’éolien a baissé de 70 %, et le coût des centrales à gaz de 32 %, selon le rapport de Our World in data. Cette dernière source d’énergie est toutefois redevenue plus chère, notamment en raison d’une augmentation des coûts de la pollution avec le marché carbone et les conséquences de la guerre en Ukraine. 

Des taxations et dispositifs d’aide différents selon les pays

En Europe, les taxes jouent un rôle important dans les prix de l’électricité. En 2023, elles représentent près de 20 % des factures d’électricité des ménages. Ces taxes constituent des revenus importants pour les pouvoirs publics mais peuvent aussi être diminuées en cas de crise, afin de soutenir les ménages. Certains pays pratiquent même des taxes négatives pour baisser les prix. L’Irlande a ainsi réduit de 41 % le prix de l’électricité pour protéger sa population face à la hausse des prix, comme le Luxembourg (-35 %) ou le Portugal (-27 %).

A l’inverse, certains pays ont une fiscalité importante sur l’électricité. Les taxes polonaises font augmenter les prix de 94 %. Même chose pour Chypre (+61 %) et la Suède (+56 %).

En France, les taxes font grimper les prix de 22 %, ce qui est dans la moyenne européenne. Ces taxes permettent entre autres de financer la construction de nouvelles centrales nucléaires, de développer le renouvelable et d’investir dans la rénovation énergétique des habitations.

Les réductions de taxes ne sont pas le seul moyen de soutenir les ménages face à l’inflation. Malte par exemple, qui compte parmi les pays avec l’électricité la moins chère de toute l’Europe, en régule fortement le prix par le biais de l’unique entreprise du secteur, ENEMALTA. “Les prix de l’électricité n’ont pas été changés depuis 2014″, note en 2023 le FMI.

L’île n’est pas le seul pays à intervenir fortement pour protéger sa population de l’inflation. Selon le groupe de réflexion Bruegel, depuis le début de la crise énergétique, 540 milliards d’euros ont été alloués par les Etats de l’UE pour protéger leurs consommateurs (entreprises comprises).

Les dispositifs d’aides sont variés. La majorité des pays de l’Union a par exemple réduit les taxes sur l’énergie, fixé des limites de prix aux fournisseurs d’électricité, et accru les transferts sociaux vers les plus vulnérables. D’autres mesures ont été plus localisées, souvent mises en place en Europe du Sud : régulation des prix des producteurs (France, Malte, Portugal, Slovénie et Espagne) ou encore intervention des entreprises étatiques du secteur (Malte, Portugal, Slovaquie et France).

Quel est le prix de l’électricité pour les ménages dans les Etats membres de l’Union européenne ? (au premier semestre 2023)

PaysPrix du kilowattheure
Allemagne0,42 €
Autriche0,27 €
Belgique0,43 €
Bulgarie0,11 €
Chypre0,38 €
Croatie0,16 €
Danemark0,38 €
Espagne0,2 €
Estonie0,21 €
Finlande0,19 €
France0,22 €
Grèce0,25 €
Hongrie0,12 €
Irlande0,25 €
Italie0,41 €
Lettonie0,32 €
Lituanie0,29 €
Luxembourg0,19 €
Malte0,15 €
Pays-Bas0,45 €
Pologne0,2 €
Portugal0,22 €
Roumanie0,42 €
Slovaquie0,19 €
Slovénie0,19 €
Suède0,22 €
République tchèque0,31 €
UE0,29 €
Zone euro0,30 €

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3 commentaires

  • Avatar privé
    MANTEAU Philippe

    Excellent site d’information qui permet aux citoyens européens de comparer des données de tout type et de compléter les commentaires des journalistes trop nombrilistes car ne s’intéressant qu’aux chiffres nationaux. Très pédagogique, le site devrait ainsi être présenté aux lycéens de l’UE afin qu’ils puissent confronter leurs idées avec une vision plus générale.

  • Avatar privé
    KUBIAK ROGER

    Bonjour,
    On voit bien sur le graphique que l’ouverture du marché de l’électricité n’a rien apporté aux consommateurs français ( particuliers, industriels et collectivités locales ) En France nous sommes auto-suffisant en électricité et l’ouverture des marchés ne sert qu’à enrichir les nouveaux acteurs qui sont devenus très riches via l’Arenh. Mais rien pour les clients !!! Quelle arnaque !!

    • Avatar privé
      AVON

      Oui
      Tout a fait d’accord.
      L’obligation européenne de concurrence pour la fourniture d’électricité est aberrante :
      Elle oblige maintenant EDF à vendre à perte son électricité à ses concurrents !
      Notre fleuron français perd ainsi des milliards de bénéfices qui permettraient un investissement plus important dans les énergies d’avenir et de baisser ses tarifs pour les consommateurs et les entreprises françaises.